Le malaise des députés LREM pour justifier la sortie des yachts et Ferrari de l’Impôt sur la fortune

Publié à 15h38, le 28 septembre 2017 , Modifié à 22h25, le 28 septembre 2017

Le malaise des députés LREM pour justifier la sortie des yachts et Ferrari de l’Impôt sur la fortune
© @afp
Image Aurélie Marcireau


Dans les rangs de LREM, il y a des mesures qu’on assume et d’autres moins. Parmi ces dernières, un point de la réforme de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune transformé en Impôt sur la Fortune Immobilière au 1er janvier prochain) fait débat. Une sorte "d‘angle mort", comme le qualifie Helène Jouan sur Europe 1 ce 28 septembre, dans un édito sur cette réforme de l’impôt qui touche les plus aisés : les yachts, voitures de luxe, lingots ou chevaux de course sont sortis du patrimoine taxé, le nouvel impôt se concentrant désormais sur la pierre.

Au sein de la majorité, on redoute un effet "yacht" désastreux dans l’opinion. Interrogée ce jeudi 28 septembre dans Les 4 Vérités sur France 2, l’ex-ministre Barbara Pompili (ex- EELV) semble un peu mal à l’aise. Elle explique :  

En fait, je crois que l’idée n'était pas de faire échapper les yachts à l’imposition. Le problème, c’est qu’ils ont voulu faire simple : l’immobilier d’un côté, le reste de l’autre.

Une question de "gestion de cet impôt" donc. Elle continue :

Maintenant, il ne faut pas rester sur des points qui sont des points de détail. Cela concerne peu de gens.

Et d’insister sur une réforme de l’ISF qui doit "relancer le machine" et "mobiliser tout ce qui permet de participer, d’investir". Cela ne concerne que peu de personnes, les yachts, mais beaucoup d’électeurs risquent d’en parler. Certains élus se préparent donc à des discussions houleuses. Ainsi Olivia Grégoire, députée LREM du 15ème arrondissement de Paris, confie ce 28 septembre à L’Obs [avant de démentir elle-même ces propos] :  

Comment  expliquer à des soixantenaires possédant un appartement ancien avenue de Breteuil qu’ils seront plus imposés que les jeunes traders roulant en Ferrari ?

En effet, cela semble *un peu* ardu. Reste aux députés la possibilité de remettre dans la base de l’ISF les yachts, chevaux de courses et autre Ferrari . Comme l’explique pudiquement Barbara Pompili :    

Si on réussit franchement à faire en sorte que ce genre de choses puissent ne pas avoir d’avantage, je préfère. Ce sera plus simple et on arrêtera de se focaliser là-dessus. Encore une fois, le budget est un ensemble.

Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a évoqué mercredi 27 septembre lors de son point presse post-conseil des ministres que des amendements dans ce sens sont envisageables. Il dit : 

Evidemment, j’attends comme secrétaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement de la vigilance, de l’expérience et du savoir-faire des parlementaires qu’ils puissent, quand ils vont identifier des angles morts, proposer de amendements, en débattre. (…) S’ils font des propositions, sur des objets qui pourraient échapper, j’ai entendu parler de voitures,  de yachts ou d’avions… que les parlementaires trouvent les moyens de neutraliser une sorte d’organisation fiscale qui ne permettent pas justement de financer l’économie réelle, ils seront parfaitement dans leur rôle. Le gouvernement regardera cela de manière attentive et positive.

Invité ce jeudi 28 septembre de L'Emission politique, le Premier ministre a assumé pleinement cette mesure : 

Vous avez parlé des yachts, des jets, vous auriez pu parler des montres, des bijoux. Je l'assume, notre objectif c'est de faire en sorte que le capital reste en France et même d'attirer des gens riches en France. 

[Edit 19h25] Démenti d'Olivia Grégoire 

[Edit 22h25] Ajout déclaration Edouard Philippe

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