Le multiplex du dimanche 3 septembre avec Boris Vallaud, Muriel Pénicaud et Edouard Philippe

Publié à 10h08, le 03 septembre 2017 , Modifié à 14h14, le 03 septembre 2017

Le multiplex du dimanche 3 septembre avec Boris Vallaud, Muriel Pénicaud et Edouard Philippe
Image Le Lab



#MULTIPLEX - C’est dimanche, et c’est le jour de reprise de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 3 septembre : Boris Vallaud, PS, au Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews, la ministre du Travail Muriel Pénicaud au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI et le Premier ministre Edouard Philippe dans Questions politiques sur France Inter/franceinfo/Le Monde.

  • Boris Vallaud

#Rance

Il est un jeune député PS et incarne la nouvelle génération socialiste même s’il a longtemps été un proche collaborateur d’Arnaud Montebourg. Interrogé sur la "modernité" d’Emmanuel Macron, Boris Vallaud estime, comme il ne faut pas faire d'amalgame entre la coquetterie et la classe, qu’il ne faut pas non plus confondre "la mode et la modernité". Et d’asséner, visant le chef de l’Etat d’une formule cinglante :

On peut être jeune, avoir un visage jeune et incarner une politique rance. 

"C’est le cas d’Emmanuel macron, il a construit une mythologie autour de cette modernité", poursuit l’élu socialiste, opposé notamment à la réforme du code du travail par ordonnances et qui estime que le programme "moderne" d'Emmanuel Macron n'a été forgé qu'avec des notes de la direction du Trésor envoyées régulièrement aux ministres de Bercy. Pour le néodéputé PS, Emmanuel Macron "n'est pas à la hauteur de l'enjeu" sur les questions migratoires.

#Démission

Accusé d'avoir agressé un responsable PS, le député M’jid El Guerrab s’est mis en congé de LREM et du groupe à l’Assemblée avant d’être mis en examen, samedi, pour "violences volontaires avec arme" après avoir frappé mercredi Boris Faure en lui assénant deux coups de casque à Paris, lors d'une discussion houleuse qui a dégénéré. Pour Boris Vallaud, également néodéputé, M’jid El Guerrab devrait démissionner de l’Assemblée nationale suite à cette affaire. "Rien ne justifie le geste de ce député", dit-il, avant d’ajouter :

Il aurait de la dignité à le faire (démissionner). Je sais ce que je ferais si j’étais dans sa situation.

Depuis plusieurs mois, les deux hommes nourrissent un contentieux né du départ fin 2016 du PS de M'jid El Guerrab qui a rallié La République en marche d'Emmanuel Macron. Convoqué en début de semaine au siège du parti, M'jid El Guerrab risque une exclusion.


 
 
 
  • Édouard Philippe 



#On joue sur les mots

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a indiqué samedi 2 septembre qu'il annoncerait dans "quelques semaines" la privatisation de certaines entreprises afin de financer l'innovation. Invité de Questions politiques sur France Inter/franceinfo/Le Monde, le Premier ministre est revenu sur cette annonce. Mais il n'a pas une seule fois utilisé le mot 'privatisation' : 

- Journaliste : Quelles entreprises seront privatisées pour financer l’innovation ?

- Édouard Philippe : Des cessions de participation interviendront.

- Journaliste : Attention, cessions de participation ou véritables privatisations ?

- Édouard Philippe : Des cessions de participation interviendront.

- Journaliste : Bruno Le Maire a dit hier 'privatisations'…

- Édouard Philippe : Eh ben moi, je suis là et je vous dis des cessions de participation interviendront.

- Journaliste : Donc ça ne sera peut-être pas forcément à 100% ?

- Édouard Philippe : Vous avez tout compris. Des cessions de participation, ça veut dire que l’État est actionnaire d’un certain nombre d’entreprises. Voilà. Il a un capital dans un certain nombre d’entreprises. Il est possible, il est même certain que nous allons céder des parties de capitaux, des participations que nous avons dans certaines entreprises, pas du tout pour le plaisir de les vendre […] mais pour alimenter des fonds qui serviront à financer l’innovation et la recherche. 

Sans recadrer son ministre de l'Économie, Édouard Philippe a tout de même tenu à montrer qui est le capitaine du navire dans ce gouvernement. "Je suis exactement sur la ligne que je viens de vous indiquer qui, comme c'est moi qui la formule, est la ligne du gouvernement", a poursuivi le Premier ministre. Si Bruno Le Maire a écouté l'émission, le message est passé. 

