Le multiplex du dimanche 10 septembre avec Mélenchon, Castaner, Ciotti, Philippot et Pécresse

Publié à 10h16, le 10 septembre 2017 , Modifié à 19h39, le 10 septembre 2017

Le multiplex du dimanche 10 septembre avec Mélenchon, Castaner, Ciotti, Philippot et Pécresse
© Montage via AFP
Image Sylvain Chazot


et Loïc Le Clerc

#MULTIPLEX - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales, avec, pour ce 10 septembre, des interviews forcément marquées par l'ouragan Irma.

Au menu : Christophe Castaner au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, Éric Ciotti au Grand-Jury RTL / LCI / Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon à Dimanche en politique sur France 3, Florian Philippot dans Le Live politique sur LCI et Valérie Pécresse dans … Et en même temps sur BFMTV.

 

  • Christophe Castaner



#J'assume et je répète

La phrase d'Emmanuel Macron a choqué. Vendredi 8 septembre, le chef de l'État a promis de ne rien céder "aux fainéants, aux cyniques et aux extrêmes". Le premier terme n'est pas passé et plusieurs ténors politiques se sont insurgés.  

Le porte-parole du gouvernement s'en étonne. Il se dit d'abord surpris que le mot de "fainéants" choque plus que les autres. Il dit :

Je suis assez surpris qu'on préfère s'attacher à la question des fainéants. Est-ce que ce serait une insulte plus grave que celle d'être extrémiste ? Moi franchement, peut-être parce que j'ai un tropisme du sud, je me dis que fainéant, c'est quelque chose qui sonne mieux.

Dénonçant une surinterprétation des mots du chef de l'État, Christophe Castaner répète qu'Emmanuel Macron visait les dirigeants politiques passés qui n'ont pas eu assez de "courage" pour réformer en profondeur. Des mots que Christophe Castaner assume donc parfaitement et reprend même à son compte :

La première réussite d'Emmanuel Macron, c'est le dépassement politique, c'est d'être sorti des logiques de parti politique pour aller chercher toutes celles et tous ceux qui, justement, ne voulaient pas se satisfaire de faire plaisir aux fainéants, aux extrémistes, aux cyniques pour réformer le pays. L'objectif, c'est d'avoir du courage. 



#Point Retraite

Le gouvernement entend s'attaquer au sujet épineux des régimes de retraites. Christophe Castaner lance :

Aujourd'hui, il y a 37 régimes spéciaux différents. Ce n'est pas normal qu'un agriculteur qui cotise 1 euro n'ait pas droit à la même retraite qu'un parlementaire qui cotise 1 euro. Il faut changer cela. C'est l'engagement du président de la République, de faire en sorte qu'on ait un système juste, sans changer l'âge de départ à la retraite, sans changer la durée de cotisation, mais qu'on ait un système juste et qui s'applique à tous.

Et vient donc sur le sujet la SNCF, dont il faudra donc s'occuper, averti le porte-parole du gouvernement, expliquant que la société publique "est en déficit, chaque année, de 3 milliards d'euros". Il dit :

Il faut ouvrir ce chantier-là. Ça implique du courage et pas de la fainéantise, du cynisme

On y revient. 

Mais Christophe Castaner refuse pourtant de dire que le gouvernement va modifier les régimes spéciaux de la SNCF. Compliqué. Un gouvernement avait voulu modifier ces régimes spéciaux il y a quelques années. Quelqu'un se rappelle de 1995



#MakeParisGreatAgain

Si vous n'habitez pas Paris, cela vous a peut-être échappé mais depuis la rentrée, la circulation est désormais réduite sur la voie Pompidou. À la place d'une des voies de circulation pour les voitures trône désormais une piste cyclable. Des politiques, des éditorialistes et des anonymes ont dénoncé cette politique menée par Anne Hidalgo en matière de voitures dans la capitale (pour connaître les faits, cliquez ici).

De son côté, Christophe Castaner soutient la maire de Paris. Il lance :

Chaque fois qu'on change quelque chose, notamment pour la voiture, la mise en œuvre est compliquée et ensuite, on s'aperçoit très vite que la voiture reprend son espace. Donc là, on est dans une phase de transition. Mais moi, je vous renvoie au premier sujet, celui du réchauffement climatique. On ne peut pas commencer cette émission en étant sérieux, en disant que le réchauffement climatique c'est essentiel et considérer qu'il est logique que Paris soit traversée par une autoroute.

Et le porte-parole du gouvernement de considérer qu'il faut porter "des choix courageux" en matière de mobilité. D'ailleurs, souligne-t-il, les mêmes critiques avaient été lancées à Bertrand Delanoë. "On criait de la même façon sur les premières mesures de Bertrand Delanoë et puis on retrouve de la fluidité", dit-il. 



