Le festival de Stéphane Le Foll pour son 150è compte-rendu du conseil des ministres

Publié à 16h12, le 30 mars 2017 , Modifié à 17h53, le 30 mars 2017

Le festival de Stéphane Le Foll pour son 150è compte-rendu du conseil des ministres
Stéphane Le Foll © Montage Le Lab via Élysée

C'ÉTAIT SYMPA QUAND MÊME - Chaque semaine, inlassablement, il s'est présenté à la presse pour le traditionnel "compte-rendu du conseil des ministres". Depuis l'Élysée et en quelques phrases, le porte-parole du gouvernement y fait le point sur les sujets d'actualité discutés entre le Président et ses ministres. Il déroule également les éléments de langage officiels. Avec parfois, dans le cas de Stéphane Le Foll, un ton monocorde, *un soupçon* de langue de bois, une certaine mauvaise humeur voire un énervement véritable. Pour la 150ème fois depuis sa nomination au porte-parolat en avril 2014, "SLF" a joué ce rôle redondant, que l'on imagine un poil rébarbatif et globalement ingrat.

Alors pour cet anniversaire, jeudi 30 mars, celui qui est aussi ministre de l'Agriculture (ainsi que "de l'Agroalimentaire et de la Forêt", comme il ne manque jamais de le souligner) a voulu marquer le coup. Un événement qu'il avait d'ailleurs pris soin de "teaser" dès le 15 mars, et à la fin duquel il a délivré un petit festival de remarques ironiques et de blagues dans son style très caractéristique de Jean-Pierre Bacri de la politique.

Car s'il reste encore quelques "points SLF" jusqu'à l'élection présidentielle, celui-ci avait des airs de dernière et d'adieux, entre nostalgie et soulagement d'arriver au bout. Il faut dire que ce grognard de François Hollande termine le mandat le cœur gros. Cette séquence émotion de près de 4 minutes est à revoir dans cette vidéo (à partir de 27'25") :



Ainsi a-t-il évoqué les "1.500 questions" des journalistes présents à ces points presse et "qui pour la plupart n’ont jamais correspondu à ce qui était présenté par le porte-parole". Manière de se désoler gentiment du peu d'intérêt que ses déclarations pouvaient susciter quand l'actualité était ailleurs. Dans la même veine, il a souligné ces "fois où un absentéisme notoire [de la presse] a été noté".

Et d'y aller d'un peu d'auto-dérision :

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Le porte-parolat a essayé à chaque fois de répondre au mieux, même si quelques fois, il a été accusé de langue de bois. Et je me suis dit un jour : 'Mais au fait, c'est vrai, mais t'es ministre de la Forêt, donc ça devait avoir quelque raison.'



Et puis il a essayé à chaque fois d'apporter les réponses les plus précises, et quand il ne savait pas, il n’a pas répondu, ce qui fait que jusqu’ici, je n’ai pas donné de fausses informations ou de mauvaises informations. J'ai essayé de répondre à toutes ces questions avec la clarté et la sincérité qui me semblaient nécessaires. 

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"150 fois, c’est une relation qui a duré. L’assiduité montre que c’était un plaisir partagé", a-t-il ensuite confié. "Un grand plaisir", a même ajouté Stéphane Le Foll, tout en déplorant d'avoir été "accusé" d'être "soumis aux lobbies" et ce "jusqu'au bout du quinquennat", ciblant France 2 et son émission Cash Investigation.

Il a aussi été plus sérieux sur le rôle de ces points presse hebdomadaires : "C'est vrai que communiquer, c’est important. Ça consiste à essayer de faire savoir ce que l’on veut faire savoir. Mais informer, c’est encore plus important, parce que ça consiste à faire comprendre. Et c’est beaucoup plus difficile."

Et comme ces rendez-vous se terminent toujours par un petit buffet/discussion en off avec les journalistes, il a conclu joyeusement en saluant "son" chef cuisinier et en annonçant la présence de foie gras :

 

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Il y a beaucoup de présents aujourd'hui, et pour [l'agence de presse] Bloomberg, c’est parce que le foie gras, quand même ça peut pas se rater. Voilà, un grand merci à vous en tout cas pour ces 150 points de presse. Allez, à table !

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