Le gouvernement dénonce le populisme d’Emmanuel Macron dans sa critique du système

Publié à 14h00, le 13 juillet 2016 , Modifié à 15h09, le 13 juillet 2016

Le gouvernement dénonce le populisme d’Emmanuel Macron dans sa critique du système
© AFP

On sentait que Manuel Valls allait bouillonner en écoutant le discours d’Emmanuel Macron. Son ministre de l’Economie ne l’a pas épargné lors de son meeting à la Mutualité le 12 juillet. Sans le nommer, le patron d’En Marche a critiqué la prise de position de son n+1 sur le port du voile à l’université, ou encore la "récupération" de l’héritage de Michel Rocard, décédé le 2 juillet.

Emmanuel Macron ne fait pas qu’attaquer (quasi) frontalement le Premier ministre. Il souffle le chaud et le froid sur ses ambitions présidentielles en affirmant vouloir "porter" le mouvement "jusqu’en 2017 et jusqu’à la victoire"... sans pour autant se déclarer candidat à la présidentielle ni sortir du gouvernement. Alors que Manuel Valls avait exigé, quelques heures avant le meeting que "tout cela s’arrête", Emmanuel Macron y est allé de plus belle : "Il y en aura d’autres ! Je continuerai à aller dans le pays et j'irai avec vous à la fin de l'été".

A la sortie du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a blagué sur l’événement Macron, laissant à François Hollande le soin de s'exprimer sur cette situation demain, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet. Mais Manuel Valls, ouvertement en guerre avec Emmanuel Macron, a laissé exploser sa colère lors du déjeuner de fin de session avec les parlementaires ce 13 juillet, notamment concernant ses propos sur le système, comme l’a rapporté au Lab un participant :

 

Parler de système quand on est l’un des plus éminents produits, c’est quand même un peu limite. Parler de système c’est creuser encore plus la distance avec les citoyens. Ce n’est vraiment pas un créneau que l’on doit occuper.

Selon la retranscription de cette prise de parole diffusée par deux journalistes sur Twitter, Manuel Valls accuse même Emmanuel Macron de céder aux "sirènes du populisme". Une attaque d’ordinaire réservée plutôt aux extrêmes… La charge est donc très violente. Il a dit :

L'éthique de responsabilité, c'est le devoir de clarté, pas l'entretien d'un climat, pourri par l'ambiguïté. [...] On ne peut pas dénoncer un prétendu 'système' en cédant aux sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est soi-même le produit le plus méritant de l'élite de la République. 



[...] Il n'y a aucun 'club', aucun 'cercle fermé', aucun 'système' qui jouerait contre le peuple.

Cette sortie a été applaudie par les parlementaires, comme nous l’apprend ce même participant au déjeuner.

Invité de Questions d’info sur LCP/France Info/Le Monde/AFP ce 13 juillet, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen a également dénoncé le "populisme" d’Emmanuel Macron lorsqu’il critique le système :

 

C’est un thème qui est, à mon avis, assez dangereux. C’est un thème populiste. Ça serait quelqu’un d’autre que lui, je dirais : 'C’est quoi le système ?' Parce qu’on a entendu le système UMPS, etc. [...] Dans leur vocable, le système c’est la démocratie représentative, l’Etat de droit, l’économie de marché dans laquelle nous sommes. Si c’est tout ça, le système, alors critiquer le système c’est un problème. Par ailleurs qu’il y ait des inégalités, des castes dans notre pays, c’est une réalité et que l’un des enjeux de la société à venir soit de faire sauter ces castes : oui. Si j’étais gentil, je dirais que c’est un peu facile, sinon : c’est populiste.

Sur ce coup-là, Jean-Marie Le Guen a manifestement choisi de ne pas être gentil.

Anne Hidalgo ou encore Emmanuelle Cosse ont également eu ce 13 juillet des mots très violents à l'encontre d'Emmanuel Macron et de sa critique du "système".

[Edit 15h05 : ajout discours Valls]

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