Le multiplex politique du 19 février avec Bruno Le Maire, Jérôme Chartier, Hervé Mariton, Jean-Pierre Raffarin et Benoît Hamon

Publié à 10h21, le 19 février 2017 , Modifié à 17h26, le 19 février 2017

Le multiplex politique du 19 février avec Bruno Le Maire, Jérôme Chartier, Hervé Mariton, Jean-Pierre Raffarin et Benoît Hamon
© Montage Le Lab via AFP
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#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 19 février : Bruno Le Maire au Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/iTélé, Jérôme Chartier à BFM Politique, Hervé Mariton à Questions politiques de France Inter/franceinfo/Le Monde, Jean-Pierre Raffarin à Dimanche en politique sur France 3 et Benoît Hamon au Grand Jury de RTL/Le Figaro/LCI. 

  • Bruno Le Maire 



# Si Fillon continue, c'est qu'il est innocent 

Depuis les révélations du Canard enchaîné sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon, quasiment tous les responsables politiques de LR s'étaient exprimé. Candidat malheureux de la primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire, lui, est resté discret. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/iTélé dimanche 19 février, il n'a pas pu échapper à la question. Et il a une version bien à lui. Si François Fillon est prêt à maintenir sa candidature malgré une éventuelle mis en examen, c'est bien une preuve de son innocence. Il dit : 

François Fillon a une responsabilité très lourde, c’est de faire gagner la droite républicaine et le centre à la prochaine élection présidentielle. Et moi, je fais confiance à François Fillon. S’il a décidé en âme et conscience d’aller jusqu’au bout dans cette campagne, de faire gagner la droite et le centre, c’est qu’il sait que dans tout ce qu’il lui est reproché, rien ne justifie qu’il soit mis en examen. Je fais confiance à François Fillon.

Rappelons simplement que le parquet national a ouvert une enquête préliminaire après les révélations du Canard enchaîné. Jeudi 16 février, ce même parquet a fait savoir dans un communiqué qu’il n’envisageait pas, "en l’état, un classement sans suite de la procédure"

# Mon grand-père était pied-noir

En déplacement à Alger, Emmanuel Macron a provoqué un tollé en qualifiant la colonisation française de "crime contre l’humanité". Bruno Le Maire a lui aussi fortement critiqué cette sortie du candidat d’En marche ! Après avoir dénoncé "une faute politique", le député LR de l’Eure s’est appuyé sur l’exemple de son grand-père :

C’est une faute politique. Sur des sujets aussi sensibles, on doit peser les mots que l’on emploie. C’est une faute politique contre la France et contre les Français […] Mon grand-père était pied-noir. Il est né en Algérie. Il est complice d’un crime contre l’humanité ? Mon père a servi dans l’armée française en Algérie. Il a été complice d’un crime contre l’humanité ?

Bruno Le Maire a ensuite invité Emmanuel Macron à "s’excuser devant les Français". Ses explications ou ses précisions ne font, selon Bruno Le Maire, que "l’enfoncer davantage". 





  • Benoît Hamon



# En voiture Simone

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont enfin parlé, samedi 18 février, après trois semaines de tentatives avortées. Le but des pourparlers : évaluer la possibilité d'un rassemblement en vue du premier tour de la présidentielle, pour éviter la dispersion des voix de gauche et donc leurs éliminations respectives. Las, tant le leader de la France insoumise que le candidat du PS ont fini par livrer des commentaires qui semblent signer l'arrêt de mort de cette très hypothétique candidature commune. Et Benoît Hamon fait d'avance peser la responsabilité de cet échec sur les épaules de Jean-Luc Mélenchon. Avec pour ce faire une petite métaphore à base de covoiturage, lors du Grand Jury ce 19 février :

Il [Mélenchon, ndlr] a posé des conditions qui sont des conditions fortes. C'est vrai que si on fait du covoiturage et qu'on décide que l'on conduit, la couleur des sièges et que les autres descendent au premier feu, ça marche rarement, dans ces conditions-là. 

De fait, celui qui était déjà candidat en 2012 semble fixer comme condition de ce rapprochement qu'il se fasse derrière sa candidature à lui, en plus des retraits d'investitures à Manuel Valls ou Myriam El Khomri (ce que refuse Hamon). Bref : ils sont au point mort. "Je dois me placer au-dessus de cela", explique encore le candidat socialiste ce dimanche, disant vouloir surtout parler "aux électeurs de gauche" et pas tellement "aux appareils".

# Avec Jadot

En revanche, l'accord avec le candidat écolo Yannick Jadot semble être en bien meilleure voie. Benoît Hamon indique que la "dynamique" de rassemblement avec le vainqueur de la primaire d'EELV devrait s'enclencher "la semaine prochaine", sans toutefois donner beaucoup plus de détails :

- Benoît Hamon : Nous sommes aujourd'hui en bonne voie. Il ne s'agira pas pour Yannick Jadot ou pour moi-même de nous retrouver sur le programme de l'autre en prenant tout ce qu'il propose, il s'agit de construire une nouvelle dynamique politique. Je suis confiant sur [le fait que] la semaine prochaine, nous puissions enclencher cette dynamique de manière transparente, devant les Français. [...]

