La responsable LREM du Doubs se demande publiquement quand L’Est Républicain "mettra en retraite" un journaliste

Publié à 12h12, le 04 octobre 2017 , Modifié à 12h18, le 04 octobre 2017

La responsable LREM du Doubs se demande publiquement quand L’Est Républicain "mettra en retraite" un journaliste
© Capture d'écran Twitter
Image Sylvain Chazot


Le "nouveau monde" conserve quelques réflexes de l'ancien, notamment lorsqu'il s'agit de s'en prendre à un journaliste qui aurait commis un article peu avenant à son égard. Alexandra Cordier vient de l'illustrer. La responsable de La République en marche dans le département du Doubs est, également, attachée de presse de la mairie socialiste de Besançon. Cette double casquette a été mise en lumière par L'Est Républicain. Ce qui a profondément déplu à l'intéressée.

Comme le relève France 3 Bourgogne - Franche-Comté ce mercredi 4 octobre, Alexandra Cordier s'est publiquement demandé, sur Twitter, quand L'Est Républicain comptait mettre l'auteur de l'article la visant à la retraite. Elle a écrit :



Se demande quand L'Est Républicain mettra en retraite Jean-Pierre Tenoux. (emoji clin d'œil / tirage de langue) Vérifier ses sources est le b.a.-ba de la profession, non ? #objectivitézéro

Des mots peu amènes à l'adresse d'un journaliste... Comme quoi, l'ancien monde a encore de beaux restes.

Dans son article, Jean-Pierre Tenoux évoque la double fonction d'Alexandra Cordier. Il parle notamment du compte Twitter @BesanconPresse. "Alimenté par Mme Cordier, qui l'affiche comme l'outil du 'service de presse' de la ville, il a déjà bataillé avec un adjoint PS, ferraillé avec l'assistant du groupe PS, relayé la parole gouvernementale, bloqué un blogueur qui s'en étonnait…", écrit L'Est Républicain.

Illustration, par les internets, des difficultés de l'exécutif bisontin ? Car si le maire Jean-Louis Fousseret est socialiste, la municipalité est alliée à LREM. Le premier édile fut d'ailleurs l'un des premiers soutiens d'Emmanuel Macron. Un groupe LREM a été créé au conseil municipal bisontin mi-septembre. "Cela ne change rien, nous restons dans la majorité municipale, je reste un homme de gauche qui veut réunir tous ceux qui veulent que la France change", avait toutefois tempéré Jean-Louis Fousseret.

Durant les législatives, la députée sortante PS Barbara Romagnan avait reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise  tandis que la candidate LREM avait, elle, été soutenue par le Premier ministre Édouard Philippe. Autant d'éléments qui peuvent expliquer les tensions régnant au sein de l'exécutif bisontin et qui amplifient la portée de la double-casquette d'Alexandra Cordier.

Cette dernière n'a toutefois pas goûté ce relevé journalistique. "Est-il normal de laisser un journaliste accuser à tort ? Le journaliste savait très bien ce qu'il faisait en jetant le discrédit sur moi", s'est-elle défendue auprès d'un internaute qui réclamait son licenciement.





Dans un autre message, elle a ironisé sur l'âge de l'auteur de l'article.





Contacté par le Lab, Jean-Pierre Tenoux s'amuse de cette situation. "Elle a raison, je n'ai plus 20 ans, c'est vrai", plaisante-t-il, tout en refusant de vouloir entretenir la polémique. Il poursuit :

Je n'en fais pas toute une histoire. C'est une anecdote. On est dans le verre d'eau, dans le dé à coudre même, au niveau de la tempête.

Le quotidien régional n'a pas la même perception des choses. Cité par France 3 Bourgogne – Franche-Comté, Nicolas Bastuck, rédacteur en chef adjoint et directeur régional de L'Est Républicain Franche-Comté, fustige un geste "inélégant et surprenant de la part d’une attachée de presse". Il ajoute :

C'est une conception inquiétante de la liberté de la presse de la part d’une porte-parole de parti. J’espère que c’est une erreur de jeunesse plutôt qu’une conviction profonde.

L'opposition a immédiatement sauté sur cet os à ronger. À gauche, le socialiste Jean-Sébastien Leuba se demande ironiquement si "cette demande de mise en retraite anticipée motivée figure dans le programme d'Emmanuel Macron"…





Plus violent, l’élu municipal et départemental UDI Philippe Gonon, dénonce l'attitude d'Alexandra Cordier. Sur Facebook, comme l'a noté France 3, il écrit :

La conseillère d'un maire dégaine son colt 45 pour répondre à ceux qui comme Pascal Bonnet (conseiller municipal LR de Besançon, NDLR) s'étonne de cette totale absence de réserve...
Deux réflexions me viennent à l'esprit :
-          la situation va se tendre dans les couloirs obscurs de la politique bisontine.
-          je mettrai un gilet pare-balles quand j'irai voir le maire dans son bureau.

Contactée, Alexandra Cordier n'a pas répondu aux sollicitions du Lab

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