La fausse pudeur médiatique d'Arnaud Montebourg pour son ascension du Mont Beuvray

Publié à 16h34, le 25 mai 2015 , Modifié à 17h54, le 25 mai 2015

La fausse pudeur médiatique d'Arnaud Montebourg pour son ascension du Mont Beuvray
Arnaud Montebourg accueillant chaleureusement les journalistes venus rendre compte de son coup de com' © BERTRAND LANGLOIS / AFP

LEAVE ARNAUD ALONE - Il est venu comme ça, l'air de rien. Par tradition et par amitié. Presque incognito, mal rasé, avec son sweat à capuche et ses baskets sales. Et surtout sans prendre la parole. Mais il n'en avait pas besoin, tant sa seule présence tenait lieu de message politique. Ce lundi 25 mai au Mont Beuvray, Arnaud Montebourg n'a pas dérogé à son habitude, réalisant sa petite ascension annuelle. Et pour un peu, l'ex-ministre aurait engueulé les journalistes venus rendre compte de sa présence aux côtés des frondeurs du PS, à quelques jours du congrès de Poitiers.

Arnaud Montebourg voudrait faire croire qu'il n'a pas voulu ce petit coup de projecteur médiatique. Déjà dans Le Parisien en ce lundi de Pentecôte, il faisait mine de menacer : "Surtout ne venez pas, c'est inutile, je ne vais pas parler. D'ailleurs, j'en ai marre de tous ces journalistes, je crois que je ne vais pas y aller !" Ce rendez-vous était pourtant connu de longue date et attendu pour le symbole. Arnaud Montebourg, qu'on n'aura presque jamais autant entendu que depuis qu'il s'est "retiré" de la vie politique, est finalement venu. Et a joué son rôle de retraité traqué par les caméras :

Il a d'ailleurs escaladé le Mont Beuvray tout seul de son côté, et non en compagnie des députés Christian Paul et Laurent Baumel. Le premier, député frondeur de la Nièvre, défie Jean-Christophe Cambadélis pour l'obtention du poste de Premier secrétaire du PS, début juin. Une fois arrivé au sommet, l'ancien ministre flamboyant lance aux journalistes :

 

"

On est passé par un autre chemin pour vous éviter !

"

Une "déclaration" également rapportée par Libération. Et ce sera tout. Pas un autre mot ne sortira de sa bouche à destination des médias. Ce qui ne l'empêchera pas d'applaudir à l'évocation de la motion B, celle de l'aile gauche du PS, qui a réuni 29% des suffrages des militants socialistes jeudi dernier, ou à celle de la candidature de Christian Paul. S'en suivent les "fraternelles retrouvailles" avec ce dernier, qui, pour sa part, a bien entendu relayé cet instant émotion sur Twitter, photos à l'appui :

Si vous connaissez un moyen plus voyant de prendre parti, merci de prévenir. 

Et puis, si Montebourg n'a pas parlé, ses proches s'en sont chargés pour lui, un peu partout. Et il n'y a aucun doute quant aux ambitions de celui-qui-ne-rêve-que-de-la-présidentielle mais préfère-aujourd'hui-sa-vie-dans-le-privé. "Arnaud n'a jamais dit qu'il ne reviendrait jamais. C'est évident qu'il n'a pas tourné définitivement le dos à la politique", expliquait par exemple Patrice Prat, député du Gard, au Parisien. "En ce moment Arnaud regarde ce qui se passe mais il est dans autre chose. Chacun vit sa vie, mais le jour où il aura besoin, il saura qui appeler", dit un autre à Libération. "Il entretient la flamme, il ne veut pas qu'on l'oublie", assure un autre à RTL

C'était donc la dernière carte postale d'Arnaud Montebourg à ce jour. Qui, tout en s'en défendant, s'est payé un bon gros coup de com'.

Du rab sur le Lab

PlusPlus