Le génial remaniement du merveilleux François Hollande (selon les journaux de Jean-Michel Baylet)

Publié à 10h58, le 12 février 2016 , Modifié à 01h38, le 13 février 2016

Le génial remaniement du merveilleux François Hollande (selon les journaux de Jean-Michel Baylet)
Jean-Michel Baylet, ministre et patron de presse © PASCAL PAVANI / AFP
Image Sylvain Chazot


CHUPA - Au lendemain du remaniement du gouvernement, la presse est plus que circonspecte. Le Parisien s'amuse en une, présentant François Hollande sous le sobriquet de "Monsieur Bricolage". Plus soft, Libération évoque ces trois "derniers verts pour la route" que sont Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili. Quant au Figaro, il parle d'un "dernier replâtrage pour finir le quinquennat".





Il y a cette presse-ci. Et puis il y a La Dépêche du Midi et Midi Libre. Les deux quotidiens régionaux présentent avec un délice certain le remaniement opéré jeudi. "Quatre nouveaux ministres pour un gouvernement de combat", titre le premier. Le second évoque de son côté "un gouvernement taillé pour 2017". Deux unes plutôt sympathiques à l'égard de l'exécutif, donc.





Cela est peut-être un hasard mais La Dépêche du Midi et Midi Libre appartiennent tous deux à Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche et, depuis jeudi, ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales. PDG du groupe La Dépêche, ce revenant du gouvernement est donc également patron de presse, ce qui le rend encore plus précieux selon Jean-Christophe Cambadélis.

Alors qu'une majorité des observateurs voient dans ce remaniement un rafistolage de plus opéré à 14 mois de l'élection présidentielle, Jean-Claude Souléry, rédacteur en chef de La Dépêche du Midi, parle de son côté d'"un 'pari raisonnable' sur l'avenir".

Dans son édito du jour, Jean-Claude Souléry semble en effet plus que ravi des choix opérés par François Hollande. Il écrit :

Le chef de l'État mesure avec sang-froid l'effort qui reste à faire pour réussir son quinquennat et en convaincre les Français. C'est pourquoi, il ne s'est pas contenté d'une sorte de rafistolage. Par son ampleur et son habile dosage politique, le nouveau gouvernement constitue un 'pari raisonnable' sur l'avenir. Nous pourrions dire que François Hollande réussit la meilleure synthèse à gauche possible – en intégrant, non seulement son ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mais encore deux chefs de partis, l'écologiste Emmanuelle Cosse et le radical Jean-Michel Baylet, autant dire deux symboles forts du rassemblement à gauche.

Et le journaliste de décrire le nouveau gouvernement comme "une équipe de combat, la plus élargie possible, alliant la jeunesse à l'expérience". Il ajoute :

Désormais, voilà donc regroupée la gauche du 'possible', qui veut avancer les yeux ouverts et tourner résolument le dos aux incantations des beaux parleurs. Cette gauche lucide, qui revendique le réformisme, a bien conscience que rien ne lui sera donné.

"Rien ne lui sera donné", certainement. Mais l'exécutif peut au moins compter sur le soutien des journaux détenus par son ministre de l'Aménagement du territoire.

En septembre 2014, La Dépêche du Midi s'était déjà fait remarquer par sa manière toute particulière de parler de la défaite de Jean-Michel Baylet aux sénatoriales. À en croire l'article de l'époque évoquant cet échec,  le radical de gauche avait été victime d'une cabale. "La coalition 'anti-Baylet' qui se faisait jour ces dernières semaines a eu raison, au terme d'un dimanche tendu en préfecture, des cohérences politiques départementales, débouchant sur l'élection des ennemis de toujours, unis pour la cause, Yvon Collin et François Bonhomme", pouvait-on lire.

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