#Responsabilités

Le député de la République en marche (LREM) M'jid El Guerrab a été mis en examen samedi 2 septembre à Paris. Il est soupçonné d'avoir violemment frappé à coups de casque un cadre du PS, Boris Faure, qui avait dû être hospitalisé. Dans Questions politiques ce dimanche, Édouard Philippe a "condamné sévèrement" cet acte de violence. Mais le Premier ministre tient à la séparation des pouvoirs et refuse d'exercer une quelconque "pression" sur un parlementaire :

- Édouard Philippe : Tout dans le débat public peut être vif mais rien ne justifie la violence physique. Elle doit donc être condamnée et condamnée sévèrement. Une enquête est en cours et elle va déterminer les circonstances dans lesquelles cette altercation a eu lieu. Mais ne comptez pas sur moi pour excuser d’une quelconque façon une violence physique.

- Journaliste : Est-ce que vous comptez prendre une décision ?

- Édouard Philippe : C’est à lui qu’il appartiendra de tirer les conséquences de son acte.  

- Journaliste : Pas de pression de la part du Premier ministre ? Vous ne trouvez pas que ça fait un peu tâche ?

- Édouard Philippe : Attendez, vous voulez que le Premier ministre fasse pression sur des députés pour qu’ils démissionnent ? C’est la conception de la démocratie que vous avez ? Ce n’est pas la mienne. Les parlementaires prennent leurs responsabilités. Moi, j’aime une démocratie dans laquelle les parlementaires prennent leurs responsabilités. J’espère qu’il prendra ses responsabilités. Entendez-moi bien, rien dans le débat public ne justifie le recours à la violence physique. Rien. C’est vrai pour tout le monde, c’est évidemment encore plus vrai pour un élu de la République.

Retrouvez cette séquence ci-dessous en vidéo :



Sans demander précisément à M'jid El Guerrab de quitter ses fonctions, Édouard Philippe souhaite tout de même que le deputé LREM "prenne ses responsabilités".

"M'jid El Guerrab regrette naturellement la tournure prise par les événements", a déclaré son avocat samedi tout en affirmant que le député "conteste être à l'origine de cette altercation" survenue mercredi à Paris.


 
 

 
  • Muriel Pénicaud

#Trop de référendums tue le référendum

"Pourquoi ont-ils peur du peuple ?" Sur Europe 1, Alexis Corbière, député LFI, a demandé à l’exécutif de renoncer aux ordonnances pour modifier le code du travail et proposé à Emmanuel Macron de soumettre cette réforme au référendum. Sans surprise, ce dimanche, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail qui porte cette réforme, a opposé une fin de non-recevoir à cette requête de LFI. "Ces quatre réformes étaient prévues dans le programme d’Emmanuel Macron", commence-t-elle par répondre avant de poursuivre :

Si à chaque fois qu’on fait quelque chose dans le pays, il faut faire un référendum avec l’ensemble des Français qui ont élu un Président et une Assemblée nationale pour faire le travail… pour paralyser le pays parce que ça veut dire qu’on fait un référendum tous les dimanches. Je ne suis pas sûre que les Français… Ils n’ont pas voté pour un programme qui disait un référendum tous les dimanches.

#"C’est réglé"

Le gouvernement a jugé que les contrats aidés étaient trop "coûteux" et "pas efficaces dans la lutte contre le chômage". Du coup, l’exécutif entend réduire sérieusement la voilure en la matière. Ce qui a eu des conséquences. Ainsi, les Restos du Cœur de l’Isère ont communiqué sur le fait qu’ils ne pourront plus distribuer de repas chauds à Grenoble, "dès lundi". Mais cette question particulière est "réglée", assure Muriel Pénicaud. "J’ai découvert ce cas précis par la presse", explique la ministre qui dénonce cette conséquence malheureuse. Elle assure ensuite que "ce n’est pas cohérent avec les orientations qu’on a données" :

On a dit que dans les contrats aidés, la priorité était à l’aide alimentaire – on est bien dans le cas des Restos du cœur -, dans l’urgence sanitaire et sociale, dans les foyers d’hébergement, dans l’accueil des enfants handicapés. C’est réglé pour demain.

"Mais au-delà d’elle, c’est tous les sujets sociaux. Le contrat aidé n’est pas la bonne solution et il faut trouver la bonne solution", poursuit Muriel Pénicaud qui annonce avoir confié une mission à Jean-Marc Borello, fondateur du groupe SOS, "grand leader de l’économie sociale et solidaire", sur la question.

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