L'association sœur Emmanuelle demande à Laurent Wauquiez d'arrêter de penser à la place de sœur Emmanuelle

Publié à 17h12, le 27 septembre 2016 , Modifié à 17h23, le 27 septembre 2016

L'association sœur Emmanuelle demande à Laurent Wauquiez d'arrêter de penser à la place de sœur Emmanuelle
Laurent Wauquiez © AFP
Image Sylvain Chazot


Asmae, l'association sœur Emmanuelle, commence à en avoir un tout petit peu marre d'entendre Laurent Wauquiez parler au nom de la religieuse. L'organisation s'était déjà insurgée en juin dernier, par la voix de sa directrice Catherine Alvarez. L'ancienne collaboratrice de sœur Emmanuelle avait expliqué, sur France 2, n'avoir jamais entendu la "petite sœur des pauvres" parler de Laurent Wauquiez, alors que ce dernier raconte un peu partout l'avoir rencontrée à mainte reprises.

Rebelote lundi 26 septembre. Cette fois, Asmae dénonce les propos tenus par le président par intérim de Les Républicains sur LCI, dimanche. Dans l'émission Bureau Politique, le député de Haute-Loire tentait de faire croire que sœur Emmanuelle n'aurait pas été forcément opposée à sa position sur les migrants. Ce qui avait de quoi surprendre, surtout après le lancement par l'élu LR d'une pétition contre l'ouverture de centres d'accueil pour les migrants de la "jungle" de Calais. L'élu insiste en avançant que le religieuse a mené ses "batailles" à l'étranger, et non en France. "Je pense qu'elle dirait : 'la bataille, c'est en Égypte qu'il faut la mener, c'est au Soudan qu'il faut la mener '", assurait Laurent Wauquiez.

Dans son communiqué, l'association entend donc apporter des "précisions" aux propos tenus par le président d'Auvergne-Rhône-Alpes. "Effectivement, sœur Emmanuelle souhaitait tout mettre en œuvre pour aider le développement des pays du Sud de sorte que les populations n’aient pas à émigrer", reconnaît Asmae, avant d'ajouter :

Néanmoins lorsque ces populations, n’ayant pas le choix, ont pris le risque de l’émigration, le pays dans lequel ils se rendent se doit de les accueillir, de les traiter dignement et de les soutenir dans leurs projets d’intégration. C’était la vision de sœur Emmanuelle et c’est le travail que continue de prôner son association Asmae en France comme à l’international. […] Etant donné sa faible connaissance de sœur Emmanuelle, M. Wauquiez n’est pas autorisé à penser à la place de sœur Emmanuelle.

On notera l'utilisation de l'expression "faible connaissance", sous-entendant clairement, une fois de plus que Laurent Wauquiez prétendrait à tort avoir eu une relation privilégiée avec sœur Emmanuelle.



Asmae en profite pour retranscrire des propos tenus par la religieuse dans son ouvrage Richesse de la pauvreté. "Une obligation morale s’impose aux privilégiés : ne pas refuser le partage avec ceux qui n’ont rien. […] Le partage, dont il est ici question, ne se contente pas d’aumônes, mais appelle une juste répartition des richesses sur la planète", écrivait-elle. 

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