Le multiplex politique avec Benoît Hamon, Luc Chatel, François Baroin et Alexis Corbière

Publié à 11h57, le 26 mars 2017 , Modifié à 15h30, le 26 mars 2017

Le multiplex politique avec Benoît Hamon, Luc Chatel, François Baroin et Alexis Corbière
Benoît Hamon, Luc Chatel, François Baroin et Alexis Corbière. © Montage Le Lab via AFP
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#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 26 mars : Benoît Hamon à BFM Politique, Alexis Corbière dans Dimanche en politique sur France 3, Luc Chatel à Questions politiques sur France Inter/franceinfo:/Le Monde et François Baroin au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

  • Benoît Hamon



#Soutenir Macron pour rester au pouvoir

Benoît Hamon n'est pas vraiment soutenu par son parti. L'aile droite du PS a rejoint ou est en passe de rejoindre Emmanuel Macron, comme l'ont fait d'anciens ministres chiraquiens, ou l'ex-PCF Robert Hue. Le candidat socialiste voit là une "candidature fourre-tout" organisée autour d'"un seul projet : rester au pouvoir". Sur BFMTV, le député des Yvelines dit :



J'observe aujourd'hui qu'il y a une forme de candidature fourre-tout avec un programme davantage inspiré par les programmes de monsieur Balladur dans les années 1995 et ses successeurs que par une volonté d'améliorer les conditions d'existence des gens. [...] J'ai l'impression que tous ceux qui ont gouverné un jour se retrouvent aujourd'hui autour de monsieur Macron et tous ceux qui veulent gouverner encore. [...] Certains nous disent : 'Gardons le monde tel qu'il est, gardons nos places au chaud, trouvons le meilleur candidat, celui qui nous permet de rester au pouvoir'. Moi, je ne veux pas de cela. Je serai le candidat qui passera le témoin à la génération nouvelle. [...] Je ne vois qu’un seul projet [autour d'Emmanuel Macron] : rester au pouvoir.

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  • Alexis Corbière

#Marine Le Pen ou la "diplomatie à la Richard Virenque"

C'est un selfie qui a fait parler. Et pour cause : en déplacement en Russie vendredi, Marine Le Pen a été prise en photo au côté du député russe Vitaly Milonov, pourtant connu pour être homophobe et antisémite. Rapidement, les proches de la candidate du FN à la présidentielle ont souligné qu'elle ne savait pas l'identité de ce député. Alexis Corbière a ironisé sur cet argument. Voilà ce qu'a déclaré le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon lors d'un débat avec le vice-président du FN Florian Philippot : 





C’est la diplomatie à la Richard Virenque où à l’insu de son plein gré on se fait prendre en photo avec un député antisémite et homophobe. Marine Le Pen, ce n'est pas Céline Dion ou Beyoncé, ce n'est pas tout le monde qui va se faire prendre en photo ou alors votre système diplomatique est très inquiétant.

Le proche du candidat de la France insoumise dit "ne pas avoir tellement apprécié, à quelques jours de la présidentielle", que Marine Le Pen "s’affiche avec un chef d’Etat". Il a ajouté dans la foulée : "Personnellement, nous ne l’aurions pas fait. Cela montre une espèce de proximité qui n’est pas dans le sens de l’indépendance". 

Quant à Florian Philippot, il a rappelé que Marine Le Pen ne connaissait pas Vitaly Milonov. "Elle a enchaîné 40 selfies avec 40 députés à la suite donc évidemment qu’elle ne les connaissait pas tous. Elle ne l’aurait évidemment pas fait si elle avait su qui c’était, c’est évident". 





  • Luc Chatel



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Auteur d’un communiqué un brin complotiste accusant le "pouvoir socialiste" d’être derrière les révélations sur François Fillon, Luc Chatel continue de défendre son champion. Lorsque le candidat LR soupçonne d’être "sur écoute", parle-t-il d’écoutes judiciaires ou d’un cabinet noir sauvage ? Le député LR de la Haute-Marne ne répond pas à la question, mais rapporte des soupçons :

- Luc Chatel : Ce n’est pas à lui de le définir. Ce qu’il a pu constater à plusieurs reprises, c’est que des conversations qu’il avait pu avoir, il en avait entendu des échos, sans jeu de mot.

- Journaliste : Chez qui ?

- Luc Chatel : Peu importe. Sa conviction intime, c’est qu’il est sur écoute.

"Il est probable que, compte tenu des procédures judiciaires, je sois sur écoute, [...] cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l'élection présidentielle", a accusé samedi François Fillon.

