Julien Dray désapprouve le pacte de "non-agression avec Mélenchon" et veut en finir avec "la majesté Mélenchon"

Publié à 11h52, le 20 mars 2017 , Modifié à 12h28, le 20 mars 2017

Julien Dray désapprouve le pacte de "non-agression avec Mélenchon" et veut en finir avec "la majesté Mélenchon"
© PIERRE ANDRIEU / FRED DUFOUR / AFP
Image Aurélie Marcireau


Julien Dray était resté bien silencieux depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire. L’ami de François Hollande est invité ce lundi 20 mars de RTL. Interrogé sur les rassemblements réussis de Jean-Luc Mélenchonet de Benoît Hamon ce week-end, il lâche un "So what ?" qu’il traduit par le désormais célèbre "Et alors ?". Explication : c’est bien joli tout cela mais cela ne permet pas de gagner en mai prochain. Il estime que d’une certaine manière Benoît Hamon ne fait pas le job. Il explique :

La manifestation de Jean-Luc Mélenchon il y avait du monde, le meeting de Benoît Hamon, il y avait du monde, de la dynamique mais en même temps on se dit : 'So what ?' si vous me permettez cette exception à Molière. Ça veut dire 'Et alors ?'. Parce que dans la primaire, je veux dire il y avait un discours qui se tenait, qui avait une forme de cohérence […] On revendique une rupture d’un certain point de vue et cela va permettre le rassemblement de toute la gauche et notamment le retour à une union de la gauche comme on l’a connue par le passé. Force est de constater que ça s’est pas passé.

Julien Dray a donc quelques conseils à donner au candidat de la Belle Alliance Populaire. Quatre. Le premier : mener un "combat frontal" contre la droite et l’extrême droite. Deuxième conseil : "moins de réponses caporalistes et plus de réponses politiques" pour rassembler son camp notamment ceux qui n’ont pas voté pour lui. On sait que Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon, qui pourtant se connaissent bien et ont milité ensemble au PS, ne s’entendent plus vraiment. Et cela ne vas pas s’arranger. Son troisième conseil concerne le leader de la France insoumise, il dit :

Je ne suis pas d’accord avec le pacte de non-agression à l’égard de Jean-Luc Mélenchon. Je ne suis pas pour la dispute pour la dispute. [Il existe un pacte ?] Formellement oui parce qu’on le ménage. Moi je considère qu' aujourd’hui il faut interpeller toute la gauche […] Pas en tapant, en mettant Jean-Luc Mélenchon devant ses responsabilités. Qu’est-ce qu’il veut ?

Et de citer l’exemple de François Mitterrand qui en 1978 décide d’affronter le PC plutôt que de composer avec lui. Il conclut que "c’est parce qu’il affronte le PC qu’en 1980 les électeurs choisissent François Mitterrand". Il tire donc cet enseignement pour les semaines qui viennent :

Benoît Hamon et toute son équipe doivent doit dire clairement à Jean-Luc Mélenchon, pas simplement 'on te ménage' parce qu’effectivement maintenant il y a une majesté Mélenchon. Vous m’excusez cette expression mais il y a une théâtralité. Tout cela est formidable, [ironique] il a un talent excellent là-dessus.

Il estime qu’il faut interpeller les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. L’objectif étant que "la gauche ne soit pas humiliée à cette élection".

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