Le candidat Valls de 2017 ne veut plus entendre parler du candidat Valls de 2011

Publié à 12h50, le 03 janvier 2017 , Modifié à 13h00, le 03 janvier 2017

Le candidat Valls de 2017 ne veut plus entendre parler du candidat Valls de 2011
Vous le reconnaissez ? C'est Manuel Valls. Mais en 2011 alors il a changé depuis © PATRICK KOVARIK / AFP
Image Etienne Baldit


LE CHANGEMENT - Un peu plus de 5 ans ans séparent les deux Manuel Valls. En 2011, il était candidat à la primaire du PS. En 2017, le voilà... candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire, organisée par le PS. Entre temps, celui qui incarnait la frange la plus à droite du parti a été ministre de l'Intérieur puis Premier ministre. Alors forcément, le jeu des comparaisons entre ces deux époques (et entre les deux programmes), devrait en amuser plus d'un.

Eh bien figurez-vous que cela ne fait en revanche pas franchement rigoler l'intéressé. Lors de la présentation de son projet à moins de trois semaines du premier tour de la primaire, mardi 3 janvier, Manuel Valls a clairement fait comprendre qu'il ne "participerait pas à ce petit jeu", reprochant aux journalistes qui lui posaient des questions de ce style d'avoir "le regard dans le rétroviseur".









Il a ajouté, évoquant les "responsabilités" qu'il a "assumées" à Beauvau puis à Matignon :

Vous aussi, en cinq ans, vous avez changé, la France a changé, moi aussi j'ai appris.

L'ex-maire d'Évry n'est donc plus le même homme, ni le même candidat. Alors exit certaines propositionsemblématiques de l'époque, qui avaient fini de forger son image d'électron libre du Parti socialiste - voire de "Sarkozy de gauche" comme disaient ses détracteurs. C'est le cas des 35 heures et de la durée légale du temps de travail.

En 2011, Manuel Valls voulait les "déverrouiller", expliquant que cette remise en cause de l'un des totems les plus sacrés de la gauche était "sa marque" :



Est-ce que dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, nous pouvons nous permettre d'être sur des idées des années 70, 80 et 90 ? Non ! C'est ma marque, il faut dépasser la question des 35 heures.

Cette idée devait permettre de faire travailler davantage un salarié ("deux heures, trois heures" par semaine) mais "sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l'État".

Avance rapide jusqu'à ce 3 janvier 2017. Le Manuel Valls *nouveau* a affirmé que les 35 heures avaient "d'une certaine manière" été déverrouillées au fil du temps, ajoutant :

Nous ne devons pas remettre en cause le temps de travail et les 35 heures.

Contraste saisissant, même s'il a depuis un moment abandonné l'idée de la suppression de la durée légale hebdomadaire, recadrant même Emmanuel Macron lorsque ce dernier, encore ministre, voulait à son tour les dépasser.

Pour justifier cette évolution, Manuel Valls a expliqué qu'aujourd'hui, il était "candidat pour gagner" et "pour porter un espoir". Faut-il en déduire qu'à l'époque, sa proposition sur les 35 heures tenait plus d'une candidature de témoignage visant à poser des jalons, à marquer son territoire et à se construire une identité ?







[BONUS TRACK] ♪ LIBÉRÉÉÉÉÉ, DÉLIVRÉÉÉÉÉ ♫

Manuel Valls se serait-il alors quelque peu gauchi depuis 2011 ? À cette question posée par un journaliste après son discours ce 3 janvier, l'intéressé a d'abord répondu en mettant à nouveau en avant ses "responsabilités" gouvernementales récentes. Dans ce cadre, "on appuie sur telle ou telle chose", a-t-il expliqué. Il a aussi dit :



je suis libre, je suis d'une certaine manière totalement libéré.

Délivré ?

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