  • Éric Ciotti



#Commission

L'ouragan Irma a dévasté, notamment, les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Après le cyclone, les populations locales doivent affronter les pillages. Et vient donc le temps des polémiques, forcément.

Pour Éric Ciotti, "il y a une défaillance de l'État" et Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, n'a pas été à la hauteur. Il dit :

Il me semble qu'il y a un défaut d'anticipation à tout le moins de la part des services de l'État. On aurait pu pré-positionner des forces, des unités de sécurité civile, pour protéger les populations, des militaires, des militaires de la gendarmerie.

Le député LR veut que "toutes les conséquences" soient tirées de cette situation. Il poursuit :

Je pense qu'une commission d'enquête parlementaire, notamment, devra établir si tout a été fait. On a une crise sanitaire aujourd'hui. […] Je réclame aujourd'hui, après que le temps du secours ait fait son œuvre – je pense aux victimes, je pense aux familles dans détresse – il faudra tirer de ce qu'il s'est passé toutes les conséquences pour que ça ne se reproduise plus

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner accuse, de son côté, Eric Ciotti d'"instrumentalier la souffrance"





#LeMépris

Les mots d'Emmanuel Macron, annonçant qu'il ne cédera rien "aux fainéants, aux cynique et aux extrémistes" ne passent pas. En tout cas pas du côté d'Éric Ciotti, qui rappelle en plus les propos passés du Président, notamment lorsqu'il avait parlé de "ceux qui ne sont rien".

Le député LR des Alpes-Maritimes dénonce la phrase d'Emmanuel Macron, vendredi 8 septembre, en Grèce. "Quand on est président de la République, on ne distingue pas les Français", lance-t-il. Il poursuit :

Il y a une sorte de mépris, presque de mépris de classe. Il regarde les Français avec une forme de suffisance. […] Ça me choque ce message d'une extrême violence, d'une grande caricature, qui est adressé à beaucoup de Français.

De son côté, l'Élysée a indiqué dès vendredi que le chef de l'État visait les anciens dirigeants français qui, selon lui, n'ont pas assez réformé.



  • Jean-Luc Mélenchon



#Du calme

"Fainéants". Avec ce simple mot, Emmanuel macron aura fait couler beaucoup d'encre. Officiellement, le Président voulait parler de "ceux qui ont gouverner ses 30 dernières années" et qui n empêcheraient pas l'exécutif de réformer. Mais d'aucuns ont compris qu'il s'adressait plutôt à ceux qui ont l'intention de manifester prochainement contre la loi Travail. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon.

Le chef de file des Insoumis s'étonne des propos d'Emmanuel Macron, et en appelle "au calme" :

Je note le vocabulaire politique. Longtemps, on m'a reproché d'être brut de décoffrage, mais je n'ai jamais empiler les injures comme ils le font eux. [...] Les Français ne sont pas fous. Lorsque je dis qu'il faut une insurrection citoyenne, je n'ai pas l'intention d'aller prendre l'Élysée à coups de fusil. Mais lorsque le chef de l'état traite de fainéants les Français, après avoir traité certains d'alcooliques ou de tabagistes, d'autres d'illettrés... [...] S'il vous plaît, du calme, est-ce qu'on peut faire tout baisser d'un cran ?

Jean-Luc Mélenchon avait déjà appelé à la prudence, s'adressant notamment aux journalistes, car selon lui : "Quand les gens entendent dire à longueur d'émission que je suis un dictateur, ils finissent par le croire". Et le député LFI d'ajouter :

J'ai toujours dit franchement et crûment ce que je pensais, mais on aura du mal à trouver des propos qui appelle à la violence à 19% des Français (en référence à l'éditorialiste Éric Brunet qualifiant les électeurs de Jean-Luc Mélenchon d'"abrutis", NDLR).

#Fachos fâchés

Réagissant à la charge ultra-violente de Marine Le Pen contre La France insoumise, que la présidente du FN qualifiait samedi d"islamo-trotskistes", Jean-Luc Mélenchon a déclaré avoir pris tout ceci avec recul et humour :



C'est une bordée d'injures. Nous, ça nous a tous fait rire. On dirait le capitaine Haddock criant "bachibouzouks". Tout ça ne mène nulle part, sinon qu'à finir de l'épuiser.

Puis, Jean-Luc Mélenchon a adressé ce message aux électeurs du FN :



Je m'adresse à ceux qui ont voté Le Pen, qui la suivaient parce qu'ils pensaient aller contre le système. Je leur dis : 'Écoutez, vous avez perdu votre temps. Si vous êtes très fâchés, ne devenez pas fachos. Venez avec moi et réfléchissez à ce que je vous propose. Je vous propose de vous comporter comme des êtres humains, solidaires des autres êtres humains, avec une politique qui ferait de la France la grande nation qui marche devant.

