Le festival de petites blagues de François Hollande pour son dernier discours officiel

Publié à 14h35, le 10 mai 2017 , Modifié à 14h39, le 10 mai 2017

Le festival de petites blagues de François Hollande pour son dernier discours officiel
François Hollande a régalé son public, ce mercredi 10 mai dans les jardins du Luxembourg, à Paris. © ERIC FEFERBERG / POOL / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


François Hollande aura passé son quinquennat à faire des petites blagues. Il n’allait pas s’en empêcher pour son dernier discours officiel, mercredi 10 mai lors de la cérémonie commémorative de l'abolition de l'esclavage. Le président de la République qui vit ses derniers jours à la tête du pays était en forme olympique et a offert un festival de petites remarques bien senties.

  • Acte I : Hollande plaisante avec Macron

Le chef de l’Etat lâche ses premiers calembours dans les jardins du Luxembourg. Alors que le président du Sénat Gérard Larcher détaille l'organisation des discours à venir, François Hollande profite de l’occasion pour plaisanter avec son successeur. "Et Emmanuel restera là, silencieux, mais...". "Mais inspiré", lui rétorque aussitôt celui qui a remporté l'élection présidentielle, ne pouvant contenir un petit sourire aux lèvres.

Une séquence isolée en vidéo par le Huff Post :

  • Acte II : le lapsus sur le crime de lèse humanité

Une demi-heure plus tard, François Hollande prend la parole. "Dès 1794, le législateur qualifiait l’esclavage de crime contre lèse humanité comme s’il y avait déjà cette préfiguration de ce que fut pourtant ce crime et sa reconnaissance bien plus tard", rappelle-t-il pour mieux rappeler l’importance de cette commémoration. Il se laisse ensuite aller à un petit lapsus :  

Un crime jugé alors si grave à cette époque que le coupable était obligatoirement privé de sa citoyenneté et même de sa nationalité, selon les lois adoptées par la République après l’abolition de 1848. On était sévère à cette époque. Ces lois ont été en vigueur pendant 100 ans et les archives montrent que les sanctions ont été effectivement appliquées, chaque fois qu'on remettait en cause le crime de lèse-majesté, de lèse humanité [Rires]. Il pouvait même arriver que la majesté puisse être lui-même un criminel de lèse humanité [Rires et applaudissements]. 
  • Acte III : Hollande ne confisquera pas les pouvoirs

Comme son public est plutôt réceptif, François Hollande se lâche un peu plus. Cette fois, il rassure les éventuels sceptiques qui auraient imaginé qu’il garderait le pouvoir après le dimanche 14 mai :

Et permettez-moi de dire que je suis fier que, pour une des dernières cérémonies, sans doute la dernière avant que je ne remette la totalité de mes pouvoirs, n’ayez aucune crainte [Rires] à Emmanuel Macron, Président élu, que cette dernière cérémonie soit pour consacrer une promesse que j’avais faite à tous ceux qui voulaient cette fondation. Et bien oui, je suis fier, aujourd’hui, qu’il puisse avoir cette fondation.
  • Acte IV : Un message direct pour Monsieur le Président

Pour sa quatrième vanne, François Hollande s’adresse encore à son successeur. Cette fois, il lui donne du "Monsieur le Président" – alors même que ce dernier ne l’est pas officiellement, tant que le Conseil constitutionnel n’a pas donné les résultats de l’élection présidentielle.

Oui, nous devons continuer à nous battre contre les divisions qui déchirent les peuples, y compris ici, contre les discours qui jettent les gens contre les autres, contre les intégrismes, contre les obscurantismes, contre les communautarismes. Il y a encore beaucoup à faire Monsieur le Président [Rires].

A chaque fois, il vise juste et son public rigole à gorge déployée. Peut-être une idée de reconversion, Monsieur le Président ?

 

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