Le multiplex politique du 2 juillet avec Blanquer, Ciotti, Jacob et Dupont-Aignan

Publié à 10h06, le 02 juillet 2017 , Modifié à 16h05, le 02 juillet 2017

Le multiplex politique du 2 juillet avec Blanquer, Ciotti, Jacob et Dupont-Aignan
Nicolas Dupont-Aignan, Eric Ciotti, Christian Jacob et Jean-Michel Blanquer.
Image Sébastien Tronche


Loïc Le Clerc

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales de ce 2 juillet.

Au menu : Jean-Michel Blanquer au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, Nicolas Dupont-Aignan à Dimanche en politique sur France 3, Christian Jacob à BFM Politique et Eric Ciotti au Grand-Jury RTL / LCI / Le Figaro.

  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale

#Panthéonisation

De nombreux politiques et associations ont appelé à la panthéonisation de Simone Veil, décédée vendredi. Une initiative qui "attire la sympathie" du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Soulignant "l’émotion nationale" autour de la disparition de celle qui a porté la loi sur l’IVG, le ministre a évoqué une "initiative extrêmement positive" qu’est la demande de panthéonisation. "Il y a des procédures officielles mais je peux dire ma sympathie pour l’idée", a assuré ce proche de François Baroin.

#Diversion

Ce dimanche, le JDD révèle que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait été "briefée" en amont des difficultés d'ordre comptable que soulevait l'organisation d'une soirée en 2016 à Las Vegas autour d'Emmanuel Macron, sur laquelle la justice enquête. Est-elle fragilisée par ces nouvelles révélations ? "Absolument pas. En aucun cas", réplique Jean-Michel Blanquer qui affirme que c’est parce qu’elle est "en première ligne sur les grands enjeux d’évolution de notre pays" et qu’elle "est en train de réussir merveilleusement" qu’on "cherche des polémiques" :

Elle est en première ligne sur les grands enjeux d’évolution de notre pays. On voit bien qu’elle est en train de réussir des choses très importantes en termes de dialogue social. Avec un but de faire gagner notre pays, de le moderniser, de permettre de lutter contre le chômage, au service des Français. Elle est en train de réussir merveilleusement dans cela et comme toujours dans ces cas-là, on cherche des polémiques sur les côtés parce que c’est ainsi dans notre vie démocratique. Ça ne la fragilise en aucun cas, au contraire, elle est en train de montrer qu’elle est une femme très forte.

Lors du point presse hebdomadaire à l'issue du Conseil des ministres, mercredi 28 juin, Christophe Castaner avait demandé à la presse de "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail Muriel Pénicaud, ancienne responsable de Business France (organisme visé par une enquête), "car nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail".

  • Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France

#Priorité Assemblée

Yerres, c’est fini, à partir de demain, Nicolas Dupont-Aignan ne sera plus que député. Obligé de choisir entre la députation et sa mairie de Yerres en vertu du non-cumul des mandats, l’ex-candidat à la présidentielle a choisi. "Je serai à l’Assemblée nationale", annonce-t-il ce dimanche avant d’assurer qu’il "restera très présent comme conseiller municipal".

#Cachez ce drapeau européen

Depuis que Bernard Accoyer a présidé l’Assemblée nationale, le drapeau européen figure dans l’hémicycle du Palais Bourbon. Ce qui a étonné Jean-Luc Mélenchon et qui contrarie également le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Le député de Debout la France estime qu’il "ne faut pas le garder" :

L’Assemblée nationale, c’est le lieu de la souveraineté nationale. Je suis partisan d’une Europe des nations, des projets communs et pas d’une Europe non-démocratique qui surplombe la France. Il a été mis très récemment. Il n’a pas de place à l’Assemblée nationale. 

Pour sa première rentrée parlementaire à l’Assemblée, Jean- Luc Mélenchon, le mercredi 21 juin, s'étonnait de la présence du drapeau européen dans l'hémicycle. "Franchement, on est obligés de supporter ça ? C'est la République française ici, pas la Vierge Marie. Je ne comprends pas", s'était ainsi indigné le député LFI des Bouches-du-Rhône devant les caméras de LCP. Ce qui lui avait valu une réplique de François de Rugy, fraîchement élu président de l’Assemblée nationale, lors de son discours de prise de fonction au perchoir.

  • Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale

#Fake news

On compare souvent Emmanuel Macron à un Kennedy ou un Obama, car jeunes, libéraux et chamboulant les codes politiques. Le président français entend d'ailleurs faire chaque année un discours devant le Congrès réuni à Versailles, événement que l'on compare au "discours sur l'état de l'union" fait chaque mois de janvier par le président des Etats-Unis. Mais pour Christian Jacob, si l'on doit trouver quelque chose d'américain chez Emmanuel Macron, c'est en le comparant à Donald Trump. Selon lui, le président de la République française "se prive de confrontation avec les médias", à l'instar de son homologue étasunien qui préfère traiter la presse de "fake news" via Twitter que donner des interviews.

Christian Jacob pousse la réflexion :



C'est un système qui se compare assez avec ce que fait le président américain, c'est-à-dire refuser le débat direct avec les journalistes, pour faire des interventions solennelles.

La journaliste tend alors la perche : "Il se 'trumpise' Emmanuel Macron ?". Et le chef de file des parlementaires LR canal historique s'engouffre dans la brèche :



Sur la forme, il y a quand même certaines comparaisons. Le refus du contact direct avec les journalistes, c'est assez surprenant pour un président de la République. On a eu des présidents qui choisissaient les journalistes avec lesquels ils débattaient, mais lui semble refuser les questions. On verra.

#RendsLargent 

Christian Jacob a préconisé que "les financements liés à la primaire" reviennent dans les caisses de LR, en allusion à l'excédent du micro-parti de François Fillon, Force Républicaine. "Je pense effectivement, les financements qui ont été liés à la campagne des présidentielles par une primaire qui a été portée par le parti LR doivent revenir au parti LR", a déclaré le président des députés LR canal historique. "Je pense que cela serait sain", a-t-il poursuivi. "Mais tout cela relève d'une discussion qui doit être posée", car "c'est un sujet qui relève du parti".

Le micro-parti de François Fillon, Force Républicaine, a plus de 3 millions dans ses caisses. La campagne du candidat de la droite a été financée par près de 10 millions d'euros de bénéfices issus du vote de la primaire (2 euros/tour) et aussi par des dons encaissés par Force Républicaine.

Certains membres de LR, dont le trésorier Daniel Fasquelle, demandent depuis plusieurs semaines que l'argent restant à Force Républicaine soit reversé dans les caisses de LR.

  • Eric Ciotti, député de Les Républicains

#Inégaux devant la Justice

Ça ne fait aucun doute pour Eric Ciotti, François Fillon a perdu l'élection présidentielle à cause du Penelope Gate. Le député LR affirme :

S'il n'y avait pas eu cette affaire, François Fillon serait président de la République. J'en suis convaincu. De toute façon, ni vous ni moi n'avons la capacité de refaire l'histoire. Je suis persuadé que c'est cette pression qui nous a privé d'être présent au second tour.

Car pour Eric Ciotti, rien n'est dû au hasard. Quand un homme ou une femme politique s'approche du pouvoir, voire l'atteint, il va forcément y avoir une affaire qui va lui tomber dessus. François Fillon candidat à la présidence de la République ? Il y a eu l'affaire d'emploi fictif de Penelope Fillon. Même scénario pour Richard Ferrand, François Bayrou ou Muriel Pénicaud.

D'où cette suspicion du député des Alpes-Maritime, qui y voit un "deux poids, deux mesures" dans le traitement judiciaire et médiatique des affaires :

Selon qu'on soit proche du pouvoir ou qu'on ne le soit pas, il y a un traitement différencié. [...] Est-ce qu'on parle aujourd'hui des dossiers concernant Nicolas Sarkozy ? Plus personne en parle ! Lorsqu'il était en mesure de gagner la primaire, il y avait un déchaînement tous les jours, ça s'est transformé ensuite sur François Fillon. Si Alain Juppé avait gagné la primaire, je suis persuadé qu'il aurait eu les mêmes soucis.

Moralité : si les losers sont des losers, vous pouvez être sûr qu'ils sont aussi blancs comme neige. Enfin, selon Eric Ciotti.

#Ministre fragile

Ce dimanche 2 juillet, le JDD révèle que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a été informée par mail des difficultés d'ordre comptable que soulevait l'organisation d'une soirée en 2016 à Las Vegas autour d'Emmanuel Macron, sur laquelle la justice enquête.

Quant à savoir si cette *affaire* pourrait impacter la réforme du travail voulue par Emmanuel Macron et portée par la ministre, Eric Ciotti lance :



Elle va rentrer dans cette réforme incontestablement affaiblie puisque j'imagine qu'à un moment ou un autre elle va devoir répondre à des questions.


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