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  • Florian Philippot



#On lâche rien

Florian Philippot est contre la réforme du Code du travail, enclenchée via ordonnances par Emmanuel Macron et Muriel Pénicaud. Sauf que, pour manifester sa colère, difficile pour le vice-président du Front national d'aller marcher aux côtés des syndicalistes de la CGT, le 12 septembre, ou des élus de La France insoumise le 23 septembre. Et pourtant, Florian Philippot sera bien là. Enfin, là, juste à côté, pas loin :

J'ai vu que mes amis forains organisaient quelque chose le 12, mardi. Je n'exclus pas d'aller leur passer un petit coucou. Je suis très opposé à la loi Travail. Nous, on appelle pas à manifester. Moi, j'ai vu les forains, je sais qu'ils se battent aussi contre la maire de Paris qui veut supprimer le marché de Noël. Qu'est-ce que madame Hidalgo a contre Noël ?

Florian Philippot a, à plusieurs reprises, affiché sa sympathie pour les forains, ce qui lui a valu d'être traité de "pire des gauchistes" par Robert Ménard.



#Même pas mal

Décrié en interne, parfois malmené par Marine Le Pen, Florian Philippot a vécu un été rude. Les dernières attaques en date provenaient de Gilbert Collard et de Robert Ménard. Face à cela, Florian Philippot tente de se placer au-dessus de la mêlée. Il lance :

Moi, mes coups, je les réserve à Macron, parce que lui il fait mal. Les attaques personnelles, c'est facile, moi je peux vous faire trois dépêches AFP en lançant des noms d'oiseaux. Mais ça rime à quoi ? A rien. [...] Moi, la plupart du temps, je n'y réponds pas.

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  • Valérie Pécresse





#Macron voleur

Interrogée sur les ralliements d'Edouard Philippe, de Bruno Le Maire ou encore de Gérald Darmanin, la présidente de la région Île-de-France assure qu'Emmanuel Macron n'a pas volé les idées de Les Républicains. Quelques cadres, certes, mais pas les idées. Valérie Pécresse martèle :

Pardon, c'est pas la même chose de prendre une de nos personnalités et d'en faire un Premier ministre et prendre nos idées. Emmanuel Macron, pardon, mais on n'est pas dans une grande coalition. Il a pris Edouard Philippe, il a pris un certain nombre de personnalité de la droite dans son gouvernement, mais il a pas pris notre programme.

Adepte de la "droite par la preuve", Valérie Pécresse tient donc à prouver qu'avec Edouard Philippe Premier ministre, ce ne sont pas les idées de LR qui gouvernement (sans LR). Elle lance :

La preuve : Bruno Le Maire qui disait qu'il fallait absolument baisser la CSG va devoir l'augmenter. Edouard Philippe qui prônait une réforme des retraites, une réforme du chômage, une réforme de la décentralisation, toutes ces réformes ne sont pas au programme du président de la République.

N'en déplaise à la présidente de la région Île-de-France, ce même Edouard Philippe n'a pas la même vision des choses. Fin mai, il évoquait la "proximité évidente" entre les programmes de son mentor bordelais et de son Président. Il déclarait alors : "Quand je relis le programme d'Alain Juppé, son esprit et ses propositions, je retrouve beaucoup d'éléments qui figurent dans le projet d'Emmanuel Macron, notamment d’un point de vue économique."



#Meilleures ennemies

Revenant sur la polémique du siècle, à savoir la mise en place d'une piste cyclable sur la voir Pompidou, le long de la Seine à paris, Valérie Pécresse a tenu à faire toute la lumière sur sa version des faits. Depuis des semaines, la mairie de Paris et la région Île-de-France se renvoient la balle pour savoir que faire en compensation de la fermeture d'une voie pour les voitures (et l'ouverture d'une voie pour les vélos). Valérie Pécresse lâche alors :



Il ne suffit pas de dire : on ferme les voies sur berge. C'est une méthode brutale qui a disséminé la pollution. Ça n'a pas fonctionné. Ce qui peut fonctionner, ce sont des mesures compensatoires pour les habitants de la banlieue : des parkings. Depuis mars, je le demande à la mairie. La semaine dernière, j'ai reçu la lettre de la maire identifiant 1000 places de parkings relais.Quand on prend une décision aussi dure que de fermer une route, c'est de la souffrance au quotidien. Il faut un réflexe humain de se dire : quelles mesures compensatoires ?

Anne Hidalgo appréciera certainement.

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