La grosse déprime post-primaire des sarkozystes

Publié à 07h42, le 11 janvier 2017 , Modifié à 07h42, le 11 janvier 2017

La grosse déprime post-primaire des sarkozystes
Nicolas Sarkozy entouré de quelques fidèles. © AFP
Image Sébastien Tronche


Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, disait le poète. Un adage qui sied à merveille aux sarkozystes, désormais orphelins de leur champion. Et aujourd’hui, c’est un peu la déprime dans la maison sarkozyste, après la défaite de l’ancien chef de l’Etat dès le premier tour de la primaire de la droite remportée par François Fillon. Surtout que les proches de Nicolas Sarkozy se sont sentis maltraités par le candidat de la droite pour la présidentielle dans la composition de son organigramme de campagne comme dans celui du parti, Laurent Wauquiez ayant même dénoncé une purge méthodique.

Dans les colonnes du Figaro de ce mercredi 11 janvier, plusieurs élus ayant fait campagne pour Nicolas Sarkozy confient leur blues. Car derrière chaque sarkozyste, il y a aussi un petit cœur qui bat. Edouard Courtial, député de l’Oise, qui parle même de "déprime", raconte avoir eu "un passage difficile" après le premier tour de la primaire. Il déroule :

Du jour au lendemain, je me suis retrouvé en rase campagne. Quand, pendant des semaines, tu te lèves tous les matins pour animer des réunions à travers la France, foutant en l'air le reste de ta vie privée et une bonne part de tes obligations professionnelles et que, finalement, le candidat pour lequel tu te bats n'est pas vainqueur, ça fout un coup, c'est le moins qu'on puisse dire.

C’est le lot des équipes de tous les perdants. Mais les sarkozystes croyaient en la capacité de Nicolas Sarkozy à un retour triomphal en politique après une première retraite. Il n’en a rien été. Et quand Edouard Courtial repasse devant le QG désormais vide de l’ex-candidat, ça lui fait un gros pincement au cœur :

Je n'étais pas repassé par là depuis le premier tour. Tout avait déjà été vidé, comme si cette campagne n'avait jamais existé. C'était pour le moins étrange et pas très agréable.

Sarkozyste historique, Roger Karoutchi consent que la défaite a été compliquée à digérer. "Ça a été difficile", reconnaît celui qui se montrait dépité à l’idée de devoir rallier François Fillon en cas d’élimination de son poulain. Il poursuit, toujours dans les colonnes du Figaro :

Il y a ceux qui appréhendaient une telle issue et qui ne voulaient pas y croire. Et il y a ceux qui n'imaginaient pas que cela se termine ainsi. Pour tous, c'était douloureux. Nicolas Sarkozy nous a montré l'exemple avec le discours d'une classe folle. Il nous a donné une nouvelle leçon de politique que nous ne sommes pas près d'oublier.

"J'ai de la nostalgie. Je suis nostalgique de Nicolas Sarkozy", conclut Frédéric Péchenard, ancien DG de LR, évincé pour laisser la place à Patrick Stefanini, directeur de campagne de François Fillon.

D’ailleurs, la place réservée aux sarkozystes a joué dans ce blues post-primaire. "Notre engagement derrière François Fillon ne se discute pas", affirme ainsi Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais, qui nuance néanmoins :



Selon le candidat que l'on soutenait au premier tour, le degré d'intégration dans l'équipe de campagne de Fillon est différent. Et, c'est un peu dommage.

La pilule n'est visiblement toujours pas digérée.

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