Le gros coup de pression de Jean-Christophe Cambadélis aux adhérents PS

Publié à 16h44, le 27 mai 2016 , Modifié à 17h28, le 27 mai 2016

Le gros coup de pression de Jean-Christophe Cambadélis aux adhérents PS
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. © AFP

UNITAY - La division, ça suffit. C'est, en résumé, le message adressé par Jean-Christophe Cambadélis aux adhérents du Parti socialiste. Évidemment, dans sa lettre envoyée ce vendredi 27 mai, le premier secrétaire du PS le dit un peu plus longuement. Mais l'idée est là : ou le parti arrive à s'unir et à dépasser les clivages avant les échéances de 2017, ou bien il ne sera plus rien.

"La course de vitesse est donc engagée car les résultats des législatives partielles l’annoncent : le FN sera, à l’Assemblée nationale, l’opposition au parti qui aura gagné l’élection présidentielle. Voilà pourquoi notre unité est précieuse et notre dépassement impérieux", écrit à ses camarades le patron des socialistes, se référant aussi à la présidentielle autrichienne pour expliquer que l'extrême droite est vraiment aux portes du pouvoir et qu'il ne s'agirait plus trop de déconner. Il ajoute :

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Le climat s’alourdit : la menace terroriste, la tyrannie identitaire, la violence et l’attaque systématique de nos permanences, comme la violence à la fin des manifestations contre la police où les commerces sont dégradés, en sont la démonstration. Je sais que chacun veut, dans nos rangs, que ses convictions triomphent. Mais on ne saurait gagner dans un champ de ruines. Je perçois aussi l’agacement, la colère monter dans la majorité du Parti socialiste. Il faut donc fixer les lignes jaunes et travailler à la désescalade. Nous le ferons !

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Les choses sont donc claires : le patron du PS entend dépasser les frontières du PS avec sa "Belle Alliance Populaire" lancée en avril dernier. C'est dans ce cadre-là qu'il invite les militants à le rejoindre. Mais pas n'importe lesquels : ceux de la bonne gauche, pas "ceux qui ne veulent rien faire", parallèlement aux gens de droite qui, eux, "veulent tout défaire". Jean-Christophe Cambadélis ajoute :

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Vous constatez, comme moi, que la radicalité des Verts, du PCF ou de Jean-Luc Mélenchon, tous trois par ailleurs divisés, est cantonnée aux appareils militants. Vous constatez, comme moi, que la gauche profonde aspire à l’unité, s’inquiète du retour de la droite et veut une politique équilibrée, forte en emploi, en égalité, en écologie, en cohésion sociale. Rien n’est définitivement cristallisé dans le pays. Le climat du moment nous est certes défavorable, mais il est volatile d’autant que les bons chiffres s’accumulent. Cela ne fait pas une situation nouvelle, mais cela y participe. N’oublions pas que nous avons fait 23% aux élections départementales et 24% aux élections régionales, sans autre concurrence possible à gauche.

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Mine de rien, Jean-Christophe Cambadélis acte donc par écrit la cassure idéologique entre deux gauches irréconciliables. Il y a donc ceux dont l'action entend "ruiner tout crédit aux socialistes" et "s’attaquer à ce qui fut durement acquis depuis Epinay : l’image et la réalité d’un parti de gauche et de gouvernement", selon le chef du PS. Et puis il y a les autres, les "progressistes", qui sont prêts à "affronter les défis de notre époque". 

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