Le multiplex politique du 17 mai avec Michel Sapin, Jean-Luc Mélenchon, Thierry Mandon et Luc Ferry

Publié à 17h55, le 17 mai 2015 , Modifié à 22h28, le 17 mai 2015

Le multiplex politique du 17 mai avec Michel Sapin, Jean-Luc Mélenchon, Thierry Mandon et Luc Ferry
Luc Ferry, Thierry Mandon, Jean-Luc Mélenchon et Michel Sapin © Montage via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE – Samedi 16 mai, c'était le jour du multiplex. Dimanche 17 mai, c'est aussi le jour du multiplex, oui mais politique cette fois. Au programme des interviews dominicales, Michel Sapin dans BFM Politique, Jean-Luc Mélenchon au Grand Jury, Thierry Mandon dans Tous Politiques et Luc Ferry dans 18h Politique.

Comme chaque dimanche, le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose ses morceaux choisis au fur et à mesure de la soirée.

>> Michel Sapin dans BFM Politique



#Je suis content

Michel Sapin est content. Pourquoi ? Parce que la croissance française au premier trimestre est plus élevée que prévu, à 0,6% au lieu de 0,4%. Alors forcément, le ministre des Finances est enthousiaste. Et il ne voit pas pourquoi il ne le serait pas. Il dit :

Je ne vois pas pourquoi on devrait se taire sur un chiffre de cette nature qui redonne confiance aux uns et aux autres.

 

Ha oui, cela fait du bien au moral de Michel Sapin. Vraiment. D'autant que, comme il le rappelle, cela arrive "après une année 2014, je ne sais pas si on peut l'appeler annus horribilis, mais extrêmement dure pour la France". Vous noterez l'utilisation du latin.

Surtout, l'homme qui a longtemps annoncé l'inversion de la courbe du chômage en est sûr. Il prévient : 

Nous sommes dans une trajectoire qui permet de faire reculer le chômage.

#Bouh, c'est nul

Michel Sapin n'apprécie pas vraiment les attaques de Nicolas Sarkozy contre Najat Vallaud-Belkacem, mais également contre François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis. Il en vient presque à regretter la qualité des débats de 2012. Soutenant le premier secrétaire du PS qui estimait que ces attaques étaient légèrement xénophobes, il dit :

Il faut argumenter, faut pas être dans l'injure, faut pas être dans l'invective. Ce n'est même pas de la caricature, c'est du rien du tout. C'est de la nullité argumentaire.

 

Le ministre des Finances dénonce "la bêtise politique" de Nicolas Sarkozy, moquant quand même le retour en politique d'un ancien président qui a échoué et "qui revient alors qu'il avait dit qu'il était parti". Il ajoute :

On dit souvent que Nicolas Sarkozy n'a pas changé. Il n'a pas changé... en pire

 

#Boum badaboum

La "grande réforme fiscale" qui devait avoir lieu, vous vous souvenez ? Bon eh bien elle n'aura pas lieu, si jamais vous vous posez la question. Michel Sapin le redit, enterrant du même coup la fusion CSG / Impôt sur le revenu. Il dit :

 

Souvent on me dit : 'il [Hollande] avait promis la fusion de l'IR et de la CSG'. Je ne sais pas si tout le monde comprend de quoi il s'agit mais ça veut dire que la CSG baisserait pour certains – tant mieux, ça peut être plus juste – mais elle augmenterait pour d'autres. […] Les réformes fiscales, contrairement à ce que vous pourriez tous souhaitez, non vous ne le souhaitez pas, ça ne se fait pas comme ça, un grand boum badaboum. Quand c'est boom, bah tout explose.

Ce qui au Lab nous fait penser à ca :



 

Michel Sapin explique ensuite qu'une telle réforme entraînerait, de fait, une augmentation des impôts. Et donc, c'est non.   

