Le multiplex du dimanche 22 octobre avec Bayrou, Buzyn, Ciotti et Le Maire

Publié à 10h03, le 22 octobre 2017 , Modifié à 15h39, le 22 octobre 2017

Le multiplex du dimanche 22 octobre avec Bayrou, Buzyn, Ciotti et Le Maire
© Montage via AFP
Image Sylvain Chazot


#MULTIPLEXPOLITIQUE - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales.

Au menu : François Bayrou au Grand Rendez-Vous Europe 1 / CNews / Les Échos, Agnès Buzyn au Grand-Jury / RTL / LCI / Le Figaro, Éric Ciotti à BFM Politique et Bruno Le Maire à Dimanche en politique sur France 3.



  • François Bayrou



#Allez les hommes

Où l'on reparle de l'affaire Weinstein et des remous qu'elle provoque dans la société occidentale. De son côté, François Bayrou est dégoûté. "Le fait de regarder une femme comme si elle était uniquement un corps ou de la chair, le père de filles, nombreuses, que je suis ne supporte pas ça", assène le maire de Pau. Lui-même dit n'avoir jamais assisté, durant sa longue carrière politique, à des scènes de harcèlement sexuel. Si cela avait été le cas, il serait "allé voir la personne en question et il aurait entendu parler du pays".

Surtout, l'ancien garde des Sceaux espère désormais que la parole se libère enfin. Et il en appelle à la gent masculine :



Je suis favorable plus encore à ce que les hommes s'en mêlent. On fait comme si c'était uniquement un problème où l'expression des femmes était en jeu. Mais ce n'est pas vrai. Les hommes et notamment l'éducation en particulier, parce que c'est là que ça se joue... C'est aussi dans l'attitude, dans la solidarité des hommes entre eux, dans la conduite qu'ils adoptent, dans le regard qui peut être affectueux, attentif, mais qui n'a jamais à être ce manquement au respect. 


#Les enfants, c'est pas un luxe

L'universalité des allocations familiales est à nouveau en question. La ministre de la Santé Agnès Buzyn se dit, ce dimanche dans le JDD, favorable à la discussion. "Sans revenir sur les principes fondateurs de la Sécurité sociale, nous devons traiter deux enjeux : la natalité, en baisse pour la première fois depuis la guerre, et la pauvreté, qui concerne désormais des familles nombreuses et monoparentales. Quand on gagne plus de 8.000 euros par mois, est-ce que cela a du sens de recevoir 32 euros ?" s'interroge-t-elle.

François Bayrou, lui, n'est pas du tout de cet avis. Pour le maire de Pau, si le taux de natalité a fléchi en France ces dernières années, c'est notamment parce que "les signaux qui ont été envoyés étaient négatifs". Il poursuit :

Pour moi, l'universalité des prestations familiales est une clé. Ça veut dire simplement que quel que soit le milieu auquel vous appartenez, on considère que les enfants ne sont pas un luxe.

Et François Bayrou de critiquer l'idée selon laquelle les allocations seraient indexées sur les revenus. "Ça veut dire, vous pouvez bien vous les payer [les enfants]. C'est un luxe que vous pouvez bien vous payer. Or, pour moi, il n'est pas vrai que les enfants soient un luxe", ajoute-t-il. 



  • Agnès Buzyn



#Pas une maladie

"S'il y a une chose que je connais bien, c'est le burn-out des équipes médicales, notamment dans les hôpitaux", estime Agnès Buzyn, interrogée sur les conditions de travail des personnels hospitaliers. Pour autant, la ministre de la Santé explique que le burn-out ne sera pas reconnu comme une maladie professionnelle. Elle développe :



C'est un sujet que j'ai eu à traiter quand je présidais la Haute autorité de santé puisque j'avais été saisie par la ministre pour faire un rapport sur le burn-out. Aujourd'hui, il s'avère que ce n'est pas une maladie. C'est un ensemble de symptômes et donc, c'est très difficile, c'est très difficile aujourd'hui de décider que c'est une maladie professionnelle.

On comprend donc que le burn-out ne sera pas reconnu comme une maladie professionnelle. "En tout cas, la Haute autorité de santé, à l'époque, avait rendu un avis défavorable", ajoute-t-elle. Haute autorité, elle venait de le dire, qu'elle présidait, donc. 



