Le festival de métaphores footballistiques de François Hollande sur la politique, son rôle et la France

Publié à 19h23, le 05 juin 2016 , Modifié à 19h59, le 05 juin 2016

Le festival de métaphores footballistiques de François Hollande sur la politique, son rôle et la France
François Hollande en 2008 © PATRICK HERTZOG / AFP

#FOOTPOLITIQUEPUISSANCE10.000 - François Hollande aime à distiller des messages à double-sens, surtout lorsqu'il parle d'un sujet qui n'est pas politique. Et encore plus lorsqu'il s'agit de sport, sujet qui le passionne et qu'il maîtrise assez largement. Vous pouvez être sûr, alors, qu'en écoutant attentivement le chef de l'État, vous en apprendrez tout autant sur ses passions sportives que sur sa vision de la vie publique. Donnez-lui une heure de temps d'antenne, et ce sera un festival. 

Ce fut le cas, dimanche 5 juin en fin d'après-midi, sur France Inter, alors que le chef de l'État était invité de l'émission sportive L'Oeil du tigre, à cinq jours du début de l'Euro, en France. Cela a commencé doucement, avec des phrases du style : "Qu'est-ce que on aime dans le sport ? C'est soutenir les petits, faire en sorte que les outsiders l'emportent." Et c'est "Monsieur 3%" qui le dit. Puis il est progressivement monté en température, comme lorsqu'il évoquait l'Euro de 1984 organisé en France et remporté par la France :

 

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J'étais au stade, dans le public, j'ai vécu cette victoire. Ça n'a pas été un match particulièrement beau, comme souvent des finales, avec un but disons chanceux pour ne pas accabler le gardien. C'était aussi une période très difficile, il y avait beaucoup de manifestations aussi à ce moment-là en 84, et le championnat d'Europe avait été une parenthèse. 

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VOUS LE VOYEZ, LE GROS PARALLÈLE ? 

Abordant ensuite Mohamed Ali, décédé ce samedi à l'âge de 74 ans, François Hollande a parlé du célébrissime combat du "Greatest" face à George Foreman, à Kinshasa en 1974. Un "combat que j'avais vu" à l'époque, a-t-il précisé. "Foreman devait gagner" ce fameux "Rumble in the Jungle" mais "la pression populaire [en faveur d'Ali] a dû jouer aussi", a-t-il estimé. Et d'ajouter dans une allusion totalement transparente à la vie politique :

 

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Et puis cette intelligence : attendre, attendre, attendre le bon moment pour frapper. Il faut toujours attendre le bon moment pour frapper [sourire].

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Un François Hollande qui a d'ailleurs quasiment théorisé les fondements de ce genre de double discours politico-sportif :

 

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Le sport, c'est comme la politique, et je me garderai de faire trop de comparaisons  : soit on est dans le conflit, l'affrontement, et on considère que tout supporter de l'équipe d'en face est forcément un adversaire, soit on considère qu'on partage quelque chose de plus fort que notre appartenance et on est capable de s'élever.

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Puis est venu LE gros morceau. Questionné pour savoir si lui, qui est passé à *deux doigts* d'une carrière dans le football, était "plutôt numéro 9 [avant-centre] ou numéro 10 [meneur de jeu]", il a tout donné :

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Je suis obligé de jouer à tous les postes. Parfois je suis en défense, parfois je suis à l'attaque, parfois je dois faire circuler le ballon. Quand j'étais jeune j'étais rapide donc j'étais ailier. Ensuite, je suis devenu demi. Mais je ne vais pas me mettre à l'arrière pour tacler faute d'avoir la vitesse nécessaire [rire]. 



Moi j'occupe le poste le plus important, celui qui permet à une équipe, en l'occurrence toute la France, de réussir.

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La totale, on vous dit. Ce qui ne l'a pas empêché, en fin d'émission, de prétendre n'avoir parlé QUE de sport et UNIQUEMENT de sport une heure durant :

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On pourrait croire que j'essaye d'utiliser le sport pour faire passer d'autres messages, ce qui n'a pas été le cas ce soir.

 

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Évidemment.

[BONUS TRACK]

Et puis, il y a aussi eu cette révélation, survenue alors qu'on lui demandait de choisir entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo :

 

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J'aimerais tellement être Messi.

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Comme ça, vous le saurez.

Du rab sur le Lab

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