La campagne agressive de Juppé contre Fillon gêne parmi ses soutiens

Publié à 08h58, le 23 novembre 2016 , Modifié à 09h04, le 23 novembre 2016

La campagne agressive de Juppé contre Fillon gêne parmi ses soutiens
François Cornut Gentille et Hervé Mariton. © Montage le Lab via AFP

Il était le grand favori de la primaire de la droite. Mais les résultats du premier tour, dimanche 20 novembre, ont été pour Alain Juppé une douche froide. Le maire de Bordeaux s’est retrouvé largement distancé par François Fillon, arrivé en tête avec 44% des voix. Alors, pour rattraper son retard d’ici au second tour, le 27 novembre, le maire de Bordeaux a décidé de "mettre la gomme" avec une campagne agressive, attaquant tour à tour sur l’IVG, les fonctionnaires, le soutien de Sens commun et de certaines figures de l’extrême droite.

Mais cette stratégie offensive déplaît jusque dans son camp. Soutien d’Alain Juppé, le député LR de Haute-Marne François Cornut-Gentille explique ce mercredi 23 novembre dans les colonnes du Figaro à quel point ce changement de ton passe mal. Il dit :

Ça me laisse très mal à l’aise. Alain Juppé avait défini une ligne politique de droite rassembleuse, sans regarder ce que faisaient ses concurrents. Juppé n’a pas grand-chose à gagner ainsi, mais il risque d’affaiblir le vainqueur.

Le parlementaire invite donc son champion à "se ressaisir".

Même idée chez Hervé Mariton. Ex-prétendant à la candidature à la primaire, le député de la Drôme s’est fendu, ce mercredi, d’un communiqué pour rappeler son soutien à Alain Juppé tout en condamnant sa campagne d’entre-deux-tours. La synthèse, version Mariton, qui souligne également qu’Alain Juppé n’est pas de gauche tout comme François Fillon n’est pas d’extrême droite :

Je ne me reconnais pas dans la tension politique de la campagne de second tour. En particulier, je récuse l’opposition supposée du modernisme et du conservatisme. (…) J’appelle solennellement au respect mutuel pour cette campagne de second tour. Les passions politiques sont souvent excessives, et je ne m’exonère pas de ce constat. Elles doivent être tempérées pour préserver l’unité de notre famille politique et réussir demain l’effort considérable de redressement de notre pays.

Porte-parole d'Alain Juppé, Benoist Apparu a tenté de désamorcer la tension dans la campagne pour le second tour de la primaire de la droite, en affirmant que "ni sur les valeurs, ni sur le plan économique, le programme de François Fillon n'est un programme dangereux". "Il y a eu un petit pic de tension hier (mardi), ça va se calmer très très vite", a déclaré Benoist Apparu sur France 2, en pleine escalade des affrontements verbaux à l'approche du second tour.

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