La folle séquence médiatique d'Emmanuel Macron

Publié à 11h36, le 22 avril 2016 , Modifié à 12h45, le 22 avril 2016

La folle séquence médiatique d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron partout © Montage Le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


et Pierre Lepelletier

SATURATION - Le 6 avril, Emmanuel Macron sortait du bois et donnait libre cours à ses ambitions. En lançant son propre mouvement, "En Marche !", à un an de la présidentielle, le ministre de l’Économie a bouleversé le jeu politique à gauche, alors qu’une nouvelle candidature de François Hollande est sans cesse remise en question et que diverses initiatives de primaire tentent d’exister.

Mais surtout, le turbulent résident de Bercy a dicté un étouffant agenda médiatique. En en peu plus de deux semaines, il a été absolument partout : presse nationale et régionale, télévision et médias étrangers. Mais pourquoi est-il si présent ? Parce que.

Voici, pour s’y retrouver, une petite carte des dernières interventions médias d’Emmanuel Macron :





(Dézoomez pour en voir la totalité)

Et dans le détail, ça donne ça :

# 6 avril : lancement de "En Marche !"

Annoncé à l’avance, l’événement est finalement interdit aux journalistes au dernier moment. Ces derniers doivent donc se rabattre sur Dailymotion, où est diffusée la prise de parole du ministre à Amiens. Blacklister les médias de l’annonce de création d’un parti politique : contreproductif ? Bof.  Tout le monde en parle quand même, évidemment.

# 10 avril : il parle au JDD

Quatre jours plus tard, il répond à l’hebdomadaire du dimanche et notamment aux questions sur la vidéo de présentation de son mouvement (des banques d’images ont été utilisées et certains plans se retrouvaient déjà dans… un clip de campagne du démocrate américain Bernie Sanders). Emmanuel Macron assume.









# 10 avril : JT France 2

Le même jour, l’intéressé est sur le plateau du 20 heures de France 2. L’occasion pour lui d’assurer que son initiative individuelle a reçu la bénédiction de François Hollande… et que dans le cas contraire il aurait volontiers démissionné du gouvernement.

# 13-20 avril : une de Paris Match

Dès le mercredi suivant, son couple s’étale en couverture de Paris Match. Son épouse y fait quelques confidences et le magazine publie un album photo de son "intimité".





Cela suscite de nombreux commentaires acerbes sur cette stratégie de communication qui ne correspond pas franchement à l’image de "modernité" qu’entend donner le ministre.

# 14 avril : il parle à Londres

La même semaine, il participe au lancement du French Tech Hub à Londres, quelques minutes avant la grande émission de François Hollande sur France 2. Une apparition bien entendu couverte par les médias. Il laisse échapper une formule mal interprétée selon laquelle il n’excluerait pas de se présenter en 2017… et explique qu’il "regrette" la une de Paris Match (mais que ça, c’est la faute de sa femme).

# 17 avril : interview à la BBC

Le week-end ne se passe pas sans prise de parole directe de l’ambitieux. Le dimanche, il accorde un entretien à la BBC. Auprès de la radio anglaise, il se félicite notamment de la comparaison entre lui-même et Tony Blair.

# 20 avril : polémique sur l’ISF

C’est dans  une interview à Risques, revue professionnelle du secteur de l'assurance, donnée dans le courant d’avril et repérée par Le Figaro le 20 du mois, qu’Emmanuel Macron s’adonne à son sport favori : proposer une mesure pas franchement de gauche. Celle du jour : supprimer l’ISF. Il est aussitôt (et comme d’habitude) recadré par Manuel Valls.

# 20 avril : interview à Le Soir

Le même jour, il s’exprime dans la presse belge. Au quotidien Le Soir, il dit très directement que son parti a pour objectif de "travailler à un projet présidentiel". Au passage, il livre un plaidoyer pro-accueil des réfugiés en France qui a dû faire trèèèèès plaisir à Manuel Valls.

# 21 avril : interview à la presse régionale

Le lendemain, il est toujours là.  Dans un entretien aux quotidiens du groupe EBRA (Le Progrès, L’Est républicain, etc.), il redéfinit quelque peu l’orientation idéologique de "En Marche !" : il s’agit d’être "et de droite et de gauche", et non plus "ni de droite ni de gauche", comme claironné en premier lieu. Il lâche encore une petite phrase qui fera beaucoup jaser :



Lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé. Cela a d’ailleurs toujours été la philosophie de François Hollande.

La presse en publie des extraits dès le 20 dans la soirée. Entre Risques, Le Soir et la presse régionale française, trois entretiens d’Emmanuel Macron ont donc été massivement repris par la presse française en une journée. Nouveau record du monde.

# 24 avril : et maintenant, Arte

Quand on vous dit qu’il est PAR-TOUT. Non content d’inonder les médias grands publics en France ou ailleurs en Europe, il ne néglige pas non plus les rendez-vous plus confidentiels. Ainsi apprend-on, vendredi 22 avril, qu’Emmanuel Macron fera aussi une apparition sur la chaîne franco-allemande Arte, dans l’émission de John Paul Lepers, Vox Pop, diffusée deux jours plus tard.





Une verion longue est d'ores et déjà disponible :





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