Le mauvais exemple Mitterrand de Macron pour minimiser son manque d’expérience régalienne

Publié à 10h59, le 19 mars 2017 , Modifié à 11h08, le 19 mars 2017

Le mauvais exemple Mitterrand de Macron pour minimiser son manque d’expérience régalienne
Emmanuel Macron. © AFP
Image Sébastien Tronche


Emmanuel Macron a gagné sa crédibilité sur l’économique. En revanche, le régalien est régulièrement présenté comme étant le point faible du candidat d’En Marche, favori des sondages pour la présidentielle à 35 jours du premier tour. Pour compenser ce manque d’expérience, l’ancien ministre de l’Economie mise sur le ralliement prochain du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui lui fournit des fiches sur la Défense.

En attendant, Emmanuel Macron explique ce dimanche 19 mars dans une longue interview au JDD pourquoi ce ne doit pas être un handicap pour lui. Et de citer des références historiques pour défendre son manque d’expérience dans le domaine du régalien, convoquant Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et François Hollande :

Ceux qui expriment de tels doutes n’auraient sans doute pas élu Valéry Giscard d’Estaing, qui n’avait pas d’expérience régalienne puisqu’il avait été ministre des Finances et du Budget.

Vous voyez l’analogie ?

Emmanuel Macron poursuit ensuite :

Ni Mitterrand en 1981, à qui la droite faisait les mêmes reproches. Ni François Hollande en 2012.

Sauf que.

S’il est vrai que François Hollande n’avait aucune expérience ministérielle, et donc aucune expérience régalienne, avant d’accéder à l’Elysée, l’exemple de François Mitterrand tombe à l’eau. Car le premier Président socialiste de la 5e République n’était pas un novice dans le domaine régalien. Ainsi François Mitterrand avait-il été ministre de l’Intérieur de 1954 à début 1955 avant d’être ministre d’Etat, ministre de la Justice du 1er février 1956 au 21 mai 1957.

L’exemple Mitterrand, Emmanuel Macron aurait mieux fait de s’en passer. Pas de bol, comme dirait François Hollande.

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