Le député frondeur Christian Paul persiste à vouloir "tourner la page du PS"

Publié à 09h13, le 08 novembre 2016 , Modifié à 09h13, le 08 novembre 2016

Le député frondeur Christian Paul persiste à vouloir "tourner la page du PS"
Christian Paul. © AFP
Image Sébastien Tronche


Il persiste, signe, et le consigne dans un livre. Christian Paul imagine un futur sans le Parti socialiste. Ou tout du moins, plus dans sa forme actuelle. Après avoir déjà évoqué cette idée, début septembre 2016, de créer un nouveau parti politique avec le PCF et EELV après 2017, le chef de file des députés PS frondeurs renchérit dans un livre à paraître ce mardi 8 novembre (Les Iles et l’Archipel : pourquoi la gauche (re)vivra ? Fondation Jean-Jaurès).

Pour le député PS de la Nièvre, "il faudra tourner la page du PS dans sa forme actuelle". Et, autrement dit, les divisions au sein du parti de la rue de Solférino entre une ligne hollando-vallsiste et une ligne plus à gauche, plus proche du Parti communiste et de EELV, contraignent à une redéfinition. Un projet qu’il envisage et développe donc dans son ouvrage, dont Le Parisien publie ce mardi des extraits.

"Les socialistes doivent construire avec tous à gauche cette nouvelle coalition sans hégémonie, comme on bâtit une coopérative politique", écrit le frondeur. Qui répète :

Nous avons un immense besoin d’un nouveau parti, et surtout s’impose l’exigence d’un parti d’un type nouveau.

Type "En Marche" d’Emmanuel Macron ? Pas certain que la comparaison ne plaise à Christian Paul alors que Jean-Christophe Cambadélis, l’actuel Premier secrétaire du PS, a lui aussi tenté une telle opération en lançant sa "Belle alliance populaire", un cartel de partis fidèles à François Hollande sensé dépasser le PS originel. Sans beaucoup de succès jusqu’à présent.

Christian Paul est tout aussi conscient que la bataille pour l'après risque d’être féroce en 2017 en cas de défaite de la gauche. Et que l’héritage du PS sera au cœur d’une lutte d’ambitions. "Après 2017, certains tenteront une OPA sur le nom, la marque, l’héritage dès le second tour de l’élection présidentielle, prédit l’élu socialiste. Nous résisterons, sans faire du maintien d’un appareil un but en soi, mais pour avancer et changer en bon ordre".

Outre Jean-Christophe Cambadélis et Christian Paul, Manuel Valls aussi a déjà émis l’idée de dépasser le PS et de changer le nom du parti. Sauf que le Premier ministre, qui a théorisé les deux gauches "irréconciliables", souhaite un parti rassemblant les progressistes. Un parti tourné vers la droite du PS, à l’inverse du projet "christianpaulien".

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