#Justice

Le député LREM Christophe Arend est accusé de harcèlement et d'agression sexuelle. Une plainte a été déposée contre l'élu par son ancienne assistante parlementaire. "C'était vers le dernier week-end de juin, j'étais assise sur les escaliers et c'est là où, par surprise, il arrive et me pince les deux seins. Dans mon cerveau, c'était : 'Ça y est, il m'a touchée, il a réussi, il a osé quand même toucher cette partie qui est hyper intime'", témoigne la victime présumée sur franceinfo. Elle relate d'autres scènes du même genre. Christophe Arend va toujours plus loin. Il essaye de lui dégrafer son soutien-gorge, de lui toucher les seins...

Agnès Buzyn est interrogée sur le sujet dimanche. La ministre de la Santé ne fait pas de mystère. Si les faits sont avérés, Christophe Arend n'a plus rien à faire à l'Assemblée nationale.

On va laisser évidemment la justice faire son travail. S'il y a plainte, il y a évidemment une enquête. Et en fonction des résultats de l'enquête, s'il est mis en examen ou s'il la réalité est effectivement au rendez-vous, je pense qu'il n'a plus sa place… […] Je souhaiterais, si les faits sont prouvés, qu'à un moment, on prenne les décisions qui s'imposent pour qu'enfin les femmes soient reconnues dans leur souffrance.  

De son côté, le député LREM assure à France Bleu avoir "porté plainte pour dénonciation calomnieuse". "Je n'ai rien à me reprocher, il s'agit de calomnies, je n'en dirai pas plus", assure-t-il à France 3.

  • Éric Ciotti



# Le collaborateur bis

Interrogé sur son ancien collègue Édouard Philippe, venu de LR mais aujourd'hui Premier ministre d'Emmanuel Macron et donc menacé d'exclusion par le parti de droite, Éric Ciotti en dit plutôt du bien. "C'était son choix, je le respecte", dit-il, soulignant ses "qualités". Mais il le renvoie tout de même, sur l'invitation du journaliste qui le questionne, au statut peu enviable de "collaborateur" dont Nicolas Sarkozy avait affublé François Fillon :

- Éric Ciotti : C'est une personnalité de qualité.

- Journaliste : C'est un bon Premier ministre, d'ailleurs ? C'est un Premier ministre qui occupe une place, qui est dans son rôle, ou plutôt un collaborateur, comme disait Sarkozy à propos de Fillon ?

- Éric Ciotti : C'est plutôt la seconde catégorie. C'est quelqu'un de qualité, moi j'ai eu des relations personnelles - nous avons siégé dans le même groupe [à l'Assemblée] - très bonnes avec Édouard Philippe.

Sympa.

# "Français = chrétien", et alors ?

Parmi les débats idéologiques en cours à droite, il y a celui sur la place de Sens commun au sein de Les Républicains, après que leur président a publiquement tendu la main à Marion Maréchal-Le Pen. "J'ai dénoncé publiquement cette main tendue", rappelle Éric Ciotti sur BFMTV, réitérant son opposition à toute "alliance" avec le Front national. "Sens commun a fait immédiatement un communiqué dénonçant cette approche et faisant une forme de mea culpa. Dont acte", dit-il encore pour clore la polémique.

Puis vient un échange au cours duquel le député des Alpes-Maritimes défend ces militants venus de La Manif Pour Tous, qui selon lui "ne méritent pas ces insultes permanentes". Et Éric Ciotti, qui avait proposé de faire inscrire dans la Constitution les racines chrétiennes de la France, d'approuver un autre propos du président de Sens Commun Christophe Billan : celui selon lequel "on est soit chrétien spirituellement, soit chrétien culturellement mais on ne peut pas être français sans avoir les pieds dans un des deux". Un "message" que "respecte" cet ex-lieutenant filloniste-puis-sarkozyste-puis-refilloniste et aujourd'hui pro-Wauquiez :

- Éric Ciotti : Je crois que sur Sens commun, il faut ni excès d'honneur ni excès d'indignité. On a donné médiatiquement à Sens commun une place ou une influence qu'ils n'ont pas qu'ils n'ont pas. Après, moi je respecte...

- Journaliste : Mais sur ses valeurs : quand Sens commun dit 'Français = chrétien' en quelque sorte, ça pour vous c'est une valeur...

