La grosse galère de Gérard Larcher pour défendre l’intox répétée par François Baroin sur le "loyer obligatoire"

Publié à 11h30, le 24 mai 2017 , Modifié à 11h32, le 24 mai 2017

La grosse galère de Gérard Larcher pour défendre l’intox répétée par François Baroin sur le "loyer obligatoire"
© AFP

Cela fait plusieurs jours que François Baroin persiste à relayer une intox, à savoir que Jean Pisany-Ferry, l’un des bras droit d’Emmanuel Macron, serait "l’auteur de l’idée d’un loyer obligatoire pour tous les propriétaires". Le leader de la campagne des législatives pour Les Républicains l’a dit une première fois samedi lors d’un meeting au Parc floral du Bois de Vincennes, une deuxième dimanche sur BFMTV avant de le répéter mardi en réunion publique dans le Rhône.

François Baroin ignore donc volontairement que cela est faux, que Jean Pisani-Ferry n'a jamais prôné une telle taxe. Le seul lien existant est une note publiée début janvier 2017 par France-Stratégie, l’organisme qu’il présidait avant de rejoindre En Marche ! (mais l’idée d’un "loyer fictif" sur les propriétaires de logements avait été immédiatement rejetée par l’auteur de ladite note, Pierre-Yves Cusset). Ajoutons que cette fake news avait déjà été débusquée en mars après qu'elle avait circulé sur des sites d'extrême droite.

Inévitablement, Gérard Larcher a bien galéré pour défendre à la fois la vérité ET son collègue LR, alternant justification foireuse, langue de bois, changement de sujet pour enfin reconnaître que la vérité est "une manière d’agir […] essentielle". Voici l’échange qu’il a eu ce mercredi 24 mai avec Patrick Cohen sur France Inter :

 

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- Patrick Cohen : Cette proposition n’a jamais été sur la table. Pourquoi continuer à le dire de meeting en meeting ?



- Gérard Larcher : Nul ne conteste que Jean Pisani-Ferry a réfléchi à cela, ça fait partie des travaux…



- Patrick Cohen : Non, c’était une option dans un rapport !



- Gérard Larcher : De France stratégie ! Pardonnez-moi, il existe...



- Patrick Cohen : Il n’a jamais proposé cette mesure !



- Gérard Larcher : En même temps j’ai posé la question au président de la République et au Premier ministre. Vous ne l’avez pas entendu dans ma bouche et c’est un sujet sur lequel naturellement nous sommes vigilants.



Mais je voudrais vous dire quelque chose : est-ce qu’on imagine une recomposition politique dans laquelle les seules oppositions seraient le Front national et La France insoumise ? Je crois qu’il faut bien qu’on réfléchisse. La démocratie c’est aussi des piliers, parmi lesquels une majorité et une opposition. Et il faut que cette opposition, elle soit à la fois dans son rôle de renvoyer les balles un peu comme un fronton de pelote basque, et en même temps qu’elle puisse participer à la construction du pays. Je crois que c’est aussi une responsabilité politique que nous avons et c’est ce que François Baroin conduit dans notre pays et il est donc important que, dans la phase de séduction globale, on se pose la question collectivement, les citoyens. Il faut une majorité, doit-elle être absolue ou relative, c’est les électeurs qui trancheront. Il faut aussi une opposition qui ne soit pas simplement cantonnée dans les populismes.

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Faut-il comprendre que l'opposition doit nécessairement critiquer, quitte à saisir des arguments *légèrement* malvenus ? "La vérité, c’est important dans les discours politiques, Gérard Larcher, y compris dans les critiques adressées aux propositions, aux mesures de l’adversaire…", insiste Patrick Cohen. Ce à quoi Gérard Larcher répond, un peu embarrassé :

 

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Je pense que c’est une manière d’agir qui me paraît essentielle. C’est en tout cas ce que j’essaie de faire.

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Sauf que, visiblement, il n’a pas encore fait passer le mot à François Baroin.

Du rab sur le Lab

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