L’agacement de Jean-Luc Mélenchon devant des archives de ses colères

Publié à 09h52, le 14 mars 2017 , Modifié à 11h46, le 14 mars 2017

L’agacement de Jean-Luc Mélenchon devant des archives de ses colères
Jean-Luc Mélenchon riant jaune sur le plateau de C à vous. © Montage Le Lab via France 5

Il y a au moins une constante dans cette présidentielle aux moult rebondissements : les leçons de morale, voire les attaques de la plupart des candidats envers les journalistes. Coutumier du fait (voir ici, ou encore ), Jean-Luc Mélenchon s’est un petit peu agacé, lundi 13 mars, sur le plateau de C à vous, l’émission de France 5.

"Vous avez un tempérament volcanique, à tel point que le psy Gérard Miller s’est penché sur votre cas", amorce une journaliste, qui lance une archive du candidat de La France insoumise s’énervant contre un cheminot. "C’est le cas, j’ai perdu mon sang froid", reconnaît l’eurodéputé qui poursuit :

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Je vous remercie de jouer le rôle de la maman. Je suis pas un pion. Cet homme, que j’ai pas envie d’accabler, dit : 'Vous êtes tous des pourris'. Vous, vous vous en foutez, moi non. [...] Je suis comme ça, j’accepte le débat.

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Viennent alors deux autres archives. Dans la première, datant de 2008, on y voit un Jean-Luc Mélenchon passablement irrité des résultats du Congrès de Reims du Parti socialiste (auquel il était encore adhérent). La seconde est un extrait d’interview de Manuel Valls, qui déclare : "Si je reconnais les qualités et le talent de Jean-Luc Mélenchon, il y a de la violence politique chez lui, dans les mots qu’il prononce à l’égard des individus, c’est dommage".

S’en suit un échange tendu entre l’ancien sénateur PS et la journaliste de France 5 :

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- Anne-Élisabeth Lemoine : 'J’aime la baston et ça me perdra', ça c’est vous qui l’avez dit.



- Jean-Luc Mélenchon : C’est pourri, j’aurais pas dû dire ça. Là, la scène que vous montrez date de 2008. Je n’en pouvais plus. C’était une escroquerie. [...] Est-ce qu’il y a de la violence en moi ? Mais oui, mais…



- Anne-Élisabeth Lemoine : Et ça vous perdra, c’est ça ?



- Jean-Luc Mélenchon : [Rire jaune] Sans doute, madame, et comme ça, vous serez contente.



- Anne-Élisabeth Lemoine : Je vous cite !



- Jean-Luc Mélenchon : Mais oui, c’est bien, j’ai compris, allez-y relisez-le un petit coup, ça va vous faire du bien. Un petit passage, peut-être ?



- Anne-Élisabeth Lemoine : Mais pas du tout !



- Jean-Luc Mélenchon : Comprenez une chose. Si vous dites à quelqu’un 'Vous surréagissez'. Quelles sont les causes pour lesquelles je surréagis ? L’indignation pour le monde dans lequel je vis. Il me révulse. Je hais cette forme de société, vous devez le comprendre. Je déteste ça, je hais d’avoir des gens couchés par terre quand j’arrive en bas de chez moi. Je pourrais rester chez moi tranquille [...], j’ai fait un autre choix, celui de m’engager à corps perdu dans la cause que je défends. Je le fais avec passion, pourrais-je le faire autrement ? Quand monsieur Manuel Valls dit qu’il y a de la violence. Y'a pas de violence chez monsieur Valls avec son petit costume étriqué, ses épaulettes, sa manière de parler comme ça, de dire mettez-moi des blancos là où ya trop de blacos, c’est pas de la violence, ça ? C’est pas de la violence d’inventer la loi El Khomri ? C’est pas de la violence, de faire passer avec six 49.3 une loi dont personne ne veut ? [...] Les puissants, dans le calme de leurs réunions, décident de la mort des uns et des autres : 'Toi, ton usine est fermée'.



- Anne-Sophie Lapix : Merci...



- Jean-Luc Mélenchon : Attendez, pas merci.



- Anne-Sophie Lapix : C’est fini, l’émission est terminée !



- Jean-Luc Mélenchon : Bah je vous remercie d’avoir mis en avant les aspects qui peuvent être intéressants dans un personnage. Je suis très content, ça me fait très plaisir.



- Anne-Sophie Lapix : On n’a pas été désagréable...



- Jean-Luc Mélenchon : Noooon, pensez-vous, c’est très agréable de vous voir ressortir [des archives].

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Une séquence à revoir ci-dessous en vidéo :


Mélenchon, indigné - C à vous - 13/03/2017

Immédiatement après sa sortie du plateau, Jean-Luc Mélenchon a rédigé ce tweet assassin contre l’émission de France 5 :

À noter que le passage du candidat à la présidentielle a attiré 1,336 million de téléspectateurs, un record pour cette saison, avec un pic d’audience lors de cet accrochage.

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