Jean-Vincent Placé sur une scission d'EELV : "C'est le cadet de mes soucis"

Publié à 19h38, le 22 mai 2015 , Modifié à 19h43, le 22 mai 2015

Jean-Vincent Placé sur une scission d'EELV : "C'est le cadet de mes soucis"
Jean-Vincent Placé © BERTRAND GUAY / AFP

WHATEVER - Jean-Vincent Placé n'en a rien, mais alors RIEN à faire d'une possible implosion de son parti. Entre partisans et opposants d'un retour des Verts au gouvernement (et donc d'un soutien à la politique de l'exécutif), Europe Écologie - Les Verts se déchire depuis quelques mois. Et si une implosion devait advenir, ne comptez pas sur le patron des sénateurs écolos pour venir pleurer sur la tombre d'EELV.

Invité du Talk Orange-Le Figaro vendredi 22 mai, Jean-Vincent Placé explique à nouveau qu'il est favorable à un retour des écologistes dans l'équipe de Manuel Valls. "J'ai trouvé idiot qu'on sorte, surtout au moment où on nous proposait d'exercer des responsabilités", dit-il.

Son interlocuteur, le journaliste Yves Thréard, va alors essayer à plusieurs reprises de le faire parler de cette fameuse "scission des Verts". Et Jean-Vincent Placé finira par ne plus pouvoir se défiler :

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- Yves Thréard : Est-ce qu'on va vers une scission d'EELV ?



- Jean-Vincent Placé : Non mais je vais vous dire, c'est le dernier cadet de mes soucis (sic).

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Voilà qui est envoyé. Lui qui milite ardemment pour le retour d'EELV au gouvernement et ne cache pas être "ambitieux" se ficherait presque comme d'une guigne de voir son parti voler en éclats. Car pour lui, il s'agit là d'un enjeu des plus pressants :

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Je vais vous dire franchement les choses, c'est que j'ai eu quelque part quand même l'année dernière une grosse angoisse, il y a eu par exemple une phrase forte du Premier ministre, j'ai eu une grosse angoisse par rapport au Front national et une prise de conscience en plus, je le dis dans mon livre, qui est liée à ma situation personnelle de jeune père de famille, ce qui m'apporte davantage de responsabilités, y compris dans ma propre façon d'envisager les choses.



Et je pense qu'à un moment, il faut être plus responsable soi-même, moins dans la politicaillerie je viens de le dire, et essayer de relever le niveau du débat. Ce qui est jamais facile, parce qu'on l'a souvent traîné vers le bas. Mais je vais essayer de bosser sur des sujets de fond.

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Au-delà des questions écologiques, dont Jean-Vincent Placé estime qu'elles sont de mieux en mieux abordées par François Hollande, le sénateur voit donc dans ce retour dans le giron de la majorité gouvernementale une façon de répondre à la montée du FN.

Plus tôt, il avait par ailleurs expliqué :

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Ce n'est pas une question de scission des verts, c'est une question de projet politique pour le pays.

 

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Mais à l'entendre, non, il ne "s'éloigne pas" de ses camarades écologistes, qui restent des "amis" avec qui il "travaille" même s'il peut avoir avec eux des "divergences". "Je m'éloigne surtout de la vie de parti", dit-il.

Ne doutons pas que cette déclaration sur la scission dont il se fiche viendra alimenter ou aggraver un certain nombre de "divergences" entre Jean-Vincent Placé et d'autres membres d'EELV.

Début avril, il avait également indiqué qu'il accepterait un portefeuille ministériel même si la direction d'EELV s'y opposait. Et développait cet argumentaire qui laissait présager de son désintérêt pour la survie du parti :

 

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La forme parti est dépassée. Elle est décriée par les Français. Ceux qui souhaitent participer au gouvernement sont majoritaires parmi les parlementaires. Si les dirigeants d’EE-LV décident l’inverse de ce que souhaitent nos électeurs et leurs élus, c’est de leur responsabilité. Nous prendrons les nôtres.

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