Le marathon médiatique de l'activiste anti-Hollande

Publié à 17h17, le 14 novembre 2013 , Modifié à 10h55, le 18 novembre 2013

Le marathon médiatique de l'activiste anti-Hollande
(Canal Plus)
Image Ivan Valerio

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Il incarne un des visages de la contestation anti-Hollandeà travers des actions médiatiques. David Van Hemelryck, polytechnicien et entrepreneur parisien de 34 ans, est qualifié par le Figaro de "cerveau de la contestation anti-Hollande", à l'initiative des huées contre le chef de l'Etat lors des cérémonies du 11-Novembre. 

Ces derniers jours, celui qui a lancé une entreprise d'avions-taxis, se lance dans un marathon médiatique. Comme il le raconte sur Twitter, il enchaîne les passages médias ce jeudi 14 novembre. Avec un programme qui a de quoi faire pâlir un politique en mal de visibilité : RTL à 10h, RMC dans la foulée et Canal Plus pour La Nouvelle édition. Le tout dans la même journée. 

"Une journée bien moins épuisante que les gardes à vue", claironne-t-il. Déterminé, le jeune homme assure vouloir "aller jusqu'au bout, jusqu'au départ de François Hollande". 

La veille, le Figaro lui consacrait un portrait. L'occasion d'apprendre que David Van Hemelryck aurait mis 35.000 euros dans la contestation anti-Hollande, soit toutes ses économies. Et il ne revendique qu'un seul mot d'ordre : "Hollande démission". 

Mardi 12 novembre, c'est L'Opinion, qui lui consacrait un article. En bonne place en page 2, coiffé de son bonnet rouge, il est classé parmi les leaders de "l'insurrection 2.0".

Et entre autres apparitions médiatiques, le père de hollande-demission.fr a également eu droit à son passage sur BFM TV. A la chaîne d'info il explique que le gouvernement est le responsable des violences en marge de la fronde sociale : 

Il y a des jeunes gens qui sont en colère. Moi je n'ai pas appelé à faire acte de violence. Je crois que c'est le gouvernement qui a fait des provocations et qui a commencé la violence. Si porter un bonnet rouge et chanter la Marseillaise est faire acte de violence, je crois qu'on est en présence d'un gouvernement parano.


Un parcours médiatique qui s'étoffe. "On m'a proposé plusieurs émissions de télévision, j'ai prochainement rendez-vous chez France Télévisions", explique-t-il au Lab.

David Van Hemelryck est conscient que son objectif passe par une médiatisation de son action. Et il est prêt à passer de la contestation dans la rue à celle dans les médias : 

La démission de François Hollande ne sera pas simple à obtenir. Ca passe par une visibilité croissante. Et donc par une présence dans les médias.

Souhaite-t-il devenir l'égérie de la contestation ?"Je ne suis pas fan du mot", rétorque-t-il, poursuivant : "mais s'il faut quelqu'un prêt à se sacrifier pour aller en garde à vue ou pour prendre le micro, je suis prêt à le faire". 

L'entrepreneur redouble d'efforts pour mener à bien son action. Il s'y consacre à plein temps et se lance dans une curieuse équation : 

Je considère que la valeur que je peux créer pour la France passe avant mes affaires. Il y a 40 millions de gens qui seraient heureux du départ de François Hollande. Alors s'il part un jour avant, ça fait déjà 40 millions de journées de bonheur.

David Van Hemelryck met des moyens dans sa démarche. Il avait  personnalisé un véhicule aux couleurs de son combat contre François Hollande. Mais celui-ci a été saisi par les forces de l'ordre, lors d'une parade sur le périphérique, et filmé par l'agence de presse "La Télé Libre", qui a ensuite mis la vidéo en ligne.

Le 11-Novembre, il avait lancé un appel pour mobiliser des opposants à François Hollande. "Quand on se sert des réseaux sociaux pour mobiliser, il faut la jouer fine et graduer le message, je n'avais pas appelé à siffler François Hollande", explique-t-il. Mais pas dupe, confesse-t-il, il savait ce qu'il faisait et est plutôt satisfait du résultat : 

Pour le 11-Novembre je n'ai pas appelé à siffler le président, mais à honorer nos anciens. Ensuite je sais que la France a envie de huer le président. Disons que j'ai fourni le motif philosophique. Mais je ne suis pas dupe.

Au Lab, nous en parlions à l'été dernier. La banderole appelant déjà à la démission de François Hollande sur les plages de la côte Atlantique, c'était déjà lui. Avant cela, il avait lancé les Camping pour tous, mouvement qui proposait de camper dans le jardin du Luxembourg pendant toute la durée des débats sur le mariage homo au Sénat. La génèse d'un parcours fait de coup d'éclats médiatiques. 

 

 

Edit, lundi 18 novembre : suppression de la vidéo de l'arrestation.

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