- Éric Ciotti : Je respecte aussi ce message. Refusons les anathèmes, refusons les mises à l'écart. Les militants de Sens commun ont des convictions, ils croient à une certaine idée de la famille qui ne mérite pas aujourd'hui ces insultes permanentes. Ce sont des gens de conviction, ils ont leur place au sein des Républicains. [...] Ils faut qu'ils respectent le cadre des Républicains.

Une séquence à revoir en vidéo :





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  • Bruno Le Maire



# AVANT / APRÈS

Sur France 3, Bruno Le Maire revient sur tous les témoignages de femmes victimes d'actes de harcèlement ou d'agression sexuels qui ont été diffusés ces derniers jours, au travers notamment des hashtags #BalanceTonPorc et #MeeToo, dans la foulée de l'affaire Weinstein. "Je ne vous cache pas que j'ai été très touché par tout ce que j'ai appris, vu, entendu cette semaine, par cette libération de la parole, dit le ministre de l'Économie. Parce que ça montre qu'il y avait en France un problème de société extraordinairement profond lié au harcèlement sexuel. Et qu'on puisse en parler, que des femmes puissent libérer leur parole."

Et d'espérer que ce nouvel épisode de libération de la parole qu'il considère comme fondateur ("il y aura un avant et un après", dit-il) permette de "mettre fin au harcèlement sexuel dans notre pays" :

La seule vraie solution à ce problème, qui est un problème de société, c'est que les femmes puissent parler, qu'elles soient libres de parler, qu'elles soient entendues, qu'elles soient écoutées et bien entendu qu'elle soient respectées.

[...] Et je crois que ce qui s'est passé cette semaine est très important pour la société française. Parce que je crois qu'il y aura un avant et un après. Et que maintenant, la parole va enfin pouvoir se libérer et que ça va, je l'espère, mettre fin au harcèlement sexuel dans notre pays.

Il revient aussi sur sa première réaction polémique à ce sujet. Sur franceinfo le 16 octobre, il avait sèchement expliqué qu'il ne connaissait pas de cas d'hommes politiques coupables d'actes de harcèlement et que, même s'il en connaissait, il ne les dénoncerait pas car "la dénonciation ne fait pas partie de [son] identité politique". Il avait rapidement fait son mea culpa mais maintient une partie de son propos ce dimanche :

J'ai réagi vivement au mot de dénonciation parce qu'il rappelle de tristes heures de notre histoire et ma réaction était très vive sur ce mot-là, elle reste très vive sur ce mot-là.

Je crois que la première chose que je ferais si j'étais témoin de ce genre d'actes, d'abord c'est de les faire cesser, mais c'est surtout, si une amie m'en parlait, se confiait à moi, c'est de lui dire : 'Mais il faut que tu parles, il faut que tu libères, il faut que tu dises, il ne faut pas que tu gardes pour toi des choses qui sont aussi douloureuses et aussi condamnables'. Ça doit se faire devant la justice. Une personne qui a été victime de harcèlement sexuel doit pouvoir parler librement et en parler à la justice. mais c'est important d'avoir autour de soi des personnes, des amis, des oreilles attentives qui vous disent 'mais parle, parle !'.

# Pas concernés

"En réduisant les impôts des riches, les gouvernements risquent de saper la croissance." L'avertissement a été récemment adressé par nul autre que le très libéral FMI et sa présidente, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Christine Lagarde. Mais selon le ministre de l'Économie, cela ne s'adresse pas du tout à la France ni à Emmanuel Macron, accusé par l'opposition - de droite comme de gauche - d'être "le président des riches." Car selon lui, le "niveau d'imposition" est vraiment très élevé en France, et il faut donc le baisser pour les plus riches sans que cela ne creuse les inégalités :

- Bruno Le Maire : J'ai eu l'occasion d'en discuter avec Christine Lagarde la semaine dernière à Washington.

- Journaliste : Elle est en train de dire qu'Emmanuel Macron fait fausse route ?

- Bruno Le Maire : Non parce qu'elle est la première à reconnaître que le niveau d'imposition en France fait qu'il nous reste quand même beaucoup, beaucoup de chemin avant qu'on se retrouve dans cette situation.

- Journaliste : C'est pas un avertissement à Emmanuel Macron ?

- Bruno Le Maire : Ah pas du tout, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec elle, elle est la première à reconnaître qu'il y a un niveau d'imposition en France qui pose une difficulté.

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