Julien Dray est "d’accord" avec Nicolas Sarkozy : chacun sa primaire

Publié à 21h29, le 05 octobre 2016 , Modifié à 21h29, le 05 octobre 2016

Julien Dray est "d’accord" avec Nicolas Sarkozy : chacun sa primaire
Julien Dray et Nicolas Sarkozy. © Montage Le Lab via AFP.

C’est un sujet qui inquiète ou ravit, selon les candidats à la primaire de la droite : des électeurs de gauche iront voter à la primaire ouverte organisée par LR. Le camp Juppé, par exemple, s’en réjouit. Jean-Pierre Raffarin a même appelé les "déçus" des quinquennats Hollande mais aussi Sarkozy à se déplacer les 20 et 27 novembre.

Cela énerve Nicolas Sarkozy. L’ancien Président, qui marche sur les terres du Front national, a accusé le camp Juppé de "parjures", arguant qu’il n’était "pas candidat à la primaire de la droite, du centre et de la gauche". Ce mercredi 5 octobre, l’ex-chef de l’État a reçu un soutien inattendu : celui de Julien Dray. Invité de BFMTV, le proche de François Hollande a d’abord exprimé ses doutes quant à une possible participation d’électeurs de gauche à la primaire de la droite :

 

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Mais ça c’est des trucs à la mode. Moi, vous êtes un électeur de gauche [sic], vous allez aller faire la queue un dimanche matin. D’abord vous allez chercher un bureau de vote. Après vous allez faire la queue, avec autour de vous qu’un univers de gens de droite qui vous regarderont forcément d’un air… [il ne finit pas sa phrase]

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Et puis - surprise - ce membre du Bureau national du PS explique de lui-même qu’il est d’accord avec Nicolas Sarkozy :

 

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Pour une fois - je vais vous dire une chose - je suis d’accord avec Nicolas Sarkozy. Si on fait des primaires, c’est pour permettre à chaque camp de déterminer quel est son champion. Et on ne peut pas les fausser, sinon elles n’ont plus de sens. Et donc là-dessus il a raison. Nous faisons des primaires [sic] de gauche. Si une partie de l’électorat de droite venait fausser nos élections primaires, moi militant de gauche j’en serais révolté, car je dirais que mon choix n’a plus de sens, à ce moment-là on fait pas de primaire du tout. Donc je crois pas à cette histoire de barrage. Et ceux qui pensent ça se mettent dans une situation où ils pensent qu’on a déjà perdu. [...] Ça veut dire que nous ne sommes plus qu’une force d’appoint de tel ou tel candidat de droite ? C’est ça le rôle de la gauche dans ce pays ? Je ne crois pas.

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Évidemment, le visiteur du soir de François Hollande ne peut pas approuver telle initiative, puisque cela revient à assumer que le Président a déçu des électeurs de gauche, et que ceux-ci se tournent non pas vers la gauche du PS, mais vers la droite. À la place, il invite les Français à ne pas partir perdants. Et cela passe par le fait de ne pas aller voter. Car, à l'entendre, il serait insupportable de se déplacer un dimanche matin pour aller voter entouré de "gens de droite" qui, apparemment, reconnaîtront d’emblée un électeur de gauche venu squatter leur primaire.

Du rab sur le Lab

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