>> Jean-Luc Mélenchon au Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro



#Bande de maoïstes

Jean-Luc Mélenchon aussi évoque la réforme du collège. Et pas en bien, dénonçant le "rideau de fumée" derrière lequel se cache le gouvernement en annonçant vouloir lutter contre les inégalités. "Ce n'est pas vrai, c'est une réforme qui va considérablement augmenter les inégalités", annonce l'eurodéputé. Et c'est là qu'est abordé le cas du latin… Jean-Luc Mélenchon dit :

J'accepte qu'on discute de l'importance à accorder aux langues anciennes. Mon attitude n'est pas braquée. C'est pas quelqu'un qui dit : 'je ne veux rien qu'on change'. Mais il faut en discuter sur le fond, pas sur des apparences. Ou alors voilà le PS en plein délire maoïste puisque déjà dans la Révolution culturelle de Mao Tsé-toung, on prétendait que le piano était spontanément réactionnaire. Voilà que le latin est devenu spontanément réactionnaire. C'est absurde.

Voilà une remarque qui devrait ravir le gouvernement... 

Jean-Luc Mélenchon ajoute que si le latin "ne sert à rien", il faut le supprimer. Mais pas en avançant des arguments sur l'égalité. 

#Mélenchon Bashing

On connaissait le French Bashing. Il y aussi le Hollande Bashing. Mais il ne faudrait quand même pas oublier le Mélenchon Bashing. C'est nouveau, ça vient de sortir, et c'est hyper tendance à en croire l'eurodéputé.

Cela concerne son livre, Le hareng de Bismarck, un pamphlet contre l'Allemagne écrit par un Mélenchon à la mauvaise foi assumée. Mais ce n'est pas une raison pour déformer ses propos. Il dit :

On m'a fait tous les reproches.Il y a une espèce de mode là, le Mélenchon Bashing. Il y a même quelqu'un qui m'a demandé si je n'étais pas devenu nataliste parce que je reprochais aux Allemands ne pas avoir d'enfants, et qu'il y a moins d'enfants que de morts. Où on va ? Si le bonheur d'avoir des gosses c'est une politique nataliste, on devient fou. 

 

#Super, Hollande, merci

Longtemps, on a cru que Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot allaient se rapprocher. Ils avaient même participé à un meeting commun en soutien à Syriza. Et puis plus rien. La faute à… François Hollande, d'après Jean-Luc Mélenchon qui, il le reconnaît, "a bien joué". L'eurodéputé ajoute :

On était bien parti, ça se rassemblait de tous les côtés et puis Hollande leur a fait le coup. Il a mis comme un petit chiffon rouge : 'allez, qui c'est qui veut être ministre ?'. […] Résultat, la pagaille. Une partie veut être ministre, l'autre veut pas, ou l'a été. Et ils ont trouvé le plus petit commun dénominateur (sic) alors qu'ils ne peuvent pas se blairer entre eux, c'est dire qu'on est ensemble.

 

Et Jean-Luc Mélenchon de moquer les listes solitaires des Verts aux régionales, et notamment celle menée en Île-de-France par Emmanuelle Cosse. "Comme il y a le sommet climat, ils croient que les gens se disent 'ha bah oui, pour le climat, il faut voter Emma Cosse'. Non mais on rigole, non ? Le climat, Emma Cosse ? Enfin, soyons sérieux !" lance-t-il. 

>> Thierry Mandon dans Tous Politiques France Inter / Le Parisien



#Vous êtes le maillon faible, au revoir

Thierry Mandon est aussi là pour défendre la réforme du collège, un tout petit peu attaquée par l'opposition mais aussi par certains enseignants. Le secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification estime qu'avec  cette réforme portée par Najat Vallaud-Belkacem, "on parle d'un sujet absolument majeur pour l'avenir du pays". Il ajoute :

Aujourd'hui, le collège est le maillon faible de la chaîne de l'enseignement en France.

