Jean-Yves Le Drian, ministre et candidat : "Il n'y a pas forcément de choix à faire", dit Jean-Marie Le Guen

Publié à 15h33, le 20 novembre 2015 , Modifié à 15h37, le 20 novembre 2015

Jean-Yves Le Drian, ministre et candidat : "Il n'y a pas forcément de choix à faire", dit Jean-Marie Le Guen
Jean-Marie Le Guen © MARTIN BUREAU / AFP

Il remet ça. Une nouvelle fois, Jean-Marie Le Guen explique que Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense ET tête de liste PS pour les régionales en Bretagne, pourrait très bien cumuler ses deux casquettes. Et ce en dépit de la charte de déontologie du gouvernement, signée par tous les ministres et qui stipule que ces derniers doivent se consacrer à 100% à leurs portefeuilles. Élément central de la politique étrangère française et meilleure chance pour la gauche de conserver la région, celui qui est surnommé "Doudou" pourrait donc, selon le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, bénéficier d'une exception à la règle édictée par François Hollande dès le début de son quinquennat.

Interrogé par Le Scan et Public Sénat vendredi 20 novembre, Jean-Marie Le Guen explique en effet : 

 

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Mais y'a pas forcément de choix à faire. Je pense que d'ores et déjà, Jean-Yves Le Drian est à la fois un excellent, pour ne pas dire le meilleur ministre de la Défense qu'ait eu la Vème République, et de l'autre côté il est le leader emblématique de la Bretagne [...] En tous cas, ne demandons pas à Jean-Yves Le Drian de ne pas être ce qu'il est : il est à la fois le leader emblématique de la Bretagne et il est le meilleur [ministre dela Défense].

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Comprendre : il est irremplaçable dans ces deux fonctions. Ce membre du gouvernement, proche de François Hollande et Manuel Valls, prend-il le risque d'une telle prise de position publique sans concertation avec l'exécutif ? Difficile de l'imaginer... D'autant que, ce jeudi, "plusieurs proches" du chef de l'État confiaient à RTL leur "intime conviction" : ce dernier serait finalement prêt à autoriser ce cumul. 

Le 15 octobre déjà, le même Jean-Marie Le Guen expliquait dans un sourire : "Il y a un adage qui dit que l’exception confirme la règle…" Le "Dieu" des bretons pourrait donc bénéficier d'un passe-droit. Quelques minutes plus tard, toujours le 15 octobre, Manuel Valls coupait pourtant court à toute discussion sur le sujet, affirmant : "On ne peut pas être président de région et membre du gouvernement." Clair et net.

Le principal intéressé avait ensuite clairement laissé sous-entendre qu'il démissionnerait du gouvernement en cas de victoire aux régionales, par cette phrase : "Je serai et resterai président de région"

Alors que la campagne pour les régionales reprend doucement après les trois jours de deuil consécutifs aux attentats, les adversaires de Jean-Yves Le Drian le somment de choisir. Pour l'instant, l'engagement de la France dans la "guerre contre le terrorisme" semble avoir quelque peu repoussé une quelconque annonce de sa part. Mais cela devrait tout de même venir prochainement. 

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