Laurence Rossignol dénonce la publication d'une campagne anti-IVG dans "un grand journal comme Le Figaro"

Publié à 13h55, le 12 janvier 2017 , Modifié à 16h56, le 12 janvier 2017

Laurence Rossignol dénonce la publication d'une campagne anti-IVG dans "un grand journal comme Le Figaro"
Laurence Rossignol © AFP
Image Amandine Réaux


Certains lecteurs du Figaro ont pu être surpris ce jeudi 12 janvier en ouvrant leur journal. En page 11, aux côtés d’un dossier consacré à l’épidémie de grippe, figure une publicité pour En marche pour la vie, un mouvement anti-IVG. "Félicitations (vous venez de perdre votre emploi)", peut-on lire sur cette affiche représentant un patron licenciant son employée parce qu'elle est enceinte, et qui occupe plus d’un quart de la page du journal.

Le mouvement anti-IVG a lancé une campagne de vidéos et de tracts mettant en scène une femme enceinte que les proches encouragent à avorter. Cinq affiches sont construites sur le même format : une citation inventée en gros caractères censée représenter le soutien ou l’incitation à l’IVG. Au-dessous, un commentaire entre parenthèses qui veut montrer le cynisme de celui/celle qui soutiendrait son amie enceinte uniquement si elle avorte. Derrière cette campagne, selon la journaliste de LCI Anaïs Condomines, se cachent l’association pour l'objection de conscience à l'avortement "Choisir la vie", ainsi que la Fondation Lejeune ou encore Les Survivants.

La présence de cette publicité, surtout dans "un grand journal comme Le Figaro", a agacé Laurence Rossignol. La ministre des Droits des femmes s’est offusquée sur Twitter de cette "offensive" venue des "anti-IVG" :





Auprès du Lab, le Parti socialiste a lancé une "interpellation à la droite et en particulier à François Fillon". La porte-parole Corinne Narassiguin a développé :



On sait à quel point les parlementaires de droite s’étaient élevés contre le vote sur l'extension du délit d'entrave à l’IVG. François Fillon avait laissé faire à ce moment-là et alors qu'il y avait une polémique sur ses positions très floues sur l’IVG. C’est parce que [la question de l'IVG] est dans le débat public que des groupes de pression comme ceux-là se sentent la liberté de faire des choses qu’ils n’auraient pas osées faire il y a un an. Cette propagande est digne de ce qu’on voit dans les pires méthodes évangélistes américaines. Je demande à François Fillon de condamner ce type de pratiques.

Début décembre, le débat sur l’IVG avait été relancé au Parlement. En cause, une proposition de loi socialiste soutenue par le gouvernement "pour punir de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, le fait d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur une IVG". Étaient principalement visés des sites internet supposés informer les femmes souhaitant interrompre leur grossesse mais qui, selon la proposition de loi, peuvent exercer "des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation". La proposition de loi avait été adoptée grâce au vote de sénateurs de droite dissidents.

Face à l’opposition de députés Les Républicains, Laurence Rossignol avait pointé du doigt l’identité des orateurs qui avaient, en 2014, voté contre une proposition de résolution "visant à réaffirmer le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse en France". Le texte était présenté 40 ans jour pour jour après l'ouverture des débats sur la loi Veil, le 26 novembre 1974. Xavier Breton, Nicolas Dhuicq, Yannick Moreau, Jean-Frédéric Poisson et Olivier Marleix avaient voté contre du côté de ce qui s'appelait encore l'UMP.

[EDIT 16h56] ajout des propos de Corinne Narassiguin

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