Jean-Vincent Placé est vraiment le pire pronostiqueur de tous les temps

Publié à 13h03, le 02 mai 2017 , Modifié à 18h46, le 02 mai 2017

Jean-Vincent Placé est vraiment le pire pronostiqueur de tous les temps
Jean-Vincent Placé tentant de trouver l'inspiration pour ses prochains pronos en humant l'air frais. © AFP
Image Amandine Réaux


En ce mardi 2 mai, Le Lab doit à ses lecteurs un mea culpa. Nous avions affirmé, au mois de janvier, que François Hollande était le pire pronostiqueur de l’histoire de la politique française. Force est de constater qu’il peut aujourd’hui être largement détrôné, sans conteste, par l’un de ses ministres qui adoooore distiller ses pronostics dans la presse : Jean-Vincent Placé.

  • Le match retour Hollande/Sarkozy

C’est l’archive la plus connue de Jean-Vincent Placé, ressortie en décembre au lendemain du renoncement de François Hollande et quelques jours après la défaite de Nicolas Sarkozy dès le premier tour de la primaire de la droite. En juin 2016, le secrétaire d’État voyait ainsi les deux finalistes  de la présidentielle de 2012 s’affronter de nouveau au second tour en 2017. Raté.

  • Sarkozy/Le Maire en finale de la primaire

Un an plus tôt, en avril 2015, il précisait que Nicolas Sarkozy remporterait la primaire au second tour face à Bruno Le Maire (arrivé, rappelons-le, cinquième avec 2,4% des suffrages). Alors persuadé que Marine Le Pen arriverait en tête de la présidentielle (ce qui ne s’est pas non plus produit), il avait déclaré :



Sarkozy gagne, du coup Bayrou est candidat et fait un bon score. Dans l'ordre au premier tour, on aura Marine Le Pen, François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

Sur les quatre candidats mentionnés, trois n’ont donc pas participé à la course élyséenne.

  • Jean-Luc Mélenchon à 2%

Quid de Jean-Luc Mélenchon qui figurait bien parmi les quatre candidats en tête du premier tour ? Eh bien, en 2014, Jean-Vincent Placé ne plaçait pas beaucoup d’espoirs en lui et le voyait finir à 2% après avoir fait 11% en 2012 :



Les gens du Parti de gauche vont finir à 70 dans une salle enfumée, dont la moitié sera composée de dirigeants. C'est fini tout ça. À l'ère de l'individualisme, il n'y a plus un mec réellement communiste en France. Le début de ce quinquennat pour technos signe la fin de l'ère des politiques, des types flamboyants. Mélenchon c'est 'Bayrou II, le retour' : il a fait 11% en 2012, il en fera 2 en 2017.

Finalement, c’était plutôt dix fois plus avec 19,58%.

Cette archive a été déterrée ce mardi par Antoine Lévèque sur Twitter.

  • Emmanuel Macron à 2%

"JVP" fait partie de ceux qui ont cru que la popularité d’Emmanuel Macron n’était qu’une bulle qui allait éclater. En septembre 2016, soit après la démission du ministère de l’Économie mais avant la déclaration de candidature, le président de l’UDE se demandait : "Quel est l’espace politique ?" Il lui prédisait alors un destin similaire à Éva Joly, candidate EELV en 2012 qui avait obtenu 2,3% des suffrages. Loin des 24,01% d’Emmanuel Macron le soir du 23 avril.

  • La victoire de Michèle Rivasi à la primaire EELV

Jean-Vincent Placé n’a jamais de mots assez durs contre son ancien parti, Europe Écologie-Les Verts. Après le premier tour de la primaire EELV, lors duquel l’ex-ministre Cécile Duflot avait été éliminée, l’ancien sénateur avait flingué cette élection interne, un "suicide collectif, un peu Temple Solaire". À cette occasion, il avait pronostiqué la victoire de Michèle Rivasi contre Yannick Jadot au second tour :



Certes, [Yannick Jadot], personne le connaît vraiment, mais il est un peu plus connu que madame Rivasi. Donc j’ai l’impression qu’ils vont éliminer encore celui qui est le plus connu. [La logique], il n’y en a pas.

Finalement, Yannick Jadot a gagné la primaire avec 54,25% des voix. Encore raté.

  • La victoire de la France à l’Euro

Mais ce n’est pas tout. Ses *talents* de pronostiqueurs concernent aussi le football. Lors de l’Euro 2016, le secrétaire d’État à la Simplification avait insisté pour livrer à l’antenne ses paris sportifs. Il voyait la France battre l’Allemagne 1-0 en demi-finale et le Portugal 1-0 également. Résultat : les Bleus avaient bien battu la Mannschaft, mais 2-0. En revanche (et même si cela nous fait de la peine de le réécrire), ils avaient perdu 1-0 en finale contre la Selecção.

Le conseil du Lab à Jean-Vincent Placé : se concentrer sur les pronos à l’international. Il avait ainsi vu Donald Trump battre Hillary Clinton, tout comme la victoire du Brexit.

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