 

Le Maillon faible, vous vous souvenez ?



Et Thierry Mandon d'expliquer que grâce à cette réforme, "on va passer d'une situation où environ 15% ou 16% des collégiens pouvaient apprendre" le latin et le grec "à une situation où tous les collégiens pourront le faire". Ça tombe plutôt bien pour lui qui, le 11 mai, estimait que l'on peut "réussir parfaitement sans être un latiniste pure souche".

#Manuel a toujours raison

Thierry Mandon est un bon soldat. Même quand Manuel Valls critique son propre camp, le secrétaire d'État trouve qu'il a raison. Comme lorsque le Premier ministère considère, depuis Cannes, que la baisse du budget de la Culture au début du quinquennat de François Hollande a été "une erreur". Une erreur imputable à son prédécesseur à Matignon, en passant. 

Thierry Mandon explique :

C'est bien l'autocritique. C'est bien qu'on évalue ce qu'on a fait et qu'on n'hésite pas à dire : 'peut-être que là, on a fait une erreur'. Je crois que le Premier ministre a raison sur la question de la culture.

 

Et le secrétaire d'État d'estimer que, d'ailleurs, cela vaut pour d'autres sujets.

>> Luc Ferry dans 18h Politique sur iTÉLÉ



#On supprime HEC ?

Luc Ferry n'en démord pas : la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem est nulle et la ministre de l'Éducation nationale "ne comprend rien". Surtout, il n'admet pas qu'on veuille supprimer les classe bi-langues. Pour étayer ses dires, l'ancien ministre de l'Éducation martèle que ce n'est "pas parce qu'on supprime ce qui marche bien que ça va améliorer ce qui ne marche pas".

Il ajoute :

C'est comme si on disait : 'comme les grandes écoles ont de meilleurs résultats que les universités, on va supprimer les grandes écoles'.

 

Luc Ferry regrette l'instauration d'une deuxième langue vivante dès la 5e. Les élèves "ne parlent déjà pas leur langue", lance-t-il avant de dénoncer une "mesure syndicale" selon lui pour ne pas supprimer le nombre de postes de professeurs. 

#Twitter = les lettre anonymes sous Vichy

Luc Ferry n'est pas hyper fan des rezosocio. Il le dit sans détour, expliquant avoir toujours "détesté la démocratie directe". Et puis, comme cela va toujours mieux en utilisant une bonne veille référence historique, l'ancien ministre de l'Éducation avance :

J'ai horreur de Twitter. […] C'est un peu comme les lettres anonymes sous Vichy. Il y a une espèce de violence qui se déchaine, les gens peuvent dire tout et n'importe quoi.

 

Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un compte Twitter. Mais ça, c'est parce qu'il se "passionne pour les nouvelles technologies". 

#Le génocide vendéen

L'intervention française en Libye a été un échec. Le constat est signé Luc Ferry même s'il le reconnaît, il y était favorable à l'époque. "Si on intervenait en tout cas, il fallait faire le service après-vente et manifestement on ne l'a pas fait", dit-il.

Raison de plus, selon lui, pour ne pas intervenir en Syrie. Et, encore une fois, Luc Ferry utilise une référence historique pour expliquer son opposition à l'interventionnisme militaire. Il parle de nôtre révolution et notamment de la guerre de Vendée où, "ça n'a pas été beau". Il ajoute :

C'est le premier grand génocide dans l'histoire de l'Europe. Il y a eu 500.000 morts. […] On prenait les gamins par les bras, par les jambes, on leur cassait la tête contre les murs des châteaux. On jetait les gens sur des hallebardes. Tout cela était abominable. On n'a pas demandé à la Libye de venir chez nous pour renverser l'absolutisme.

 

Luc Ferry utilise à dessein le terme de "génocide", affirmant que "plus aucun historien ne le conteste aujourd'hui" concernant la guerre de Vendée. 

Du rab sur le Lab

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