"Faute morale", "la part d'ombre", les mots de Jérôme Cahuzac pour s'expliquer

Publié à 17h59, le 16 avril 2013 , Modifié à 18h42, le 16 avril 2013

"Faute morale", "la part d'ombre", les mots de Jérôme Cahuzac pour s'expliquer
(BFM TV)

BACK - Pour la première fois depuis ses aveux, Jérôme Cahuzac vient s'exprimer à la télévision. Il l'a fait à partir de 18 heures, sur l'antenne de BFM TV. L'ancien ministre du Budget a annoncé la démission de son mandat de député.

  

"La faute morale ne me permet pas de rester député", a déclaré l'ancien ministre : 

En conscience, j'estime que la gravité de cette faute ne me permet pas de rester parlementaire.

 

 
"Faute morale", une expression déjà utilisée par ... Dominique Strauss-Kahn lors de son retour médiatique pour s'expliquer, sur TF1. "Ce n'était pas un rapport tarifé, c'était une faute morale", avait dit l'ancien patron du FMI en septembre 2011. 
 
Hasard ou coïncidence, l’ancienne attachée de presse de DSK, Anne Hommel, dispense désormais également ses conseils à ... Jérôme Cahuzac.

 

Parmi les autres éléments de langage, Jérôme Cahuzac parle de son compte en banque en Suisse comme "d'une part d'ombre". "J'ai commis une folle bêtise il y a près de 20 ans", a-t-il laché, avant d'évoquer le fait qu'il souhaite "maintenant affronter la vérité". 
 
L'ancien ministre répète à l'envi qu'il s'agit de "sa part d'ombre". La part d'ombre est aussi le titre d'un livre écrit par ... Edwy Plenel, directeur de Mediapart. 
 

Revenir ? Il n'y pense pas. "J'ai le sentiment assez puissant qu'une page se tourne", considère-t-il, précisant qu'il est très peu probable qu'il revienne un jour en politique. 
 
L'air grave, il déclare avoir "demandé pardon par écrit" au chef de l'Etat. Mais laisse ceux à qui il a menti juger du pardon qu'ils pourraient lui accorder : 

La faute est impardonnable, mais en règle générale, c'est à ceux à qui j'ai demandé pardon de décider.

Pourquoi avoir voulu admettre ton mensonge ? Jérôme Cahuzac raconte : 

Ca n'est pas il y a quinze jours que je le décide, c'était avant. Si le rendez-vous a eu lieu il y a quinze jours, c'est pour des raisons pratiques. Après ma démission du gouvernement, je comprends qu'il faut cesser avec cette situation malsaine. 
 
Ceux qui m'ont vu travailler à ce moment là voient bien que je me consume à ce moment là, cette vérité, je ne la supporte plus. Seule l'acceptation de la vérité me permettra de lever cette contradiction.

Interrogé sur la connaissance du dossier par François Hollande, il déclare ignorer "quel était son degrès de connaissance de cette affaire".

Ce que je sais c'est qu'à lui, comme au Premier ministre ou à Pierre Moscovici, je n'ai pas dit la vérité. A eux aussi j'ai menti. Je le regrette amèrement. 

"Ce qui est moche, c'est d'avoir fait ce que j'ai fait", indique Jérôme Cahuzac, à l'heure d'évoquer le parcours de l'information cette affaire, au sujet de l'enregistrement sur un répondeur. L'ancien ministre n'en veut pas aux journalistes, même s'il signale : 

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Vos confrères ont puissamment contribuer à dévaster ma vie. (...) C'est à moi que j'en veux. 

L'épreuve judiciaire va maintenant suivre son cours, et la peine de prison est une des possibilités. "C'est un risque", admet Jérôme Cahuzac :

Oui, j'ai peur d'affronter les conséquences de la vérité. Mais je le ferai quand même. Nier la peur ne supprimer pas le risque. 

 
 

 
 
 

 
Sur l'antenne de BFM TV, il avait notamment dit "les yeux dans les yeux"à Jean-Jacques Bourdin ne pas être détenteur d'un compte à l'étranger.  
 

Jérôme Cahuzac a quitté le gouvernement le 19 mars et avoué le 2 avril qu'il avait détenu un compte bancaire en Suisse, transféré depuis à Singapour.
 
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