L'analyse grossière de Fillon selon qui la tribune de Libé contre les violences policières accuse "les policiers de racisme"

Publié à 18h58, le 15 février 2017 , Modifié à 18h58, le 15 février 2017

L'analyse grossière de Fillon selon qui la tribune de Libé contre les violences policières accuse "les policiers de racisme"
François Fillon © AFP
Image Sylvain Chazot


La tribune publiée ce mercredi 15 février par Libération ne plaît pas du tout à droite. Plusieurs élus n'ont pas apprécié que des artistes, des journalistes ou plus simplement des citoyens s'engagent contre les violences policières après la mort d'Amada Traoré et le viol présumé par un agent des forces de l'ordre de Théo.

François Fillon n'admet pas ce genre d'écrit. Ce mercredi 15 février, en marge d'un déplacement à Compiègne, le candidat LR a fustigé une tribune qui, selon lui, "accuse les policiers de racisme". Voici ce qu'il a dit comme l'ont rapporté plusieurs journalistes et le compte officiel de la campagne de François Fillon :

Le ministre de l'Intérieur devrait porter plainte contre les auteurs de la tribune accusant les policiers de racisme. […] Il y a 17 000 policiers blessés chaque année : nous devons soutenir nos forces de l'ordre !

Sauf que la réalité est un tout petit peu différente. La tribune, écrite par Steevy Gustave, ancien élu PS de Brétigny-sur-Orge, n'accuse à aucun moment les policiers dans leur ensemble d'être racistes. Au contraire, Steevy Gustave prend bien soin de distinguer les quatre policiers mis en cause dans le viol présumé de Théo des autres dépositaires de l'ordre public. Voici ce qu'on peut lire :

Ces monstres ne peuvent être associés aux forces de l’ordre qui nous protègent et sauvent des vies au péril des leurs. Non, ces agents du désordre sont bel et bien des brebis galeuses.  

Et Steevy Gustave de s'interroger sur le maintien en liberté des quatre policiers : "Dans ce pays des droits de l’homme, y a-t-il une justice pour les hommes à la peau sombre et une pour ceux qui portent l’uniforme  ?". Mais à aucun moment, la tribune ne dresse de généralités, au contraire. On peut encore lire :

Nous demandons qu’un comité d’éthique soit mis en place et que les sanctions soient sans appel quand des policiers ont des comportements racistes et violents.

Nous demandons une vigilance accrue lors des recrutements car les policiers racistes qui posent problème ne sont pas devenus racistes par la dureté de la mission. Il semblerait que le plus souvent, ce soit de jeunes militants issus d’un parti politique bien connu qui se sont engagés pour pouvoir commettre leurs exactions en toute impunité.

Ce n'est donc pas "la police" dans son ensemble qui est visé mais bien des éléments rares qui ternissent l'uniforme qu'ils portent.

Un peu plus tôt, le filloniste passé sarkozyste le temps de la primaire de la droite Éric Ciotti avait quant à lui traité de "bobos" les signataires des tribunes publiées par Libé. "J'invite tous les artistes bien-pensants signataires de la tribune dans Libération à revêtir l'uniforme dans certains quartiers !", avait-il ajouté.



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