Jugeant "excessifs" ses propos sur Macron, Gérard Larcher appelle Laurent Wauquiez à la "modération"

Publié à 09h35, le 03 novembre 2017 , Modifié à 09h35, le 03 novembre 2017

Jugeant "excessifs" ses propos sur Macron, Gérard Larcher appelle Laurent Wauquiez à la "modération"
© AFP
Image Amandine Réaux


Laurent Wauquiez en ferait-il *un tout petit peu trop* dans ses critiques à l’endroit d’Emmanuel Macron ? Le grandissime favori pour prendre la tête de Les Républicains en décembre prochain entend se poser en leader d’une opposition trèèès radicale et sans AUCUNE concession à Emmanuel Macron. Ce qui n’est pas l’avis de tous au sein du parti de la rue de Vaugirard, dont une frange se montre plus conciliante avec le chef de l’État.

Ainsi Gérard Larcher a-t-il mis en garde Laurent Wauquiez lors d’une rencontre, jeudi 2 novembre, apprend-on dans un "couloir" du Parisien ce vendredi, jugeant "excessifs" les propos de l’homme à la parka rouge sur la "haine de la province" qu’aurait Emmanuel Macron. Ce vendredi sur France 2, le patron du Sénat développe :

C’est pas mes mots. Je pense que le président de la République est attentif à l’ensemble du pays. Je me rappelle les premiers mots que je lui ai dits à la veille de la cérémonie d’investiture : 'N’oublions ensemble jamais le premier tour de l'élection présidentielle : une France divisée en quatre, une France qu’il faut rassembler.' Voilà pourquoi je n’utilise jamais ces mots. [...] Je lui ai dit très clairement que je pensais que c’est des mots qu’il fallait utiliser avec modération.

Dans une interview au JDD dimanche 29 octobre, le patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes tenait des propos extrêmement violents à l’endroit du Président :

Ce qui me frappe chez lui, c'est le désert de l'âme. Il n'est porté que par un seul projet : lui-même. Son projet, c'était de devenir Président. Contrairement à ce qui émanait d'un Pompidou, d'un Giscard, d'un Mitterrand, d'un Chirac, d'un Sarkozy ou même, à sa façon, de Hollande le Corrézien, je ne sens pas chez Macron un amour charnel pour la France. [...] Dans sa façon de parler de la France comme de s'adresser aux Français, il n'y a pas d'amour ; il y a de la morgue. Celle de l'enfant capricieux et de l'adulte arrogant. On le voit à chaque fois que jaillit de lui une phrase qui cogne à la vitre. [...] Il est sans doute le plus parisien des présidents qu'on n'ait jamais eus. Il est hanté par une haine de la province. C'est une vraie limite.

Le jour même, Éric Woerth s’était désolidarisé des propos de Laurent Wauquiez. Quant à Gérard Larcher, il a décidé de ne soutenir personne dans la course à la présidence de LR, au nom de l’unité, privant Laurent Wauquiez d’un soutien important, celui du deuxième personnage de l’État.

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