Le multiplex du dimanche 15 octobre avec Hidalgo, Mélenchon, Philippot et Castaner

Publié à 12h44, le 15 octobre 2017 , Modifié à 15h52, le 15 octobre 2017

Le multiplex du dimanche 15 octobre avec Hidalgo, Mélenchon, Philippot et Castaner
© Montage le Lab via AFP
Image Amandine Réaux


#MULTIPLEXPOLITIQUE - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales.

Au menu : Jean-Luc Mélenchon au Grand-Jury RTL / LCI / Le FigaroAnne Hidalgo à BFM Politique, Florian Philippot à Questions politiques France Inter / France Info / Le Monde et Christophe Castaner dans Clique dimanche sur Canal +.



  • Jean-Luc Mélenchon



# Pauvreté jetée à la figure

Raquel Garrido a affirmé que c'est à cause de la présidentielle si elle n'a pas déclaré ses cotisations d'avocate. Or Jean-Luc Mélenchon explique que cela est en fait dû à la pauvreté de sa porte-parole. Il déclare : 



La grande question du siècle, c’est : est-ce qu’un avocat pauvre qui ne paye pas ses cotisations doit être cloué au pilori instantanément après qu’on lui a coupé les mains, peut-être parce que c’est un voleur ? Y’a 7.000 avocats qui sont dans cette situation. Vous vous en foutez. Les gens crèvent de misère dans ce pays. Vous vous en foutez. Et Raquel Garrido, parce qu’elle est ma porte-parole, alors ça permet de dire 'Mélenchon' et de taper Garrido. Moi, je souhaite de tout mon cœur que ces campagnes pourries cessent. Attaquez-nous sur nos idées, y’en a largement assez. Arrêtez de persécuter les gens. Vous ne savez pas ce que c’est de se lever le matin et de se voir jeter à la figure sa pauvreté. Vous ne savez pas ce que c’est que d’être dans une situation où vous pouvez plus faire un emprunt à la banque parce qu’il y a écrit dans le journal que ceci et que cela sur vous.

 

# Fin du buzz

Depuis début octobre, la passe d'armes entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon a été très médiatisée. Mais le leader de la France insoumise en a assez, fait-il savoir ce dimanche :



Je déclare solennellement la fin de buzz. Je n'y participerai pas une seule seconde parce que le point de départ du buzz, c'est un gars qui raconte à un autre qu'il a entendu Mélenchon dire ceci, cela, et l'autre va voir Le Canard Enchaîné où on lui donne cent euros pour raconter ça. Donc moi, maintenant, terminé, foutez-moi la paix. Ce n'est pas mon sujet. Ça ne m’intéresse pas. J'ai eu des mots pendant peut-être une minute avec Manuel Valls où nous étions tous les deux seuls avec trois administrateurs de l’Assemblée nationale. Ce qu'on s'est dit ne regarde que lui et moi.

Selon Le Canard Enchaîné du 11 octobre, le chef de la France insoumise aurait lancé, entre autres insultes et amabilités échangées entre les deux hommes 8 jours plus tôt, avant une réunion de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie : "Moi, je ne m’assieds pas à côté de ce nazi." Une insulte démentie par l’intéressé, mais confirmée par Manuel Valls.

Avant cela, le 3 octobre, Manuel Valls assurait sur RTL que la France insoumise porte "un discours islamo-gauchiste". Puis Jean-Luc Mélenchon a démissionné avec fracas de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, dont l'ancien Premier ministre, aujourd'hui soutien d'Emmanuel Macron, a été désigné président. Manuel Valls a qualifié le "texte" de démission de Jean-Luc Mélenchon d'"ignoble et outrancier". Jean-Luc Mélenchon a alors commenté : "La bande à Valls est totalement intégrée à la fachosphère et à sa propagande". C'est alors que Manuel Valls a récupéré l'expression pour remercier ses soutiens avec le hashtag #JeSuisLaBandeDeValls.

Depuis, Manuel Valls en a remis une couche en déclarant que "l’antisémitisme" est le lien entre la France insoumise et Alain Soral.



  • Anne Hidalgo



# Qu'il s'occupe de ses affaires

La politique anti-voitures d'Anne Hidalgo à Paris agace certains. À propos de la journée sans voiture, le ministre ex-LR de l'Économie Bruno Le Maire a écrit : "C’est une décision autoritaire, tout comme la façon dont la circulation a été modifiée sur les berges." Ce dimanche sur BFMTV, la maire de la capitale lui rétorque :

Monsieur Le Maire, il connaît pas bien Paris et je vais pas lui en faire le reproche. Alors voilà : qu’il s’occupe bien de ses affaires ! Il fait un peu de politique politicienne quand il fait ça. L’attractivité de Paris aurait-elle perdu des places parce que nous sommes engagés dans la transition énergétique et écologique de façon extrêmement déterminée ? Je ne crois pas.

