La boulette de Nicolas Sarkozy sur une prétendue campagne "d'une rare violence" entre George W. Bush et Barack Obama

Publié à 16h24, le 25 janvier 2016 , Modifié à 00h15, le 27 janvier 2016

La boulette de Nicolas Sarkozy sur une prétendue campagne "d'une rare violence" entre George W. Bush et Barack Obama
Nicolas Sarkozy © NICHOLAS KAMM / AFP
Image Sylvain Chazot


FAIL - Pendant qu'il écrivait son livre à la force de son poignet, Nicolas Sarkozy a sondé sa mémoire : qui suis-je ? Où vais-je ? Qu'ai-je fait ? Dans son ouvrage La France pour la vie (éd. Plon), l'ancien chef de l'État reconnaît pas mal d'erreurs commises durant sa présidence. Soit. Mais il n'épargne pas non plus son successeur et notamment la manière dont ce dernier l'a traité depuis son départ de l'Élysée.

Son départ du palais présidentiel, le 15 mai 2012, et François Hollande ne le raccompagnant pas, l'ont forcément marqué. Mais c'est un autre événement, les obsèques de Nelson Mandela en 2013, qui frappent le plus l'ancien président.

Nicolas Sarkozy explique ainsi qu'il doit son invitation aux obsèques de "Madiba" à Barack Obama. "En effet, le président des États-Unis avait tenu à inviter à cet événement la totalité de ses prédécesseurs. Difficile pour la France de ne pas suivre cet exemple de civilités", écrit-il avant d'expliquer combien, en Amérique, on respecte les anciens chefs de l'État.

Et pour bien se faire comprendre, Nicolas Sarkozy raconte une jolie histoire :

J'avais été impressionné par la décision de Barack Obama d'inaugurer lui-même la Fondation pour la liberté de son prédécesseur George Bush. Et pourtant la campagne entre eux avait été d'une rare violence.

C'est beau. Sauf que c'est faux.





Sarkozy l'Américain, comme il est surnommé, ne semble en effet pas très bien connaître l'histoire de son pays préféré (après la France qu'il a en lui pour la vie). Car la campagne entre George W. Bush et Barack Obama n'a pas été d'une rare violence pour la simple et bonne raison qu'elle n'a jamais été tout court.

En effet, Barack Obama a été élu en 2008 président des Etats-Unis face au Républicain John McCain. Et si, à l'époque, George W. Bush avait apporté son soutien au candidat du Grand Old Party, il ne l'avait fait que du bout des lèvres, conscient que sa grande impopularité pouvait nuire à John McCain.

En 2012, Barack Obama a été réélu face au candidat du parti Républicain Mitt Romney.

Et Nicolas Sarkozy le sait bien. Il était président de la République en 2008, en pleine gestion des débuts de la crise financière après la chute de la banque Lehman Brothers. Page 208 de son livre, l'ancien chef de l'État revient sur cette campagne de 2008 et sur la volonté du candidat du parti Républicain John McCain de ne pas s'afficher avec George W. Bush… De son côté, Barack Obama ne mâchait pas ses mots contre le président sortant. Mais Il n'y a jamais eu de campagne "d'une rare violence" entre le 43e et le 44e président des États-Unis.

Cet impair est pour le moins étonnant de la part de Nicolas Sarkozy, qui adore tellement l'Amérique et connaît les deux hommes. Lui président, il était parti pour ses premières vacances d'été au pays de l'oncle Sam, partager un barbecue avec George W. Bush entre deux balades à Wolfeboro, dans le New Hampshire. Quant à Barack Obama, élu à la Maison-Blanche en 2008, c'est son "copain"



[BONUS TRACK] Pas mieux avec l'AfSud

Nicolas Sarkozy s'emmêle un peu les pinceaux avec l'histoire américaine. Il a aussi un peu de mal avec l'histoire sud-africaine. Sur la même page où il parle de la campagne entre Barack Obama et George W. Bush, l'ancien chef de l'État parle de Nelson Mandela. Il écrit:

J'avais rencontré à trois reprises dans le passé 'Madiba'. La visite de sa prison à Robben Island m'avait bouleversé. Vingt-huit ans dans une cellule trop petite pour que le grand Mandela puisse s'allonger. Et après tant d'années d'enfermement, ses premiers mots avaient été pour ses geôliers à qui il pardonnait et surtout qu'il plaignait.

C'est joli. Mais Nelson Mandela n'a pas été emprisonné 28 ans à Robben Island mais 18 ans… et neuf ans ailleurs.





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