Julien Dray veut un audit des comptes de campagne de Benoît Hamon : "C'est beaucoup de sous pour un résultat très modeste"

Publié à 09h43, le 10 août 2017 , Modifié à 08h24, le 12 août 2017

Julien Dray veut un audit des comptes de campagne de Benoît Hamon : "C'est beaucoup de sous pour un résultat très modeste"
Julien Dray ne demande pas à Benoît Hamon de rendre l'argent, mais quand même... © Capture d'écran LCI
Image Etienne Baldit


ARGENT TROP CHER - C'était assez clairement le mauvais cheval. Benoît Hamon a non seulement été éliminé dès le premier tour de la présidentielle avec l'un des pires scores de l'histoire du Parti socialiste (6,3%), mais en plus cela est revenu assez cher. Avec quelque 15 millions d'euros, le candidat PS a été le deuxième le plus dépensier, derrière Emmanuel Macron. Et en rapportant cette somme au nombre de suffrages récoltés (2,2 millions), on s'aperçoit que le vainqueur de la primaire de la Belle Alliance Populaire a claqué 6,58 euros pour chaque voix obtenue. On a vu mieux comme rapport qualité-prix. C'est d'ailleurs l'avis de l'un de ses *camarades* socialistes, Julien Dray : ce proche de François Hollande récemment devenu membre de la direction collégiale du PS ne lui demande pas de rendre l'argent™, mais au moins de dire où il est passé.

Sur LCI mercredi 9 août au soir, ce dernier s'interroge sur cette histoire de comptes de campagne. "Comme il a pas fait le deuxième tour, on peut se poser beaucoup de questions", dit-il d'abord, indiquant que celles-ci "seront légitimement posées dans les semaines à venir". Interrogé ensuite pour savoir s'il faut "demander des comptes" à Benoît Hamon, il approuve et demande "un audit" de son budget de campagne:

Ah bah moi je pense qu'il faut lui en demander oui, c'est normal. Excusez-moi mais c'est la moindre des règles, des politesses. Vous dépensez un argent qui vous appartient pas, qui appartient pour une part aux militants du Parti socialiste, ou qui va être gagé sur le patrimoine du Parti socialiste. Donc c'est la moindre des choses que de pouvoir venir s'expliquer en disant 'voilà ce que j'ai fait des sous'. On peut pas dépenser l'argent et s'en aller. Dans n'importe quelle famille, quelqu'un ferait cela, ce serait jugé comme inacceptable. Donc il y a un audit, correct, honnête, à faire.

[...] Moi j'en suis au stade des interrogations et des questions. Y'a un audit à faire, y'a une explication à donner. Pour l'instant, on a du mal à se faire une idée. On trouve que c'est beaucoup de sous pour un résultat très modeste. Alors si à côté, y'avait des dizaines d'initiatives très importantes qui avaient été prises... Mais quand je compare le calendrier de la campagne, je me dis qu'ils ont dû payer des choses très chères.

Toujours dans cette veine #PlutôtSympa, cet intime de François Hollande rappelle sa participation active à la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007, expliquant en substance que cela avait quand même une autre allure (et une autre rentabilité) :

Je pense que nous sommes un certain nombre à avoir beaucoup d'interrogations sur la manière dont a été géré ce budget de la campagne présidentielle. J'en ai dirigé une directement et c'était celle de Ségolène Royal, je sais ce que nous avions dépensé à l'époque et je sais ce que nous avions fait surtout, pour pouvoir dépenser ces sous. Et j'ai pas le sentiment que quand on compare les deux campagnes, il y ait eu le même calendrier, le même type d'initiatives.

Pour mémoire, la candidate socialiste d'alors avait dépensé un peu plus de 20 millions d'euros pour 26,2 millions de voix (1er et 2d tours compris), soit un ratio d'environ 70 centimes d'euros par bulletin de vote.

Autant dire que cette prise de position suscite des commentaires assez peu enjoués du côté de ceux qui ont participé à la campagne de Benoît Hamon, comme les députés PS Luc Carvounas et régis Juanico :







Ces affaires de gros sous augurent donc sans doute d'un petit débat assez peu agréable pour Benoît Hamon dans un avenir proche. Mais l'ancien ministre de l'Éducation nationale pourra se consoler en se remémorant l'exploit de Jean-François Copé à la primaire de la droite fin 2016, qui avec 0,3% avait pour sa part dépensé environ 30 euros pour chaque vois récoltée.







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