Selon Anne Hidalgo, c'est donc par pure opposition partisane, lui l'ex-LR à elle la socialiste, que Bruno Le Maire a écrit ce rapport. Celui qui a passé les dix dernières années de sa vie à Paris (sept à l'Assemblée nationale et trois au ministère de l'Agriculture, puis désormais à Bercy) appréciera de savoir qu'il ne "connaît pas bien Paris"...



  • Florian Philippot



#Le dernier des philippotistes

Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, aime bien dire qu'il avait théorisé le dépassement du clivage gauche-droite avant Emmanuel Macron. Étant passé de Chevènement à Le Pen, l'ancien numéro 2 du FN s'oppose depuis longtemps à une union des droites.

Ce dimanche, il réitère l'idée, à propos, cette fois, du rapprochement entre Sens Commun et Marion Maréchal-Le Pen :



Je crois que ça ne se fait pas du tout, ce qui prouve que l'union des droites... Je n'y crois pas une seule seconde, ça n'a pas de sens idéologique. Si on raisonne en droite et en gauche, déjà, on met Macron où ? Comment on le combat si on ne sait même pas où il est ? Comment on propose autre chose ? L'union des droites, on peut en parler, on peut se faire plaisir pendant 40 ans. Ça fait 40 ans à peu près qu'on en parle et ça n'aboutit jamais. Par contre, faire travailler des gens qui ont à cœur la France d'où qu'ils viennent, ça je suis persuadé que c'est possible, parce que ça correspond bien à l'histoire de France.

Hélas pour Florian Philippot, il est (pour l'instant) bien seul dans son rêve d'une union des patriotes des deux rives. Nicolas Dupont-Aignan espère, lui, se poser en trait d'union entre un parti LR tendance Wauquiez et un FN "rénové". Laurent Wauquiez ne voit pas d'un bon oeil le rapprochement entre Sens Commun et l'extrême droite. Et côté La France insoumise, on considérait fin juillet que la proposition de prendre un café avec Florian Philippot était rejeté au motif que "les Insoumis préfèrent le café chaud au café facho".



  • Christophe Castaner



#Lol populisme

Mouloud Achour interroge Christophe Castaner sur son usage des réseaux sociaux, comme quand il se filme sur un vélo ou dans sa voiture pour débriefer le Conseil des ministres. "Lol populisme" ou "mépris de classe" ?



J'ai fait une vidéo formelle, en costume. Je ne crois pas que ce soit du mépris de classe que d'utiliser tous les supports de communication. Sur celle-ci [la vidéo en vélo, NDLR], c'est pas moi qui l'ai rendue publique. C'est un chroniqueur qui fait une chronique sur une autre vidéo [celle en voiture, NDLR], qui se moque de moi et qui finit par dire 'la prochaine fois sur un Vélib''. Je lui ai envoyée à lui en lui disant 'chiche'.Quelque part, c'est de l'autodérision. Il s'était bien foutu de ma gueule dans sa chronique et beh j'ai voulu lui montrer que j'appréciais aussi l'autodérision. Dans la séquence je lui dis que ça m'a fait sourire, et en plus, ça a fait sourire ma famille.

Mais le débrief' du Conseil des ministres en selfie en voiture, "c'est n'importe quoi ?", lui demande Mouloud Achour. Réponse de Christophe Castaner :



Je l'ai refait parce que j'ai touché 60.000 personnes directes qui ont été cliquer cette vidéo. Quand je fais le machin très institutionnel derrière le pupitre, j'ai quelques milliers de personnes. Moi, mon boulot c'est de parler au maximum de monde. C'est pas de la propagande, ou alors c'est mon boulot de porte-parole qu'on peut considérer comme de la propagande. Mais moi, j'ai deux filles qui ne regardent plus la télé. Et je sais qu'elles sont tous les jours sur leur smartphone, toutes les heures presque. Vous savez, à une époque, on ne parlait que sur la presse régionale, puis on est allé à la télé, puis sur les chaînes d'info en continu.

Cette communication via les réseaux sociaux, Christophe Castaner s'en réjouit. Déjà le 10 octobre, il se vantait d'avoir fait exploser les statistiques de la vidéo du débriefing du Conseil des ministres de 7.000 à 60.000 vues. T'es une star des Internets ou tu l'es pas.

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