- Journaliste : Signature avec Jadot : demain ou après-demain, ça sera quelle forme ?

- Benoît Hamon : Vous le verrez, d'abord ça sera pas une signature, on n'échange pas nos sangs, on fait de la politique.

A priori et au vu du rapport de force politique, cet accord entre les deux hommes devrait conduire au désistement de Yannick Jadot au profit de Benoît Hamon





  • Jean-Pierre Raffarin 



# Macron manque de courage

La phrase d’Emmanuel Macron sur le colonialisme français a fait couler beaucoup d’encre cette semaine. Critiqué par de nombreux élus LR et FN, Emmanuel Macron a été obligé de préciser sur son propos. Invité de Dimanche en politique sur France 3, Jean-Pierre Raffarin s’est interrogé sur le "courage" du candidat d’En marche ! Il explique :

Je pense que ceux qui attisent les cicatrices de l’histoire n’ont pas beaucoup de projet d’avenir. Et je m’interroge sur son courage. Dire les crimes contre l’humanité en Algérie et les bienfaits de la colonisation à Toulon, je trouve que c’est aller dans le sens du vent.

Pour l’ancien Premier ministre, Emmanuel Macron ferait "mieux de laisser le passé de côté" s’il veut enfiler le costume d’un présidentiable. 





  • Hervé Mariton



# Oui, "humiliés"

Pour Emmanuel Macron, l'une des deux polémiques de la semaine est venue de ses propos sur La Manif Pour Tous, le candidat à la présidentielle estimant qu'"on a humilié cette France-là" durant "ce quinquennat" (l'autre concernant ses propos sur la colonisation en Algérie, qu'il a qualifiée de "crime contre l'humanité"). Hervé Mariton estime évidemment que l'ancien ministre de l'Économie "a eu raison de dire ça". Mais le député LR, qui avait été l'un des principaux opposants au mariage pour tous, regrette dans la foulée que "devant polémique", le leader d'En Marche ! ait "fait machine arrière", sans compter ses "positions sur PMA [qu'il] combat".

Et celui qui n'est pas parvenu à se qualifier pour la primaire de la droite d'expliquer en quoi il est juste de dire que La Manif Pour Tous a été "humiliée" par le pouvoir socialiste, ou "pourquoi ça a été ressenti" de la sorte :

Nous étions, avec un certain nombre de parlementaires, allés porter une pétition et notre démarche auprès du président de la République. Je me souviens de ce moment - alors ce n'est jamais 'l'humiliation' entre guillemets, on s'en remet rassurez-vous, de parlementaires - où, la directrice de cabinet du président de la République descend de son bureau et nous reçoit dans la loge de concierge de l'Élysée. Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, ce sont les centaines de milliers de Français.

Il ajoute que si le débat en première lecture du projet de loi "s'est déroulé dans un calendrier normal", ce ne fut pas le cas en deuxième lecture, où cela aurait été "précipité". Autre élément de preuve de cette "humiliation" selon Mariton : les opposants les moins radicaux au mariage entre personnes de même sexe auraient été assimilés aux plus agressifs, alors même qu'ils n'auraient "jamais" tenu de "propos homophobes". Il dit :

[Il y a eu] la volonté de certains de tout mélanger, de faire l'amalgame : les manifs de Civitas et celles de La Manif Pour Tous. Dans les manifs de La Manif Pour Tous, il n'y a pas eu de propos homophobes. [...] J'étais le principal orateur du groupe UMP à l'Assemblée nationale - les milieux favorables à la loi Taubira eux-mêmes l'ont reconnu, ça a été dit dans des papiers de 'Têtu', dans ma bouche : jamais un propos homophobe, jamais un propos sectaire, jamais un propos insultant. Or nombre de nos adversaires ont fait un amalgame, partant du principe que dès lors que nous étions opposés à la loi Taubira, c'est que nous aurions été homophobes, sectaires, insultants, etc.




  • Jérôme Chartier 



# Pas touche à l’immunité du chef de l’Etat

En plein "Penelope Gate", les citoyens semblent réclamer plus de transparence dans la vie politique. C’est le cas de ce spectateur de BFM Politique qui interroge Jérôme Chartier sur l’immunité présidentielle, ce statut qui protège le chef de l’Etat contre toute poursuite pendant la durée de son quinquennat. Sa réponse est claire : non. "Il ne faut pas fragiliser" le Président pendant son mandat, assure le conseiller spécial de François Fillon. Et il explique :  



Pendant le temps où vous exercez des responsabilités, il ne faut pas vous fragiliser. Mais en même temps, personne n’est au-dessus des lois. Et donc, si quelque chose peut être reproché au président de la République, de toute façon, il le sera à l’issue de son mandat.

Pas touche donc au statut juridique du chef de l'Etat. Mais pas touche non plus à la campagne de François Fillon. S'il venait à être mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, le vainqueur de la primaire de la droite et du centre a assuré vendredi 17 février qu’il maintiendrait sa candidature.  

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