La BAP veut une primaire à géométrie variable : avec Macron et Mélenchon, mais sans les petits candidats

Publié à 17h28, le 08 décembre 2016 , Modifié à 17h01, le 09 décembre 2016

La BAP veut une primaire à géométrie variable : avec Macron et Mélenchon, mais sans les petits candidats
© AFP

Plus de 4 millions de Français sont allés voter à la primaire de la droite les 20 et 27 novembre derniers. À gauche, la mobilisation risque d’être très, très inférieure. Dimanche dans Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Jean-Christophe Cambadélis n’osait même pas annoncer le chiffre de 2 millions de votants de peur qu’il y en ait en fait beaucoup moins. De fait, le PS (dont Manuel Valls) redoute que la primaire qu’il organise ressemble davantage à un congrès interne qu’à une primaire ouverte.

#Les candidats de la BAP

Mais ouverte à qui ? Tout d’abord, aux candidats des partis membres de la Belle alliance populaire (PS, Parti écologiste, D12, UDE, Front démocrate). À ce titre, François de Rugy pour le Parti écologiste et Jean-Luc Bennahmias pour le Front démocrate sont candidats, en plus des candidats PS (Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Gérard Filoche et probablement Vincent Peillon). En outre, le PRG, membre fondateur mais qui a suspendu sa participation en juin à la BAP, pourrait finalement rejoindre la primaire avec la candidature de Sylvia Pinel.

#La question Macron et Mélenchon

Ensuite, pour le Premier secrétaire du PS, il est indispensable que Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Emmanuel Macron (En Marche !) rejoignent la BAP pour organiser une primaire de toute la gauche. Jean-Christophe Cambadélis ne cesse de plaider pour cette primaire "de Macron à Mélenchon", à coups de "n’ayez pas peur". Ce jeudi 8 décembre, le député de Paris leur a adressé chacun une lettre, que Le Lab a consultée. Il écrit :

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Monsieur Fillon, candidat de la droite extrêmisée [sic], candidat couleur muraille, est un rempart de papier contre l’extrême droite. Nous le savons, au second tour face à madame Le Pen, son programme ultra-libéral ne lui permet pas de rassembler le pays et [rend] donc la victoire frontiste possible. Et la radicalisation de l’électorat de la droite rend improbable le désistement pour un candidat de la gauche arrivant au second tour. Le seul moyen de conjurer cette situation est de battre Marine Le Pen dès le 1er tour en mettant la gauche au second tour face à François Fillon.

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"Camba" souhaite en outre un débat public entre Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et lui-même sur la question de leur participation à la primaire. Mais alors que les candidats qui veulent concourir doivent s’enregistrer avant le 15 décembre, Christophe Borgel explique en petit comité :

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Si, le 2 janvier, après les fêtes, [Macron et Mélenchon] disent qu’ils veulent finalement participer, on trouvera une solution.

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#Les petits candidats

Mais cet élargissement de la primaire à toute la gauche ne fonctionne pas pour tout le monde. Le PS devrait refuser les candidatures de plus petits candidats comme Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Bastien Faudot (MRC) et Sébastien Nadot (mdP), comme Jean-Christophe Cambadélis l’a annoncé ce 8 décembre lors d’une conférence de presse à Solférino. "Nous sommes un peu victimes de notre succès : tout le monde veut en être, mais ce n’est pas open bar", a-t-il plaisanté. Pour le patron du PS, ces candidats se sont intéressés trop "tardivement" au scrutin des 22 et 29 janvier. Peut-être se sont-ils rendus compte qu’ils n’auraient pas les 500 parrainages pour concourir solo à la présidentielle ?

Bastien Faudot rétorque au Lab que son parti "avait un conseil national programmé depuis très longtemps, le 4 décembre dernier". Que donc la décision de participer à la primaire ne pouvait pas être prise avant cette date. Le candidat MRC accuse "Camba" de vouloir "refermer" un débat "ouvert" par François Hollande lorsqu’il a renoncé à briguer un second mandat. Aujourd’hui, il dénonce un argumentaire "à géométrie variable". "C’est du funambulisme", s’agace-t-il. "S’il ne veut pas du MRC, il faut qu’il [Cambadélis] l’exprime plus clairement", s’impatiente-t-il, alors qu’il n’a toujours pas reçu de refus officiel du PS. Il brandit l’argument du 21 avril :

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Il y a d’autres façons de traiter des membres de la majorité présidentielle, des membres d’une formation politique qui a une longue histoire à gauche, [une formation qu’]on a accusé pendant des années d'avoir empêché Lionel Jospin d’accéder au second tour de la présidentielle en 2002.

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Bastien Faudot se targue en outre d’être le seul candidat de gauche qui pose la question de la "souveraineté", "laissée au Front national".

Vendredi 9 décembre, le candidat du MRC Bastien Faudot et le président du parti, le député du Val-de-Marne Jean-Luc Laurent, ont adressé un courrier à l'ensemble des autres candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire. "Nous vous sollicitons afin de vous sensibiliser à l'éviction dont nous faisons l'objet. Nous vous appelons à vous prononcer pour une primaire ouverte qui permette à la gauche républicaine et souverainiste de porter sa voix", ont écrit les deux responsables. 

Pierre Larrouturou a quant à lui fait savoir qu'il déposerait malgré tout sa candidature vendredi :

[EDIT 18h56 jeudi 8 décembre] ajout tweet Larrouturou

[EDIT 16h55 vendredi 9 décembre] ajout du courrier du MRC

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