La presse russe salue le résultat de François Fillon, cet "ami de Moscou"

Publié à 10h42, le 22 novembre 2016 , Modifié à 10h42, le 22 novembre 2016

La presse russe salue le résultat de François Fillon, cet "ami de Moscou"
Vladimir Poutine et François Fillon. © ALEXEY DRUZHININ / RIA-NOVOSTI / AFP

En mars 2012, François Fillon, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, a téléphoné à Vladimir Poutine pour le féliciter de son élection et le remercier "des efforts déployés par la Russie pour tenter d’obtenir l’évacuation [des deux journalistes] bloqués à Homs". Car celui qui a fini en tête du premier tour de la primaire de la droite entretient une bonne relation avec le décrié chef d’Etat russe.

Alors, quand François Fillon arrive premier du scrutin pré-présidentiel de la droite, la presse russe se réjouit. Comme le rapporte l’AFP, la presse russe dans son ensemble voyait mardi en François Fillon le profil d'un "ami de Moscou" capable de restaurer les relations entre les deux pays. Le quotidien des affaires Vedomosti qualifie ainsi l'ancien Premier ministre de "candidat prorusse" à la présidentielle, avec un programme de politique étrangère "plus équilibré" que son adversaire Alain Juppé, qui est, lui, un "atlantiste sous conditions". C'est l'une des différences, au niveau diplomatique, entre François Fillon et Alain Juppé.

La chaîne de télévision Rossiya 24 évoque de son côté un "nouveau séisme politique" après la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Elle note que François Fillon, "bienveillant envers la Russie", s'est entretenu avec Vladimir Poutine lorsqu'il était aux affaires "deux ou trois fois par an, le connaît bien et, même, le tutoie". Le journal en ligne Gazeta.ru y voit pour sa part un "remake français de Donald Trump", notant qu'une victoire de François Fillon à la présidentielle française "conviendrait tout à fait à Moscou". Le site souligne néanmoins que Nicolas Sarkozy était considéré "comme le candidat le plus pratique pour le Kremlin", après avoir publiquement annoncé qu'il rétablirait de bonnes relations avec Moscou s'il était élu.

"Pour les futures élections, la Russie ne met pas tous ses œufs dans le même panier et entretient intelligemment des contacts en parallèle avec la principale concurrente des Républicains, Marine Le Pen", également considérée comme proche de Moscou, rappelle le journal. Le magazine Expert, saluant la performance de "l'ami François", relève pour sa part qu'"une tendance extrêmement bénéfique pour la Russie est en train de se former" : l'émergence d'une génération de dirigeants davantage "bienveillants" à l'égard de Moscou et à même de "créer une brèche dans la position commune de l'Occident" sur la Russie.

Depuis, François Fillon reste l’un des seuls hommes politiques français sur cette ligne pro-russe. En 2014, au moment de la crise ukrainienne, il avait donné une petite leçon de realpolitik à l’attention de François Hollande sur la manière de discuter diplomatiquement avec le patron du Kremlin.

Quelques mois plus tôt, François Fillon avait critiqué, devant Vladimir Poutine, la position de François Hollande sur la Syrie. Ce qui avait fortement irrité le chef de l’Etat.

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