Le ministre du Logement Jacques Mézard l’assure : "Cela ne fait jamais plaisir de baisser des aides"

Publié à 12h50, le 23 juillet 2017 , Modifié à 12h57, le 23 juillet 2017

Le ministre du Logement Jacques Mézard l’assure : "Cela ne fait jamais plaisir de baisser des aides"
Jacques Mézard. © Thomas Samson / AFP
Image Amandine Réaux


6,5 millions de foyers, dont une majorité sous le seuil de pauvreté (selon la Cour des comptes), sont concernés par la baisse mensuelle des aides aux logements, annoncée samedi 22 juillet par le gouvernement.

Dans Le Parisien, ce dimanche 23 juillet, Jacques Mézard fait le service après-vente de cette mesure restrictive. Le ministre de la Cohésion des territoires en charge du logement assure que l’exécutif n’avait d’autre choix que de la mettre en place. Et sachez-le : cela ne lui fait pas "plaisir". Il déclare :

C’est une mesure qui découle du fait que le projet de loi de finances (PLF) 2017 avait été sous-doté car le précédent gouvernement avait prévu, sans l’annoncer, une baisse du montant de ces aides de 140 millions d’euros dans le budget. Sauf qu’ils nous ont laissé la faire. Et aujourd’hui, nous n’avons d’autre solution que de la mettre en oeuvre pour combler ce trou, sauf à laisser courir le déficit. Même si cela ne fait jamais plaisir de baisser des aides.

Jacques Mézard ajoute que le système des aides aux logements "a notamment comme effet pervers de faire augmenter les loyers, au plus grand bénéfice des propriétaires".

Dès le 1er octobre prochain, l’aide personnalisée au logement (APL), ainsi que les allocations de logement familiales (ALF) et les allocations de logement sociales (ALS), seront réduites de cinq euros par mois, dans le cadre d’un vaste plan de restriction budgétaire. Une mesure qui devrait permettre à l’État d’économiser 140 millions d’euros par an, sur les 18 milliards que coûte ce dispositif.

Dès samedi, des élus de tous bords ont vivement dénoncé cette baisse. Une mesure prise sous la majorité précédente, avait déjà justifié Gérald Darmanin, le 12 juillet lors de son auditoire devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale. "La baisse des APL a été votée par la précédente majorité mais n’a jamais été mise en place. Nous prendrons les mesures votées par le Parlement", avait déclaré le ministre de l’Action et des comptes publics.

Une version que conteste Emmanuelle Cosse. "Il raconte n’importe quoi et ça suffit que monsieur Darmanin essaie toujours de trouver des cache-sexes pour défendre des mesures d’économies", a tempêté l’ex-ministre du Logement auprès de LCI, samedi.

Dans Le Parisien ce dimanche, l'ex-secrétaire d'État au Budget Christian Eckert assure lui aussi que cette baisse de cinq euros n’a "jamais [été] envisagée" car "elle ne nous semblait pas juste".

Le décret paru le 16 octobre 2016 prévoit en effet que la baisse des APL concerne uniquement les foyers dont le patrimoine est supérieur à 30.000 euros.

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