LREM retire l'investiture d'un candidat aux législatives condamné à un an d'inéligibilité en 2003

Publié à 07h16, le 29 mai 2017 , Modifié à 07h48, le 29 mai 2017

LREM retire l'investiture d'un candidat aux législatives condamné à un an d'inéligibilité en 2003
Lors de la présentation des candidats LREM aux législatives en Île-de-France, à Aubervilliers le 23 mai 2017 © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Etienne Baldit


Le processus de sélection des candidats de La République en marche montre un nouveau raté. Pierre Cabaré avait en effet reçu l'investiture de LREM pour les législatives sur la 1ère circonscription de Haute-Garonne mais, comme l'a révélé La Dépêche du Midi dimanche 28 mai, il avait été condamné en 2003 à un an d’inéligibilité par le Conseil constitutionnel, en raison du rejet de son compte de campagne pour les législatives de 2002. Un "casier" qui contrevient aux règles strictes édictées par le parti d'Emmanuel Macron en matière de moralisation de la vie publique, et qui conduit la formation à lui retirer son investiture.

Dans un communiqué cité par l'AFP dimanche soir, LREM indique avoir "pris connaissance aujourd'hui par voie de presse de la situation de Pierre Cabaré" et annonce :



La République en marche a décidé de suspendre l'investiture de Pierre Cabaré. Ce dernier sera entendu dans les tout prochains jours par la Commission Nationale d'Investiture.

"À cette occasion, le mouvement souhaite rappeler les conditions posées par la Commission Nationale d'Investiture : chaque candidat à la candidature s'est engagé sur l'honneur à n'avoir jamais été condamné à une peine d'inéligibilité et n'avoir aucune inscription au bulletin n°2 de leur casier judiciaire. Ces deux conditions ne connaissent aucune exception", poursuit le communiqué.

L'impair semble donc réparé. Reste maintenant à savoir comment le passif de Pierre Cabaré est passé entre les gouttes des vérifications des instances macronistes. 

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Selon la décision du Conseil constitutionnel, publiée au Journal Officiel le 12 février 2003, Pierre Cabaré avait été déclaré inéligible car son compte de campagne avait été invalidé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Celui qui était alors candidat sous l'étiquette Cap 21, a déclaré à l'AFP qu'il "n'y connai[ssait] rien" et ne "sa[vait] pas à l'époque qu'il fa[llait] avoir un mandataire financier". Il avait donc utilisé son "compte personnel". Il a expliqué avoir reçu un kit de campagne du mouvement (profession de foi, bulletins...) et n'avoir payé que "quelques pots de colle" pour ses affiches. "Je n'ai été remboursé de rien, je n'ai rien coûté à la société", rappelle-t-il aujourd'hui, reconnaissant ne pas avoir mentionné cette année d'inéligibilité lors de sa demande d'investiture.

"J'avais déposé mon compte en retard parce que ma femme était gravement malade", souligne-t-il, ajoutant qu'il n'était alors "plus dans la campagne". "Je suis honnête. Aujourd'hui, j'ai des comptes qui sont précis, au cordeau", a-t-il déclaré, voyant dans la révélation de cette information "un coup porté par [ses] concurrents qui ne trouvent rien d'autre que ça pour atteindre [son] intégrité".

Dès janvier, Emmanuel Macron, lorsqu'il était candidat à la présidentielle, avait indiqué dans son appel à candidatures pour les législatives : "Aucun candidat ne devra avoir de casier judiciaire ni avoir subi de peines d'inéligibilité".

Pierre Cabaré, 59 ans, prothésiste dentaire, s'est présenté à différentes élections en Haute-Garonne depuis 1997, sans étiquette, sous les couleurs de l'UDI ou de Cap 21.  Plus tôt dans la soirée de dimanche, le candidat LR sur la 1ère circonscription, François Chollet, avait demandé dans un communiqué "au mouvement LREM de clarifier sa position et de prendre en responsabilité les décisions les plus appropriées fort de cette information nouvelle".

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