La préfecture de Mayenne interdit l’utilisation du féminin de "suppléant" sur les bulletins de vote pour les sénatoriales

Publié à 07h03, le 14 septembre 2017 , Modifié à 09h59, le 14 septembre 2017

La préfecture de Mayenne interdit l’utilisation du féminin de "suppléant" sur les bulletins de vote pour les sénatoriales
Image Sébastien Tronche


Ça fait mauvais genre. A l’heure où les polémiques politiques autour de l’utilisation de "madame la ministre" ou "madame la députée" ont été tranchées – même si certains, souvent à droite, persiste à ne pas vouloir féminiser ces fonctions – le débat resurgit pour les sénatoriales, du moins, en Mayenne où tout le monde peut être "suppléant" mais personne ne peut être "suppléante".

La préfecture de Mayenne a en effet invalidé une candidature EELV, celle de Claude Gourvil, car il était écrit sur les bulletins de vote le mot "suppléante" et non "suppléant" pour sa suppléante Sophie Leterrier. Absurde ? La préfecture, via la commission de propagande, a appliqué à la lettre le code électoral qui méconnaît la version féminine du terme suppléant.

Strict et ubuesque. "L'article R.155 du Code électoral dispose que les candidats aux élections sénatoriales inscrivent sur leurs bulletins de vote le nom de la personne 'appelée à remplacer le candidat', précédé ou suivi des mentions 'remplaçant' ou 'suppléant'", précise Marianne, le 13 septembre.



Interrogé par l’hebdomadaire, le directeur du cabinet du préfet de la Mayenne, Anthony Boukoucha, explique que "la commission a considéré que le fait que certaines candidates inscrivent la mention 'suppléante' et d'autres 'suppléant' pouvait influencer les électeurs". 

Ayant appris l’étonnante nouvelle par un mail de la préfecture, le candidat écolo n’en revient pas alors que le terme de suppléante est régulièrement utilisé sur le matériel électoral, que ce soit aux législatives ou même lors des dernières élections sénatoriales. "Ce n'est même pas de la misogynie mais plutôt une vision étriquée, sclérosée, du droit", peste Claude Gourvil auprès de Marianne. Qui ajoute :



Ils pensent qu'on pourrait faire passer les autres candidats pour des réac'.

Mais, puisque les bulletins en question n’ont pas encore été imprimés, la candidature écolo se conformera au code électoral. Sauf si le ministère de l’Intérieur, saisi, valide l’utilisation du terme féminisé "suppléante" et contredit la préfecture de la Mayenne. 

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