La mairie LR d’Aulnay-sous-Bois a prêté une salle à des salafistes pour le Nouvel An

Publié à 17h34, le 25 février 2016 , Modifié à 17h40, le 25 février 2016

 La mairie LR d’Aulnay-sous-Bois a prêté une salle à des salafistes pour le Nouvel An
Bruno Beschizza © DOMINIQUE FAGET/AFP
Image Le Lab

Julien Vallet pour

Pour le 31 décembre 2015, certains passent leur soirée sous le gui, d'autres viennent écouter des imams. A Aulnay-sous-Bois, révèle Marianne, trois prédicateurs radicaux étaient les invités d'une association musulmane pour une conférence organisée par l'Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF), une association musulmane implantée localement depuis 1998.

Ces intervenants sont connus pour leurs positions on ne peut plus radicale, comme Nader Abou Anas, dont la présence au Salon de la femme musulmane, à Pontoise, avait déjà suscité la controverse en septembre 2015. Une réunion qui s'est tenue dans une salle municipale, le gymnase de la Rose des Vents prêtée par la mairie, selon Marianne. Et avec "la bénédiction" de Bruno Beschizza, le maire LR, ancien syndicaliste policier proche de Nicolas Sarkozy, assure encore l’hebdomadaire.

Cette formulation fait s'étrangler à la mairie d'Aulnay. Contacté par Le Lab, l'entourage du maire proteste de sa bonne foi. "Tout a été fait dans les règles et on ne fait pas de censure a priori, sauf si ces personnes étaient visées par une obligation de quitter le territoire, ce qui n'est pas le cas ici, y déclare-t-on. Si le FN organise une réunion et que Jean-Marie Le Pen tient des propos sur les chambres à gaz, on ne peut pas annuler en amont. Pareil si le PS nous demande une salle et que les intervenants ne nous plaisent pas". Avant d'ajouter : "On n'est que la mairie d'Aulnay".

A Aulnay, les associations n'ont droit au prêt d'une salle "à titre gracieux" que quatre fois par an et doivent payer le reste du temps. L'EMJFavait ainsi réservé la salle quatre mois en avance, soit avant même le délai habituel, qui est de quatre semaines. Et la liste des intervenants n'a été communiquée, elle, que quelques jours avant la rencontre. "On ne peut pas annuler une fois que la salle est attribuée, sinon cela constituerait un excès de pouvoir qui se terminerait au tribunal administratif", commente-t-on à la mairie, où on appelle quand même l'Etat, c'est-à-dire le préfet "à prendre ses responsabilités".

Si des propos qui tombent sous le coup de la loi sont tenus lors d'une réunion, cela peut faire l'objet d'un signalement de la mairie auprès de la préfecture "mais ce n'était, semble-t-il, pas le cas ici".

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