Jean-Vincent Placé imagine des sondages favorables à Hollande lors d'une primaire à gauche

Publié à 09h47, le 29 février 2016 , Modifié à 10h29, le 29 février 2016

Jean-Vincent Placé imagine des sondages favorables à Hollande lors d'une primaire à gauche
Jean-Vincent Placé © AFP
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Julien Vallet pour

Jean-Vincent Placé ne sera jamais assez reconnaissant envers François Hollande pour lui avoir permis d'entrer (enfin) au gouvernement. Quitte à s'arranger un peu avec la réalité. L'écologiste, désormais secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et de la simplification, estime en effet que le président est le candidat le mieux placé pour l'emporter en cas de primaire à gauche. Et pour étayer sa démonstration, il s'appuie sur des sondages...qui disent le contraire. Comme il l'explique lui-même sur France 2 ce 29 février :



Je soutiens le président de la République. Je pense que c'est le meilleur candidat - et d'évidence c'est le cas dans tous les sondages - pour la gauche.

Pourtant, n'en déplaise au sénateur de l'Essonne, les sondages sont loin d'être favorables à François Hollande, qui ne fait pas consensus dans son propre camp. Selon une étude BVA pour Orange et i-Télé, publiée le 27 février, chez les "sympathisants du PS", si on est plutôt favorable à une primaire ouverte à gauche, on souhaiterait d'abord y voir Manuel Valls (64%). Soit devant Martine Aubry (59%) mais surtout devant François Hollande (55%). Si une majorité de Français est par ailleurs favorable à une "primaire ouverte à la gauche", seuls 20% d'entre eux veulent que François Hollande soit candidat en 2017.

Un mois plus tôt, à la mi-janvier, un autre sondage, réalisé par Harris interactive, révélait que 25% des sympathisants de gauche et même 30% des sympathisants socialistes, préféraient Valls à Hollande. Lequel ne recueillait que 17% des voix des sympathisants de gauche, et 22% chez ceux du PS.

Des mauvais résultats qui expliquent peut-être la position difficilement lisible du locataire de l'Elysée sur ce sujet. En tant que président sortant, François Hollande devrait être le "candidat naturel de la gauche", selon l'expression de Manuel Valls, ce qui exclut a priori l'idée d'une primaire. Mais la primaire est inscrite dans les statuts du PS et des voix se multiplient pour réclamer la tenue d'une primaire ouverte à toute la gauche, comme Daniel Cohn-Bendit début janvier dans un appel publié dans Libération. A la même époque, le chef de l'Etat avait seulement confié que "s'il y avait une primaire à gauche, je ne pourrais m'y soustraire".

Même Martine Aubry, qui pensait auparavant comme Valls que Hollande était le candidat naturel de la gauche, a changé d'avis - en 24 heures. La maire de Lille estime désormais que si le président "est candidat et qu'il est prêt à venir dans cette primaire, bah c'est formidable".

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