La porte-parole des députés LREM Aurore Bergé trouve parfois "peut-être injuste" la fin des emplois familiaux

Publié à 09h54, le 01 août 2017 , Modifié à 11h28, le 01 août 2017

La porte-parole des députés LREM Aurore Bergé trouve parfois "peut-être injuste" la fin des emplois familiaux
Aurore Bergé. © Montage le Lab via AFP
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Loïc Le Clerc pour

C'est LA mesure phare de la "loi pour la confiance dans l'action politique" : l'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires. Une disposition législative qui fait suite à l'affaire de l'emploi présumé fictif de Penelope Fillon.

Pour autant, certains élus de la République, comme Yannick Favennec, considèrent que cette interdiction fait de leurs proches des "victimes collatérales" de l'affaire Fillon. Le député UDI déclarait lundi 31 juillet que "ceux qui travaillent, ceux qui justifient quotidiennement leur emploi, comme c'est le cas de mon épouse, payent au prix fort la malhonnêteté de certains".

Et même du côté de la majorité, on justifie étrangement cette mesure. C'est le cas d'Aurore Bergé, députée et porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale. Invitée de RFI ce mardi 1er août, elle déclare :



Les symboles, ça compte. D'autant plus en politique. Regardez la question des emplois familiaux, c'est sûr que s'il n'y avait pas eu ce qu'il s'est passé avec François Fillon, peut-être qu'on aurait pas eu besoin de le réformer. Il y avait des gens qui étaient employés, qui étaient parfois des enfants, des épouses, et qui faisaient un véritable travail, qui avaient un travail effectif. Sauf qu'aujourd'hui, il y a un climat qui fait que c'est plus possible de donner l'impression qu'on va d'abord se protéger nous même, servir notre entourage, notre famille, au travers de ces emplois familiaux. Donc, on y a mis fin.

La députée LREM met l'accent sur la suspicion du côté fictif de ces emplois familiaux, justifiant ainsi l'interdiction généralisée. Une généralisation qu'Aurore Bergé juge "peut-être injuste". Elle développe :



C'est peut-être injuste dans un certain nombre de situations, avec des parlementaires qui vont devoir licencier pour certains leur enfant ou leur épouse qui avaient un travail effectif, mais c'est une demande à laquelle il va bien falloir répondre. Sinon, ça va nourrir l'anti-parlementarisme, ça va nourrir l'abstention et ça va nourrir le vote pour les extrêmes.

Après le Penelope Gate qui coûta très cher à François Fillon lors de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, poussé par François Bayrou, avait fait de l'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires une de ses principales promesses de campagne. Le 27 juillet, l'Assemblée nationale a donné son feu vert à cette interdiction des emplois familiaux. Concrètement, seront interdits les emplois "pour la famille proche" (conjoint, partenaire de Pacs, concubin, parents et enfants ainsi que ceux du conjoint, partenaire de Pacs ou concubin) sous peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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