Laurence Rossignol conteste tout "sexisme" dans l'intitulé de son ministère "de la Famille, de l'enfance et des droits des femmes"

Publié à 09h36, le 12 février 2016 , Modifié à 09h46, le 12 février 2016

Laurence Rossignol conteste tout "sexisme" dans l'intitulé de son ministère "de la Famille, de l'enfance et des droits des femmes"
Laurence Rossignol expliquant que les féministes qui critiquent son ministère sont des réactionnaires © Montage Le Lab via captures d'écran BFMTV
Image Etienne Baldit


LES RÉACS, C'EST LES AUTRES - Ministre de la Famille, de l'enfance et des droits des femmes. C'est la nouvelle fonction de Laurence Rossignol, qui a pris du galon à l'occasion du remaniement de jeudi 11 février. Auparavant secrétaire d'État chargée de la Famille, des personnes âgées, de l'autonomie et de l'enfance, elle devient donc ministre de plein exercice et se voit attribuer le dossier des droits des femmes. Mais l'intitulé de ce ministère cause une vive polémique, notamment chez les militants féministes.

Associer cette question à celles de la famille et des enfants, voilà qui fait so début du XXème siècle. Des associations comme Osez le féminisme, des politiques comme Marie-George Buffet et de nombreux anonymes n'ont pas manqué de le faire remarquer. Sexiste, le ministère des droits des femmes ? Laurence Rossignol s'en défend. Invitée de BFMTV vendredi, la ministre justifie donc cet intitulé qui, affirme-t-elle, correspond aux enjeux modernes. Et elle commence en expliquant que les détracteurs sont tout simplement vieux-jeu, des réacs du féminisme :

- Jean-Jacques Bourdin : 'Vous préparez le dîner, vous couchez les enfants et vous militez pour l'avortement' : c'est ce que j'ai lu dans la bouche d'Osez le féminisme.

- Laurence Rossignol : Mais ça c'est l'humour féministe ! Peut être qu'il y a 20 ans j'aurais pu faire la même. Mais c'était il y a 20 ans. Aujourd'hui, la famille, les droits des femmes et les enfants, c'est intimement lié dans la vie quotidienne des femmes.

*C'est celui qui dit qui est*, en somme. Elle poursuit dans son explication selon laquelle le sujet du droit des femmes ne doit pas être déconnecté des politiques familiales : "Ce qui a changé, ce qui a évolué, ce sont les familles et en particulier, par exemple, les familles monoparentales. Aujourd'hui, c'est presque 25% des familles. Des femmes seules, elles concentrent sur leurs épaules une part importante de la pauvreté, de la précarité, elles élèvent leurs enfants seules, c'est dur, elles travaillent, et elles sont parfois aussi très isolées." 

Militante féministe de longue date, l'ancienne sénatrice PS ajoute :



Je me suis toujours définie comme une secrétaire d'État FÉMINISTE à la Famille. Donc avec ce [nouveau] portefeuille, qui aujourd'hui va me permettre de poursuivre ma vocation féministe dans ma lecture, dans mon approche des questions de famille mais aussi des questions des droits de l'enfant, je vais être plus forte justement appréhender ces évolutions.

Et de se présenter comme "une féministe qui a une vision moderne de la famille et des enjeux pour les femmes", qui veut notamment oeuvrer pour la "liberté de pouvoir travailler sans s'interroger et s'inquiéter de ce que deviennent les enfants." Elle conclut :



Les inégalités professionnelles, les inégalités salariales, elles se jouent aussi dans la charge qu'ont les femmes dans les familles. Quand on voit à quelle lenteur évoluent la répartition et le partage des tâches ménagères et des responsasbilités familiales... Qu'est-ce que je peux faire moi ? Ce que je faisais déjà : une politique familiale dans laquelle l'accès au mode d'accueil pour les jeunes enfants est une priorité parce que c'est la clé. [...] Je vais continuer et renforcer les mesures que j'ai déjà prises.

Du rab sur le Lab

PlusPlus