Le Canard Enchaîné dévoile que deux enfants de François Fillon ont perçu 84.000 euros brut comme assistants parlementaires

Publié à 18h00, le 31 janvier 2017 , Modifié à 19h33, le 31 janvier 2017

Le Canard Enchaîné dévoile que deux enfants de François Fillon ont perçu 84.000 euros brut comme assistants parlementaires
© PHILIPPE LOPEZ / AFP

Du "Penelope Gate" au "Marie et Charles Gate". Dans son édition du 1er février, Le Canard Enchaîné fait de nouvelles révélations dans l’affaire Fillon. Selon le palmipède, François Fillon a rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires quand il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007. Sur TF1 jeudi dernier, le candidat LR à la présidentielle avait révélé qu’il avait "rémunéré, pour des missions précises, deux de [ses] enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences", alors que ceux-ci n’avaient pas encore prêté serment. L'entourage du candidat avait ensuite assuré qu'il s'agissait d’une "imprécision de langage" et qu'il avait voulu dire qu’ils sont avocats à l'heure actuelle et non qu'ils l'étaient à l'époque.

Ce mercredi, l’hebdomadaire satirique affirme également que Penelope Fillon, soupçonnée d'emplois fictifs, a touché au total plus de 900.000 euros brut comme collaboratrice de son mari, de son suppléant et à la Revue des Deux Mondes. Une somme revue à la hausse, alors que la somme de "500.000 euros brut" avait été évoquée la semaine dernière.

Ce seraient en réalité 831.440 euros brut que l’épouse de François Fillon aurait perçu comme assistante parlementaire de son mari ou de son suppléant Marc Joulaud. Non pas seulement de 1998 à 2002, comme écrit la semaine dernière par la même source, mais aussi de 1988 à 1990. Contrairement donc à ce qu'avait déclaré François Fillon sur TF1, à savoir que son épouse travaillait "depuis toujours" à ses côtés bénévolement mais qu'il l'avait embauchée en 1997 après le départ d'un collaborateur parlementaire.

Penelope Fillon a également perçu quelque 100.000 euros brut pour un emploi au sein de la Revue des Deux Mondes.

Ces nouvelles révélations interviennent quelques heures après la visite d'enquêteurs dans le bureau de François Fillon à l'Assemblée nationale. Le président du groupe LR à l'Assemblée, Christian Jacob, a évoqué une "perquisition".

Le couple Fillon a été entendu lundi - séparément - à Versailles dans les locaux du Groupe d'intervention régional (GIR) par les policiers de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF). L'ancien Premier ministre avait lui-même demandé cette audition, assurant vouloir faire la transparence dans cette affaire, dans laquelle il affirme n'avoir rien à se reprocher.

L'enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel a été ouverte mercredi 25 janvier par le parquet national financier (PNF) et les investigations confiées à l'OCLCIFF. Ces investigations doivent permettre de déterminer si Penelope Fillon a effectivement exercé une activité pendant les années où elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari, puis de Marc Joulaud à l'Assemblée nationale, de 1998 à 2007 dans un premier temps, puis de 2012 à 2013 quand l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a retrouvé les bancs de l'opposition comme député de Paris.

L'enquête porte aussi sur l'emploi de Penelope Fillon à la Revue des Deux Mondes, rémunéré 5.000 euros brut mensuels entre mai 2012 et décembre 2013.



[EDIT 19h33]

En préambule d'une intervention devant l'Electronic Business Group (EBG), un cercle de réflexion d'entrepreneurs sur l'innovation digitale, François Fillon s'est déclaré victime d'une "opération d'une extrême ampleur, de calomnie très professionnelle". Selon le candidat LR, "dans l'histoire de la Ve République, cette situation ne s'est jamais produite, jamais à moins de trois mois d'une élection présidentielle". "Une opération d'une telle ampleur et aussi professionnelle n'a été montée que pour essayer d'éliminer un candidat autrement que par la voie démocratique", a-t-il dénoncé.

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