#Travailler plus pour connecter plus

Un parlementaire peut-il exercer une activité professionnelle en parallèle de son mandat sans conflit d’intérêt ? La question s’est invitée dans la campagne avec cette proposition d’Emmanuel Macron d’interdire toute activité de conseil aux parlementaires pour mettre fin aux conflits d’intérêts. Luc Chatel, député de la Haute-Marne, ne cache pas son activité dans une société de conseil, qui lui rapporte 19.000€ par mois. Ce soutien de François Fillon justifie de travailler dans le privé car cela prévient, selon lui, la "déconnexion" des élus :



- Luc Chatel : Moi, je suis inquiet de voir certains concurrents de François Fillon de vouloir interdire l’activité professionnelle quand on est parlementaire. On a besoin de parlementaires qui connaissent le monde de l’entreprise, qui sont au contact de la réalité...

- Journaliste :  ...et de règles extraordinairement strictes pour éviter le conflit d'intérêt ?

- Luc Chatel : Sans doute, sans doute, moi je suis prêt à regarder comment on peut les améliorer. On doit se caler sur le privé. [...]

- Journaliste : Comment vous vous assurez qu'en terme de conflit d'intérêt, vous êtes clean ? Vous consultez le déontologue de l'Assemblée ? Vous faites comment ?

- Luc Chatel : Et un avocat ? Un médecin peut avoir des conflits d’intérêts s’il travaille sur des sujets qui sont traités au Parlement. Ça n’en finit plus. Le pire qui pourrait être devant nous, c’est si on avait, à l’Assemblée nationale ou au Sénat, que des professionnels de professionnels, des gens qui seraient déconnectés de la réalité parce qu’ils n’auraient plus de cumul de mandats, donc ils n’auraient pas ce lien d’élu local, mais en plus déconnectés de l’activité économique de la profession. Je pense que c’est une folie.


Une position qui n’est pas forcément partagée même à l’intérieur de sa famille politique. Hervé Mariton souhaite par exemple augmenter le salaire des parlementaires. "Si on va au bout de la législation que les socialistes ont fait passer avec une interdiction très dure du cumul des mandats [...], vous aurez encore davantage de parlementaires qui travailleront dans le privé en même temps que leur mandat", avait-il mis en garde.



  • François Baroin



#Pourquoi je n'ai pas été candidat à la présidentielle

Pas candidat à la présidentielle, François Baroin a tout de même obtenu 45 parrainages d'élus comme l'a précisé le Conseil Constitutionnel. Le nom du sénateur et maire LR de Troyes avait été évoqué ces dernières semaines parmi les responsables LR qui pouvaient remplacer François Fillon en cas de retrait de la candidature de ce dernier. Interrogé lors de l'émission Le Grand Jury pour savoir si François Baroin s'est à un moment dit que c'était "à son tour" de se présenter, le président de l'Association des maires des France a nié et a expliqué pourquoi. Il a affirmé : 





Non parce que si m’étais dit ça, j’aurais été candidat à la primaire. Il aurait fallu un microscope peut-être pour voir mon résultat puisque que les trois grands (candidats) ont trusté 93 % des suffrages. Pourquoi ? Parce qu'à droite on a une culture du chef, de l’équipe, du projet, de l’autorité. Il faut être capé. Je pense qu’on ne s’improvise pas président de la République, je ne pense pas qu’on appuie sur un bouton en espérant que sur Internet votre président de la République arrivera sous 48 heures. 

Soutien de Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite, François Baroin était pressenti pour être Premier ministre en cas de victoire de l'ancien chef de l'Etat à la primaire puis à la présidentielle. Désormais, son nom revient encore avec insistance pour être nommé à Matignon en cas d'élection de François Fillon. En attendant, François Baroin mouille le maillot pour la campagne de François Fillon. 



#Les parias de la politique

Pour désigner ses candidats aux législatives, En Marche! a demandé aux personnes intéressées de se manifester sur Internet en remplissant un long questionnaire destiné à en savoir plus sur leurs motivations. Depuis, plus de 13.000 candidatures ont été reçues par la formation politique d'Emmanuel Macron et sa commission nationale d'investiture, qui a donc beaucoup de travail avant de délivrer les investitures, dans la foulée de la présidentielle. François Baroin n'est visiblement pas fan de ce mode de désignation qui entraîne selon lui des effets pervers. Il a déclaré :  



Les candidats recrutés par catalogue sur Internet de Monsieur Macron sont en général des gens qui ont échoué pendant 20 ans, qui sont venus chez nous, on en a plus voulu, ils sont venus ailleurs, on en a plus voulu, ils ont tenté une petite cuisine, on en a plus voulu.

On ne sait toutefois pas précisément à qui fait référence François Baroin, visiblement bien informé, même si le sénateur et maire LR de Troyes ne fait pas partie de la commission d'investiture d'En Marche!



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