Le gros acte d’autorité d’Emmanuel Macron envers Manuel Valls, avant même un éventuel ralliement

Publié à 17h55, le 28 mars 2017 , Modifié à 19h02, le 28 mars 2017

Le gros acte d’autorité d’Emmanuel Macron envers Manuel Valls, avant même un éventuel ralliement
© Farouk Batiche / AFP

Il fut un temps où Manuel Valls était le patron d’Emmanuel Macron. Et puis, *la routourne a tourné*. En août 2016, le second a démissionné du ministère de l’Économie pour se porter candidat à la présidentielle. Le premier a quitté, à son tour, le gouvernement avant de se présenter lui aussi à l’Élysée via la primaire de la Belle Alliance Populaire. Mais après sa défaite, l’ancien Premier ministre a refusé de soutenir le vainqueur Benoît Hamon et multiplié les signes d’un rapprochement avec Emmanuel Macron.

Avec pour conséquence une inversion des rôles. À la veille de la première intervention télévisée de Manuel Valls depuis la primaire, Emmanuel Macron a fait montre d’autorité. Lors d'une conférence de presse destinée notamment à clarifier les contours de son éventuelle future majorité présidentielle, mardi 28 mars, le candidat d’En Marche ! a d’abord dit qu’il ne "ferm[ait] la porte à personne", à propos d’un éventuel ralliement de son ancien n+1. Il a toutefois fait savoir que soutien ne vaudrait pas automatiquement récompense :

 

Il est parfois bon aussi de savoir être le maître des horloges.

Emmanuel Macron avait récemment affiché une fin de non-recevoir à un éventuel ralliement vallsiste, en disant ne pas avoir ouvert "une maison d'hôtes".

Ce mardi, l’ancien Premier ministre réunissait ses soutiens, alors que certains députés ont déjà rejoint Emmanuel Macron. L’objectif affiché, selon l’AFP : constituer un pôle de députés dans la future Assemblée nationale avec le plus de poids politique possible pour jouer les "faiseurs de rois" dans la majorité de recomposition qu'ambitionne Emmanuel Macron.

En guerre quasi ouverte avec un candidat socialiste qui l'accuse de lui planter "des couteaux dans le dos", Manuel Valls, redevenu député de l’Essonne, cherche la meilleure voie pour assurer l'avenir politique de son courant au PS. Benoît Hamon a d’ailleurs dénoncé par avance sa "mise à mort cette semaine avec le ralliement de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron".





[Edit 18h50]

Enfin d'après-midi et devant quelque "80 parlementaires" le soutenant réunis à l'Assemblée nationale ce mardi, Manuel Valls n'a pas clairement appelé à rallier Emmanuel Macron, mais pas loin. Évoquant une "campagne très indécise", avec "rien de calé dans l'électorat", l'ancien Premier ministre a souligné "l'incertitude sur le premier tour" et le "très haut niveau du FN", comme l'a rapporté l'un des participants à l'AFP. Il a également critiqué l'"erreur de campagne" de Benoît Hamon, dont la stratégie "consiste à courir après Mélenchon et taper Macron", selon la même source.

Pour Manuel Valls, cette situation "nécessite" de "prendre ses responsabilités". Mais il n'a cependant pas explicitement annoncé qu'il comptait voter pour son ancien ministre de l'Économie. Peut-être réserve-t-il la primeur de cette annonce pour son passage chez Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV mercredi matin ?

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