Le coup de pression trollesque de Bastien Faudot et Pierre Larrouturou devant le siège du PS

Publié à 19h57, le 12 décembre 2016 , Modifié à 07h14, le 13 décembre 2016

Le coup de pression trollesque de Bastien Faudot et Pierre Larrouturou devant le siège du PS
© Amandine Réaux pour Le Lab

Comme un symbole. Bastien Faudot et Pierre Larrouturou sont restés devant les grilles du siège du PS, à Paris. C’est à cet endroit que, ce lundi 12 décembre en fin de journée, les deux responsables du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et de Nouvelle Donne ont donné une conférence de presse devant une vingtaine de militants de leurs formations pour protester contre la décision du Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis de les exclure d’une participation à la primaire de la Belle Alliance Populaire (BAP).

Une annonce formulée le jeudi 8 décembre sous prétexte que les prétendants se seraient intéressés "trop tardivement" au scrutin. Et même si Jean-Christophe Cambadélis multiplie en parallèle les appels afin qu’Emmanuel Macron et dans une moindre mesure Jean-Luc Mélenchon, rejoignent la primaire de la BAP.

 

Bastien Faudot et Pierre Larrouturou estiment qu’en leur restreignant l’accès à la primaire, la direction du PS se tire elle-même une balle dans le pied. "Si c’est une primaire entre anciens ministres, il y aura 400 000 personnes, ça sera désespérant pour le pays", a jugé Pierre Larrouturou, fondateur de Nouvelle Donne, parti qu’il a réintégréaprès en avoir été exclu.

 

Quant à Bastien Faudot, du MRC, il craint une primaire "du microcosme" qui "attirerait uniquement les 5e et 6e arrondissements" de Paris.

 

A trois jours de la date limite du dépôt des candidatures pour la primaire de la BAP, le MRC et Nouvelle Donne ont donc souhaité mettre la pression sur le PS afin de pouvoir finalement concourir à un scrutin qui aurait alors, selon Bastien Faudot, "une gueule". C’est pourtant mal parti. Saisi par Pierre Larrouturou, la Haute autorité du PSavait affirmé samedi qu’elle "ne dispose pas du pouvoir de déterminer qui sont les partis associés à la Belle Alliance Populaire".

Bastien Faudot et Pierre Larrouturou ne lâchent pas l’affaire. Ils ont revendiqué le soutien dans leur démarche de plusieurs parlementaires socialistes, contre l’ex-candidate à la primaire frondeuse Marie-Noëlle Lienemann, les parlementaires vallsistes Luc Carvounas et Olivier Dussopt, ou le député Patrice Prat, proche d’Arnaud Montebourg.

 

Selon Bastien Faudot et Pierre Larrouturou, une bien *mystérieuse* association comptant "plus de 10 000 maires PS" a même écrit un courrier à Jean-Christophe Cambadélis pour les soutenir. Probablement, en fait, la FNESR (Fédération nationale des élus socialistes et républicains). Joint par le Lab, le vice-président de la FNESR Olivier Dussopt dit pourtant "ne pas avoir connaissance d'un soutien" de cette fédération d'élus socialistes. Au Lab, Pierre Larrouturou précise que "ce n'est pas une mystérieuse association" mais que "c'est seulement son président qui a écrit à Cambadélis à titre personnel".

Les deux responsables de gauche, s’ils étaient finalement autorisés à participer à la primaire, seraient de toute façon dispensés de la quête aux parrainages : les formations politiques proches du PS n’ont en effet pas à le faire. C’est ainsi que François de Rugy (le Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (UDE), dont leurs formations ont dès le départ soutenu la démarche de la BAP, seront eux bien candidats à la primaire.

Un autre candidat évincé de la primaire, Sébastien Nadot, pour le Mouvement des progressistes (MDP), n’a quant à lui pas participé à la conférence de presse de Pierre Larrouturou et Bastien Faudot. Joint par Le Lab, Sébastien Nadot, a expliqué pourquoi il ne s’est pas associé à cette initiative, évoquant "une approche différente" :

 

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Moi, je ne joue pas le coup médiatique permanent. Dans la conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis (le 8 décembre, ndlr), il y avait surtout un avertissement afin qu’il n’y ait pas 50 candidats à la primaire, avertissement qui dépassait le seul cadre de notre candidature. Je n’ai pas reçu de notification indiquant que je ne participais pas à la primaire. Pour ma part, j’attends maintenant la clôture des candidatures (le 15 décembre, ndlr). Le comité national d’organisation de la primaire (Cnop) statuera ensuite sur ces candidatures. A ce moment-là, si le PS décide toujours d’appeler 'les primaires citoyennes' sans qu’elles le soient, j’envisagerais alors un recours mais plutôt sur l’appellation du scrutin.

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Pour résumer, le responsable du MDP a estimé que si "c'est une primaire de la BAP", sa formation "n’ira pas" car elle ne "fait pas partie de la BAP". Il a ajouté : "Nous, on avait dit qu’on ne sentait pas cette Belle Alliance Populaire". 

 

[Edit 20h45] Ajout des propos de Sébastien Nadot et d'Olivier Dussopt

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